La Syrie s’ampute d’Internet

Cuik 122
Marc Rees

La Syrie a fermé l’ensemble de sa connectivité à Internet depuis ce jeudi, 29 novembre.

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« Les 84 blocs d’adresses IP syriennes sont devenus inaccessibles, privant le pays d’Internet » indique Renesys.com. Les constats techniques de Renesys, entreprise spécialisée dans le trafic internet, ou encore ceux d’Akamai, sont sans appel sur la situation.

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Chez Google, même photographie :

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Le Transparency Report du moteur, qui jauge les perturbations techniques ou les blocages gouvernementaux, constate lui aussi que depuis hier, « aucun service Google [n’est] accessible. »

Les connexions internet ne sont pas les seules suspendues puisque le voile noir s’est également abattu sur les communications téléphoniques. Les sites des opérateurs mobiles Syriatel et MTN sont désormais inaccessibles. L’opérateur internet STE (Syrian Telecommunication Establishment) l’est tout autant. En suspendant le trafic Internet du pays, la Syrie veut s’assurer d’une reprise en main de l’information qui vient - et surtout - émane du pays. Elle laisse aussi présager une escalade encore plus importante de la répression dans le pays, sous la main de Bachar el-Assad.

Un contre-exemple pour la conférence sur l'UIT

Ce n’est pas la première fois qu’un pays se coupe d’Internet. L’Égypte en avait notamment fait l’expérience en janvier 2011. Ce black-out du réseau syrien intervient cependant alors que la semaine prochaine s’ouvre à Dubaï la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales et sa gouvernance.

En préparation de cette grande manifestation, le Parlement européen a déjà adopté une résolution commune pour inviter le Conseil de l’UE et la Commission « à veiller à ce que toute modification du Règlement des télécommunications internationales (RTI) soit compatible avec (...) l'intérêt et l'objectif de l'Union de faire progresser l'internet comme endroit réellement public où les droits de l'homme et les libertés fondamentales, en particulier la liberté d'expression et de rassemblement, sont respectés et les principes d'un marché libre, la neutralité de l'internet et l'entrepreneuriat garantis ».

Google s’inquiète déjà des propositions de certains États qui conduisent à « permettre aux gouvernements de censurer des propos légitimes, voire d'autoriser la coupure de l'accès à Internet ». Ainsi, la Russie avait un temps proposé un amendement au RTI, selon lequel « les États membres auront le droit souverain de gérer l'Internet au sein de leur territoire national, ainsi que de gérer les noms de domaines nationaux. »


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