Opérateurs télécoms : non aux fusions, oui aux mutualisations des réseaux

Les violons s'accordent 19
Nil Sanyas

Ces derniers mois, les rumeurs de fusion entre opérateurs télécoms se sont multipliées. Certains opérateurs ne cachaient d'ailleurs pas que des discussions étaient en cours. Mais à en croire les dernières déclarations des patrons d'opérateurs, la mutualisation des réseaux semble être la seule issue possible pour le moment.

SFR Free SFREE 

Fin des rumeurs de fusions 

Malmenés par l'arrivée de Free Mobile et par divers changements stratégiques, certains opérateurs auraient songé à fusionner. Les rumeurs faisaient notamment état d'un rapprochement entre Numericable et SFR, ou encore entre Free et SFR, et entre Bouygues Télécom et SFR. La présence répétée de l'opérateur au carré rouge n'est pas étonnante, dès lors que Vivendi n'a guère caché vouloir se débarrasser de ses filiales télécoms pour une raison stratégique.

Mais depuis le mois dernier, les déclarations quant à une future mutualisation des réseaux se multiplient. Si cette mutualisation existe déjà dans le secteur fixe, notamment dans la fibre optique, dans les autres domaines, et notamment mobiles, elle est rarissime (hors zone blanche/grise). Or les gains financiers engendrés par une mutualisation peuvent être importants.

Tous les opérateurs sont intéressés par la mutualisation

L'an passé, dès le mois de mai, Orange avait véritablement lancé le débat. Lors d'une interview avec L'Express, Stéphane Richard, le PDG de France Télécom, avait notamment expliqué qu'une mutualisation des réseaux pour la 4G (LTE) était envisageable afin de réduire les coûts. « Nous partageons déjà notre réseau avec d'autres opérateurs en Pologne et en Grande-Bretagne et, bientôt, en Roumanie et en Espagne. Nous sommes prêts à le faire en France avec SFR et/ou Bouygues dans la 4G, mais tous deux semblent réticents pour le moment » avait-il expliqué à l'époque.

En décembre dernier, Bouygues Télécom, afin d'infirmer la rumeur de sa fusion avec SFR, expliquait pour sa part que ses discussions avec la filiale de Vivendi « ne portent que sur la mutualisation dans les zones les moins denses du territoire ». Malgré ses difficultés et son plan de départs, Bouygues semble donc bien militer pour l'investissement commun plutôt que la fusion. Il est vrai que se rapprocher d'Orange ou de SFR est impossible du fait du poids trop important créé par la nouvelle entité, et qu'une fusion avec Free Mobile n'est guère crédible. Seule une union avec Numericable pourrait être crédible, mais cela ne semble pas être à l'ordre du jour.


Outre Bouygues, Free n'a pas non plus caché son intérêt au sujet de la mutualisation. Lors de sa dernière interview accordée au Figaro la semaine passée, Xavier Niel a tenu des propos on ne peut plus explicites quant aux rumeurs de fusions le concernant : « Nous avons des années de forte croissance devant nous, la consolidation n'est pas à l'ordre du jour pour nous. Et Bouygues Telecom n'est pas à vendre. Il n'y a pas de discussions. (...) Il y a bien sûr la place pour quatre opérateurs profitables et à même de financer leurs investissements. En revanche, la mutualisation des réseaux est une piste intéressante qui permettra à tout le monde d'améliorer ses résultats. »

Enfin, Orange, Bouygues et Free ne sont pas les seuls à tendre vers cette stratégie d'investissements communs. Aujourd'hui, lors de son entrevue avec Le Parisien, Stéphane Roussel, le patron de SFR, a lui aussi été limpide sur le sujet : « il n'est pas non plus question de fusion. (...) La seule chose qui soit envisageable, c'est le partage des moyens techniques sur une partie du réseau ».

L'avis de l'Autorité de la concurrence très attendu

Législation oblige, les opérateurs télécoms attendent une autorisation de mutualiser leurs réseaux. L'Autorité de la concurrence va d'ailleurs remettre fin février son avis sur le sujet après avoir auditionné tous les acteurs concernés. L'Autorité a en effet été saisie par le gouvernement pour donner son avis que ce soit sur la mutualisation dans les zones les moins denses pour la 4G et les zones les plus denses d'une façon globale.

Le gouvernement, représenté ici par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l'économie numérique, a notamment demandé à l'Autorité « si, au-delà des zones de déploiement prioritaire, une mutualisation est envisageable pour les zones les plus denses du territoire, sans porter préjudice à la concurrence, à l'emploi et à l'investissement ».


La réponse à cette question est fondamentale. Car si une mutualisation dans les zones les moins denses du territoire est parfois admise pour une question de gestion du territoire et de coûts, dans les zones denses, c'est-à-dire en ville, toute mutualisation est généralement exclue, peu importe le réseau (FTTH, 3G, etc.).


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