L'accord entre la SACEM et YouTube n'a pas été renouvelé

Adieu les clips en France ? 48
Nil Sanyas

Mise à jour : Contactée la SACEM nous indique qu'elle « ne communique jamais sur des accords avec des structures avec lesquelles nous sommes en cours de négociations. » Les liaisons contractuelles ne sont donc pas irrémédiablement fermées entre les deux entités. (M.R.)

Le mariage scellé en 2010 entre YouTube et la SACEM a pris fin avant-hier selon diverses sources du milieu musical. Une nouvelle à moitié surprenante quand on connait les déboires des représentants des artistes des autres pays avec la plateforme vidéo de Google.

En 2010, la SACEM trouvait un accord financier avec YouTube. 

Un problème d'argent (?)

2010 a été une année importante pour la SACEM. La société d'auteurs avait en effet signé un accord de rétribution financière avec les plateformes Wat.tv, Dailymotion et YouTube. Concenant ce dernier, l'accord était rétroactif, c'est-à-dire qu'il prenait acte à partir des débuts de YouTube. Ledit contrat était toutefois daté pour se terminer fin 2012. Une légère prolongation jusqu'au 20 janvier semble donc avoir eu lieu, et surtout, le contrat n'a donc pas été renouvelé à en croire plusieurs sources liées au monde de la musique, dont Vivamusica, ainsi que Jean-François des Célestins et Kévin R. Lacroix.

Selon le second nommé, cet arrêt brutal suite au non-renouvellement de l'accord entre la SACEM et YouTube aura pour conséquence « de grosses pertes en prévision pour les artistes, labels et distributeurs digitaux si YouTube et la Sacem ne trouvent pas un nouvel accord ». Des Célestins note de plus que « rien ne présage un nouvel accord », mais certains travaillent en coulisses afin d'arranger la situation.

En Allemagne, aucun accord depuis des années

Cette nouvelle est toutefois à moitié étonnante. Si la presse allemande est en guerre contre Google et son service Actualités, les représentants d'ayants droit allemands ne sont pas en reste avec YouTube. La GEMA, l'équivalent allemand de la SACEM, a en effet vu ses négociations avec Google échouer au début de l'année. Selon le communiqué officiel de la GEMA publié le 10 janvier dernier, son conflit avec YouTube date en réalité de 2009.

En 2010, l'association allemande a même poursuivi YouTube pour diffusion sans autorisation de son contenu sous copyright. Deux ans plus tard, soit l'an passé, la justice germanique imposa à YouTube de filtrer les clips reliés à la GEMA, qui représente près de 60 000 artistes. La GEMA demanderait désormais 0,375 centime par clip vu sur la plateforme, une somme trop élevée pour YouTube. La fin de cet accord entre la SACEM et Youtube pourrait mécaniquement laisser entrevoir pareilles actions.

Au Royaume-Uni, un accord, mais des gains risibles

Outre-Manche, au Royaume-Uni, YouTube a aussi été en conflit avec PRS for Music, qui représente des dizaines de milliers d'artistes britanniques. Au début du mois de mars 2009, la plateforme de vidéos de Google a ainsi bloqué de très nombreux clips à ses visiteurs anglais en attendant de trouver un accord avec PRS, leur précédent arrangement ayant pris fin en 2008. Finalement, un partenariat fut signé quelques mois plus tard, prenant fin au 30 juin 2012. Nous ne savons pas si le contrat a été reconduit.

The Guardian a toutefois abordé un sujet très intéressant en octobre dernier : combien gagnent les artistes grâce à YouTube ? Et selon notre confrère anglais, il ne faut pas compter sur YouTube pour être millionnaire. Du fait des multiples répartitions de gains et de maigres rémunérations par vidéo vue, Ellen Shipley, co-auteure avec Belinda Carlisle, n'a ainsi reçu que 38,49 $ pour une chanson vue 2,118 millions de fois. Une autre vidéo vue 330 000 fois rapporta 4,31 $. Et un autre artiste cumulant plus de 9 millions de vues annonça avoir gagné 80 $. Des sommes logiquement faibles dès lors qu'il ne s'agit en aucun cas d'un achat mais d'une simple vue ou écoute, à l'instar de la radio. La problématique est ainsi la même pour Pandora, Spotify ou encore Deezer.

Et en Belgique, Pays-Bas, Italie...

Notez qu'en Belgique, le tout premier accord entre YouTube et les représentants d'artistes belges (SABAM) n'a été signé qu'au mois de novembre 2011. La date de fin de cet accord n'a toutefois pas été communiquée. Aux Pays-Bas, le dernier accord trouvé avec la Buma/Stemra date de fin 2009. En Italie, il en fut de même avec la SIAE en juillet 2010. Et des accords équivalents furent signés entre 2009 et 2011 avec la SGAE (Espagne) ou encore la ZiAKS (Pologne).

Dernière mise à jour le 22/01/2013 10:39:10

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