Pour André Manoukian, Hadopi, « c’est trop tard »

Rien ne dit si tata Jeannette a reçu un mail de la Hadopi 234

André Manoukian, notamment connu pour être membre du jury de La Nouvelle Star, vient de déclarer qu'Hadopi, « c’est trop tard ». Après avoir publiquement soutenu le projet de loi en 2009, l'artiste reconnaît aujourd'hui qu'il ne voit pas de solution particulière au problème du piratage. Il pointe néanmoins les responsabilités de deux acteurs : les FAI et les majors.

manoukian

 

La semaine dernière, Pascal Obispo s’est moqué de l’efficacité de la Hadopi, estimant au passage qu’il y avait encore « trop de pirates » aujourd’hui. Invité à réagir à ces propos hier sur RMC, André Manoukian a exposé son point de vue. Pour le juré de La Nouvelle Star, il y a un « double paradoxe » dans la situation actuelle. D’après lui, « le modèle industriel est en train de crever, on ne vendra plus de CD bientôt, et en même temps ça donne une culture musicale de dingue aux gosses ! »

 

Mais que faire face à ce diagnostic ? « J’en sais rien du toutOn est à la fin d’une ère. L’ère qui va venir, on ne voit pas trop ce qu’il va se passer... ». Interrogé sur la Hadopi, André Manoukian lance : « C’est trop tard, c’est trop tard ! Hadopi, ou alors il fallait le faire tout de suite,... Mais je vous dis, il y avait une sorte d’hypocrisie du début (...) et puis après il y a aussi la cécité des majors qui n’ont pas vu. Vous savez, il n’y a aucun fabriquant de diligence qui s’est mis à fabriquer des voitures ! On en est là, hélas... ».

L’hypocrisie des FAI 

Néanmoins, Manoukian soulève des interrogations qu'il juge particulièrement intéressantes : « À qui profite le crime surtout ? Pourquoi on a laissé le piratage pendant des années comme ça ? ». L’intéressé a d’ailleurs sa petite idée sur la question. D'après lui, il est évident que les fournisseurs d’accès à Internet ont profité du partage illégal de fichiers sur Internet pour faire du business. « C’est pas juste pour faire plaisir aux internautes, c’était pour que les providers d’accès vendent des abonnements » a-t-il expliqué, avant de s’interroger, sur un ton ironique : « À quoi ça servait de vendre un abonnement haut débit qui coûte 15 ou 20 euros par mois si c’est pour faire des mails à sa tata Jeannette ? ». Le musicien a regretté à cet égard que « les premières pubs des FAI c’était "Eh ! Vous pouvez télécharger de la musique gratos les mecs !" ».

 

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’artiste s’en prend aux FAI. Déjà, en 2009, il jugeait que ces opérateurs étaient les « vrais responsables », « les grands coupables de cette histoire ». Alors que le premier texte sur Hadopi n’avait pas encore été formellement adopté par les députés, André Manoukian estimait que cette loi « ne changera pas les choses », en ce qu’elle arrivait trop tardivement. Ce jugement avait surpris, en ce que le musicien faisait pourtant partie - tout comme Pascal Obispo - des 52 artistes ayant soutenu publiquement le projet concocté par la ministre de la Culture dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche. À l’époque, ces personnalités assuraient qu’Hadopi leur donnerait « de très bonnes cartes pour qu'Internet, la culture et la création soient réconciliés ».


chargement
Chargement des commentaires...