Au Brésil, les journaux préfèrent ne pas être référencés dans Google News

Joe le taxeur 206
Par
le lundi 22 octobre 2012 à 09:54

Alors que Google vient de menacer la presse française d’un déréférencement au cas où une taxe en sa défaveur serait adoptée, une association de journaux brésilien vient de réaffirmer sa position vis-à-vis du service Google Actualités : ils préfèrent ne pas être référencés, quitte à perdre un peu d’audience.

google brésil

 

La semaine dernière, se tenait l’assemblée générale de l’Association nationale des journaux brésiliens (ANJ), comme l’indique Arrêt sur images. À cette occasion, les 154 membres de l’organisation, qui regroupe près de 90 % des journaux brésiliens, ont réaffirmé leur position vis-à-vis de Google Actualités, à savoir : refuser un référencement par la firme de Mountain View. « Nous sommes parvenus à la conclusion que notre présence sur Google News ne contribuait pas à l'augmentation de nos audiences en ligne », a expliqué le président de l’ANJ, Carlos Fernando Linderberg Neto, dans une interview au Knight Center for journalism in the Americas.

Probabilité

L’intéressé a poursuivi en affirmant qu’au contraire, « en donnant les premières lignes de nos articles aux internautes, le service [de Google] diminue la probabilité que ceux-ci viennent les consulter sur nos propres sites web ». Autrement dit, l’ANJ considère que les lecteurs se contentent de lire le titre et les quelques mots disponibles sur Google Actualités, sans pour autant se rendre sur la page où se trouve l’article complet.

 

En 2010, l’organisation avait pourtant lancé une expérimentation avec le géant de l’internet, afin qu’un nombre moins élevé de mots soit proposé dans Google Actualités. Une manœuvre destinée à attirer plus d’audience vers les sites des journaux, mais qui s’est finalement révélée être un échec. En effet, Carlos Müller, secrétaire général du Comité des stratégies numériques de l'ANJ, a expliqué à l’AFP que les journaux s’étaient « rendus compte que les lecteurs se sentaient également satisfaits et ont donc quitté Google ».

Le prix à payer

De ce fait, et face au refus de la firme de Mountain View de payer pour l’utilisation de leurs contenus, les membres de l’ANJ ont effictivement adopté l’année dernière une autre stratégie : refuser que le géant de l’internet référence leurs articles. Un retrait qui ne concerne que le service Google Actualités, puisque les sites web des journaux concernés restent accessibles depuis le célèbre moteur de recherche. Aujourd’hui, l’association des journaux brésiliens persiste et signe : « L'ANJ défend cette politique. Et même si nous reconnaissons qu'il y a eu une perte de trafic de lecteurs internautes, d'environ 5 %, c'est le prix à payer pour la protection du journal et de sa marque », a déclaré samedi Carlos Müller, toujours à l’AFP.

 

Il n’en demeure pas moins que l’association cherche encore à trouver un compromis avec le géant de l’Internet qui, de son côté, balaye les critiques qui lui sont adressées. « Google Actualités génère un milliard de clics vers des sites d’information à travers le monde », a déclaré un représentant de la firme de Mountain View à la BBC, sans préciser sur quelle échelle de temps. Ce représentant reprend d'ailleurs ce que Google France a exposé devant la mission Lescure : « exiger de Google une rémunération au motif que son moteur de recherche dirige des lecteurs vers les sites de presse n’a pas plus de sens que d’exiger d’un chauffeur de taxi qui conduirait un client à un restaurant de rémunérer le restaurant au motif qu'il lui amène un client. »


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