Electronic Arts s'intéresse au modèle du freemium pour le mobile

Pour les joueurs « conditionnés à payer » 11
Kevin Hottot

Nos confrères de GamesIndustry ont eu l'occasion de s'entretenir avec Nick Earl, vice-président d'Electronic Arts et manager général du label « All Play » de l'éditeur. L'homme s'est confié sur la stratégie de son groupe concernant les jeux sur mobile, et croit en l'avenir du modèle du « Freemium ».

 

 

« Electronic Arts voit le mobile comme son fer de lance, la clé de sa croissance », déclare Nick Earl. Les résultats engrangés par ses titres sur l'App Store lui donnent raison puisque « The Simpsons : Tapped Out » fait partie des applications avec la plus forte croissance sur la boutique d'Apple et peut se vanter de ses 2,8 millions d'utilisateurs quotidiens en moyenne. Le pack « Threehouse of Terror » aurait d'ailleurs été joué par plus de personnes qu'il n'y a eu de spectateurs pour l'épisode d'Halloween de la dernière saison de la série de Matt Groening.

Il faut ajouter à ce titre des blockbusters comme FIFA 13, ou Need For Speed : Most Wanted, ainsi que l'énorme catalogue de PopCap, racheté en juillet 2011 contre 750 millions de dollars, pour se rendre compte de l'importance que revêt le mobile chez Electronic Arts. Rappelons-nous aussi du rachat de Jamdat opéré par EA fin 2005 pour la somme vertigineuse de 680 millions de dollars. Un pari audacieux à une époque où les smartphones n'étaient que marginaux, et les plateformes de distribution pour les applications quasi inexistantes.

Les sims gratuit dollar cash

« Les Sims : Gratuit »  vu par nos confrères

 

Avec l'essor des smartphones, de nouveaux modes de consommation sont également apparus. Le temps où le moindre jeu était facturé plusieurs euros est révolu, les clients étant de plus en plus attirés par la gratuité. La stratégie d'EA ira donc dans ce sens selon Nick Earl : « La plupart de nos futurs titres (sur mobile) seront free-to-play. Il y aura quelques exceptions ici et là, quand il semblera logique de proposer un téléchargement payant, mais pour le reste nous nous dirigerons vers un modèle freemium. Les jeux freemium s'inscrivent dans notre modèle d'affaire. Nous y croyons beaucoup, et non seulement ce modèle est durable, mais il favorisera la croissance des appareils mobiles » 


Dernier facteur de satisfaction chez l'éditeur, la tendance des joueurs sur mobile à se diriger vers des titres plus classiques, semblables à ceux que l'ont peut trouver sur PC ou consoles. Et cela tombe bien puisque c'est le fonds de commerce d'Electronic Arts. « Les dollars vont vers les "core games" et pour nous c'est vraiment, vraiment encourageant parce que c'est dans notre zone de confort ». Autre motif de réjouissance, les adeptes des plateformes traditionnelles seraient aussi les plus dépensiers selon le responsable : « le modèle freemium satisfait vraiment les joueurs qui sont conditionnés à payer. En conséquence ils dépensent un tas d'argent sur ce type de jeux. Il sera difficile de revenir en arrière, mais nous construisons notre infrastructure, nos équipes notre organisation et notre culture autour de ce nouveau modèle. » Conditionnés à payer, malgré une apparente gratuité, voilà ce que nous sommes selon ce responsable d'un des plus grands éditeurs de jeux vidéo au monde.


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