Open Data gouvernemental : la mission Etalab change de tête

La Data sur mon bidet 8

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, l’a confirmé jeudi soir à Matignon à l’occasion de sa rencontre avec plusieurs acteurs nationaux et internationaux de l’économie numérique : il a décidé de nommer Henri Verdier à la tête de la mission Etalab, notamment en charge du portail d’Open Data gouvernemental.

henri verdier

 

Le 5 décembre 2011, soit il y a presque un an jour pour jour, le gouvernement de François Fillon ouvrait le portail Data.gouv.fr, ce site destiné à accueillir et diffuser les données publiques de l'État et des collectivités publiques. Cette plateforme d’Open Data est administrée par la mission Etalab, qui, sous l’autorité du Premier ministre, coordonne l’action des services de l’État et de ses établissements publics dans le but de « faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques ».

 

Fraîchement nommé chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault avait par ailleurs insisté auprès de ses ministres pour que ses derniers mènent « une action déterminée pour la mise à disposition gratuite et commode sur internet d’un grand nombre de données publiques ». Le Premier ministre incitait ainsi les nouveaux membres du gouvernement à agir en faveur d’un accès libre de certaines données publiques détenues par chaque ministère, et ce grâce au Net.

Poste vacant depuis octobre 

Néanmoins, le directeur de la mission Etalab, Séverin Naudet, nommé sous l’ère Sarkozy, a quitté son poste en octobre, comme l’indique La Tribune. La place n’est cependant pas restée vacante trop longtemps, puisqu’Henri Verdier, président du pôle de compétitivité Cap Digital, va donc le remplacer. Jean-Marc Ayrault a profité de cette annonce pour revenir sur la politique de l’État en matière d’Open Data, qu’il considère comme « particulièrement importante ». « Il s’agit pour l’État d’ouvrir vraiment au public son patrimoine de données, comme nous le faisons pour le patrimoine bâti, a ainsi rappelé le Premier ministre. Parce que nous considérons que ce patrimoine immatériel, c’est aussi celui de tous les Français, qu’il appartient à tous, qu’il appartient aux entreprises qui voudraient créer de nouveaux services, comme à tous les citoyens ».

 

data gouv openLe chef du gouvernement a aussi annoncé qu’il souhaitait que la France « passe à la vitesse supérieure, un an après la mise en ligne du portail data.gouv.fr ». Selon lui, Henri Verdier « est tout à fait habilité pour conduire cette politique (...). C’est une mission exigeante, ambitieuse, mais elle est nécessaire». Jean-Marc Ayrault a ensuite expliqué que les données sur lesquelles son gouvernement entendait porter en priorité ses efforts allaient bientôt être précisées. Les données relatives à l’environnement, à la sécurité ou aux dépenses publiques ont toutefois été évoquées par le Premier ministre.

Dans l'attente de la feuille de route de Jean-Marc Ayrault

L’annonce de cette nomination a été saluée par plusieurs acteurs, tels que la députée UMP Laure de la Raudière ou l’association Regards Citoyens. L’organisation, qui gère notamment le site NosDéputés, s’est en effet réjouit dans un communiqué de cette nomination qui « annonce la reprise des développements concernant l’Open Data de l’État en France », tout en précisant qu'elle entendait rester vigilante. « Nous comptons sur le nouveau directeur et son équipe pour appliquer les engagements du gouvernement Ayrault dans la continuité du précédent : généraliser le principe de gratuité, encourager à la participation et opérer le nécessaire nettoyage de data.gouv.fr, notamment vers des formats ouverts ».

 

Il faut dire que la nouvelle majorité est attendue au tournant. La feuille de route du gouvernement doit être définie d’ici la fin de l’année, et ce dans l’optique d’être dévoilée en février 2013 lors d'un séminaire gouvernemental dédié au numérique. Seulement, certains observateurs laissent présager depuis plusieurs semaines une possible remise en cause de la gratuité des données publiques, comme le rapportaient Les Échos en octobre. Nos confrères expliquaient que certaines administrations souhaiteraient commercialiser ces informations, en guise d’incitation à la libération des données. 


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