Orange : « on s'en met plein les poches avec l'itinérance de Free »

SFR et Bouygues Telecom n'approuvent pas ce titre 102
Nil Sanyas

Très loquace hier lors de ses vœux faits à la presse, Stéphane Richard, le président de France Télécom (Orange), a abordé de nombreux sujets. Il a notamment été assez prolixe sur l'itinérance avec Free Mobile, se voulant rassurant auprès de ses investisseurs.

« On ne brade pas l'internet mobile » 

Les malheurs des uns font le bonheur des autres. Si Free Mobile connait quelques soucis pour placer ses antennes, son énorme succès et sa dépendance à Orange profite à plein à ce dernier. Alors qu'initialement, l'opérateur historique pensait gagner 1 milliard d'euros en six ans (entre 2012 et 2018), nous apprenons finalement que cette somme pourrait bien être atteinte en moins de deux ans.

Et selon Stéphane Richard, dont les propos ont été retranscrits par La Tribune, ce contrat d'itinérance est un véritable jackpot et a été parfaitement négocié par Orange. « On n'est pas assez idiot pour aller faire un cadeau à celui qui nous taille des croupières. Les chiffres le démontreront clairement, entre nos recettes de l'itinérance et leur nombre d'abonnés, il suffira de faire une division, on ne brade pas l'Internet mobile. (...) Oui, on s'en met plein les poches avec l'itinérance de Free. C'est une décision prise dans l'intérêt des actionnaires de France Télécom. Nous sommes une entreprise commerciale privée, pas la direction générale des télécoms... »

Richard ne change pas sa communication

Ce discours n'est guère étonnant, dès lors qu'en avril dernier, le PDG d'Orange se frottait déjà les mains d'avoir signé un tel accord : « On avait dit que le contrat devait nous rapporter 1 milliard d'euros. Cela pourra aller jusqu'au double en fonction de la capacité de Free à développer son réseau » précisait-il déjà à l'époque.  « Je suis satisfait d'avoir signé ce contrat. J'en revendique tous les termes. C'est la meilleure protection pour l'entreprise, ses salariés, ses actionnaires, que je pouvais trouver face à l'arrivée du quatrième opérateur. »


Toujours en avril 2012, Stéphane Richard expliquait  d'ailleurs que « les recettes tirées du marché de gros compenseront en partie la baisse de celles du marché de détail. C’était la bonne décision pour nous et la qualité de notre réseau nous le permet. Je l’assume donc totalement. » Neuf mois plus tard, le patron confirme donc ses anciens propos, gardant la même argumentation, à savoir que les gains tirés de Free Mobile permettront à Orange de compenser les pertes d'abonnés ainsi que d'investir dans son réseau.

Un très bon dernier trimestre pour Orange ?

Concernant les abonnés justement, si l'opérateur livrera tous les détails de son dernier trimestre 2012 dans quelques semaines, Stéphane Richard a tenu à préciser que sa société « a terminé 2012 avec le même nombre de clients qu’au début de l’année : on aura encaissé l’arrivée d’un quatrième opérateur sans perdre de clients, c’est quand même un beau résultat ».


Si le patron d'Orange dit vrai, cela signifie donc que l'opérateur a recruté au dernier trimestre 2012 au moins 400 000 nouveaux clients mobiles, ce qui serait une très belle performance, après les 317 000 clients supplémentaires du troisième trimestre.

Les services de Google accélèrent la vente de forfaits

Enfin, concernant l'opposition entre Free et Google et le fameux #AdGate, Stéphane Richard a estimé que la méthode utilisée par son concurrent (d'imposer le blocage de la publicité) n'était pas forcément judicieuse. Pour le patron d'Orange, ce n'est d'ailleurs pas à Google de payer pour les infrastructures.


« Google dit que ses services sont très populaires, les gens ne peuvent s’en passer, et nous ont permis, opérateurs, à vendre plus d’accès, fixes et mobiles. Il faut être honnête et lucide, c’est vrai. » Le problème de Google n'est donc pas dans le financement des infrastructures, mais plutôt dans sa propension à éviter les impôts estime Stéphane Richard.


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