Google et la presse française trouvent un accord : 60 millions d'euros en jeu

Sans foi ni loi ni déréférencement 84
Nil Sanyas

C'est fait. À l'instar de la presse belge en décembre dernier, la presse française a trouvé un accord avec Google, alors que selon certaines sources, les discussions continuaient encore ce matin. L'information vient d'être officialisée à l'instant par François Hollande et Eric Schmidt, le président exécutif et ex-PDG de Google, ceci en présence de Fleur Pellerin, d'Aurélie Filippetti, de Marc Schwartz et Nathalie Collin.

François Hollande Eric Schmidt

De gauche à droite : Eric Schmidt, François Hollande, Nathalie Collin (IPG) et Marc Schwartz (Médiateur).

60 millions intégralement financés par Google

Le Président François Hollande avait été très clair en octobre dernier. Si aucun accord n'était trouvé entre la presse et Google d'ici fin décembre (échéance repoussée à fin janvier), « une loi pourrait intervenir sur cette question, à l'instar du projet en cours en Allemagne ». Une menace législative qui en a appelé une autre de la part de Google : le déréférencement de la presse française.

Que nous dit cet accord ? Tous les détails ne sont pas encore connus, mais nous savons pour le moment qu'un fonds de 60 millions d'euros sera financé intégralement par Google, ceci sur plusieurs années. Ce fonds disposera d'un conseil d'administration, une gouvernance ouverte, aux membres indépendants a-t-on précisé. « Ce fonds sélectionnera des projets selon les mérites, notamment en terme de capacité d'innovation et de transition vers le numérique. » Google accompagnera ce fonds par ses compétences et sa technique, sans plus de précision.

Les pure players aussi

Qui sera concerné ? Cette question majeure a trouvé une réponse. Seront concernés les sites de presse d'information politique et générale, que cette information soit nationale ou régionale. Les sites dits « people » sont donc exclus du fonds. C'est le même critère que les aides accordées à la presse a d'ailleurs précisé François Hollande. Et les sites dits « pure players », tels Mediapart, Huffington Post, Atlantico et Bakchich ? Ils seront eux aussi visés par ce fonds a-t-on assuré. Néanmoins, nous ne savons pas si un média plus spécialisé (tel PC INpact) remplit les critères adéquats.


Concernant Google Actualités (Google News) et l'indexation des articles de presse française, « rien ne changera ».

Enfin, « lorsque le fonds sera épuisé, nous nous retrouverons avec le président Eric Schmidt » a ironisé François Hollande pour conclure la conférence de presse.

(MàJ) Selon le moteur de recherche, « Google va renforcer notre partenariat avec les éditeurs français pour les aider à augmenter leurs revenus en ligne en utilisant notre technologie de publicité ». Ce passage est toutefois sans précision, alors qu'il semble sous-entendre une plus forte exploitation d'AdSense sur les sites de presse. Néanmoins, en l'absence d'informations complémentaires, il ne s'agit que d'une supposition.


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