La « liste noire » des sites interdits en Russie entre en vigueur

Place nette sur la place Rouge 27

Le site détaillant la « liste noire » de certains sites bloqués en Russie a été mis en ligne hier. Ce registre fait suite à l'adoption relativement constestée d'une loi visant à bannir les pages dont les contenus sont interdits en ex-URSS.

Roskomnadzor

YouTube n'est par exemple pas inscrit sur le registre russe.

 

Cet été, la Russie a adopté une loi visant à instaurer une « liste noire » des domaines et des sites Internet proposant des contenus interdits en Russie. Étaient notamment censées être concernées : les informations relatives à la pornographie à caractère pédophile, à la promotion du suicide, à l’usage de drogues, etc.

 

La mise en place de ce registre fut - et reste - très contestée, notamment en raison de son opacité. Certaines associations comme Reporters Sans Frontières ont ainsi déploré que la procédure conduisant au blocage des sites se fasse sans l’intervention d’un juge, mais plutôt « par des “experts” anonymes dont ni la compétence ni la légitimité n’ont été confirmées ».

Pas de liste énumérative, juste une page de test

Hier, les autorités russes ont mis en service le site Internet dédié à ce registre : http://zapret-info.gov.ru/. Seulement, il est impossible de savoir directement quelles sont les adresses concernées. Afin de savoir si un site est inscrit sur la liste, il faut tester son adresse IP, son nom de domaine, ou bien son URL complète (voir illustration ci-dessus).

 

La plateforme dispose en outre d’une autre fonctionnalité, permettant aux internautes de dénoncer directement un site. Ce signalement peut même se faire de façon anonyme. Selon Russia Today, l’agence gouvernementale en charge de cette « liste noire », Roskomnadzor, doit suivre une procédure visant dans un premier temps à analyser le site pointé du doigt. Si le contenu est considéré comme illicite, le responsable du site et son hébergeur sont ensuite sommés de retirer les éléments litigieux. Si tel n’est pas le cas dans les 48 heures suivant la notification, les FAI russes se voient contraints de bloquer l’accès au site en question.

Des peurs contre le « scénario du pire »

Alors que cette loi était encore en discussion à la Douma, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer ses dérives. La version russe de Wikipédia avait ainsi fermé ses portes pendant une journée au mois de juillet, pour s'opposer à « la création d'un système analogue au grand "Firewall" de Chine ». À l’époque, les responsables du site s'alarmaient contre une sorte de cheval de Troie : « La pratique du droit, telle qu’elle existe en Russie, annonce une forte probabilité de scénario du pire, dans lequel l'accès à Wikipedia sera bientôt fermé dans tout le pays ».

 

Aujourd’hui, l’association Reporters Sans Frontières a déploré l'entrée en vigueur de ces dispositions votées cet été. « Malgré les nombreuses critiques exprimées contre cette loi, force est de constater l’absence de toute volonté politique de clarifier ces dispositions contradictoires et d’en éliminer les aspects liberticides », a regretté RSF. 

 

Rappelons enfin que la Russie est considérée comme un pays « sous surveillance » par RSF, au même titre que la France. Le regard porté par l’association sur cette loi pourrait toutefois être de nature à faire grimper le pays dans le classement...


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