Liquidation de Surcouf : la lettre assassine de la CGT contre Hugues Mulliez

La famille Mulliez (Auchan, Boulanger, etc.) appréciera également 231
Nil Sanyas

Hier, de nombreux employés de Surcouf ont fait grève et manifesté le jour de la mise en liquidation de leur société. Tous devraient ainsi perdre leur emploi d'ici peu. La CGT a profité de la manifestation d'hier pour distribuer une lettre particulièrement agressive envers son patron et que nous avons pu nous procurer.

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Les choix stratégiques d'Hugues Mulliez pointés du doigt

Racheté il y a trois ans par la société Youg's, propriété d'Hugues Mulliez (de la famille Auchan), Surcouf est donc entré en liquidation hier faute de repreneur, alors que l'enseigne est en vente depuis de nombreux mois. L'intégralité des salariés devrait perdre leur emploi, et les magasins seront fermés, sauf surprise de dernière minute. Mais comment en est-on arrivé là ?

Selon le prospectus distribué dans la rue par la CGT hier, « la crise n'y est pour rien ». Alignant catastrophe sur catastrophe, l'entreprise spécialisée dans la vente de produits informatique risque de licencier ses 430 salariés du fait des « choix stratégiques que nous estimons erronés de notre PDG ».

Une omerta sur les comptes financiers

La CGT, dans sa lettre adressée à Arnaud Montebourg et rédigée avant l'annonce officielle de la liquidation, explique ainsi que des comités centraux d'entreprise ont été votés afin d'obtenir des études de comptes financiers, « mais systématiquement, la Direction les réfute, ralentissant ainsi la diffusion de l'information ».

Le syndicat rajoute qu'il lui est impossible d'obtenir des détails dès lors que les comptes 2011 n'ont pas encore été certifiés et que ceux de 2010 l'ont été avec des réserves. « Malgré les énormités relevées, notre Direction et nos actionnaires sont restés impassibles, nous menant irrémédiablement au redressement. »

Dans le flou le plus total, les employés de Surcouf souhaitent « un meilleur management général et une politique d'entreprise efficace ». Mais ces propos précèdent l'officialisation de la liquidation, et dès lors qu'aucun repreneur ne s'est manifesté, le sort des employés semble déjà acté.

Quand la CGT taille un costard à toute la famille Mulliez (Auchan)

Dans leur lettre, les représentants du personnel de Surcouf agressent particulièrement Hughes Mulliez, le patron de la société, ainsi que d'autres membres de sa famille. Morceaux choisis :

« Nous savons aussi que la famille Mulliez, première fortune de France, propriétaire d'Auchan, de Décathlon et de Leroy Merlin pour ne citer que ceux-là, via notre PDG Hugues Mulliez, ne cherchera pas à favoriser les salariés par le paiement de formation après la liquidation et encore moins de budgéter un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, ndlr) digne : cela a été annoncé en CCE (comité central d'entreprise, ndlr). C'est l'État français et donc les contribuables que nous sommes qui paieront la facture. »

 

« Notre enseigne a été reprise par un jeune millionnaire, soutenu par son père, Stéphane Mulliez, propriétaire entre autres des magasins PICWIC, à travers la Holding Luderix International et actionnaire de Surcouf, qui sous couvert de leur nom, de leurs relations et d'une certaine influence n'ont fait que mettre notre société plus bas qu'elle ne l'était avant sa reprise et ceci en tout impunité jusqu'à présent. »

 

« Nous avons compris depuis la reprise de notre enseigne qu'un nom comme Mulliez n'est pas forcément signe de réussite dans les affaires, mais quand il est associé à une telle dégringolade, à un tel échec, ce n'est pas aux contribuables français de payer les pots cassés, mais bien à ceux qui les ont fracassés. »

 

« Nous ne pouvons concevoir qu'après deux plans sociaux effectués en 2010 et 2011, où 40 % des salariés de Surcouf ont été remerciés, ceux qui ont suivi le « projet humain » d'Hugues et Stéphane Mulliez soient sacrifiés et mis au chômage avec le minimum d'indemnités, alors que son PDG, Hugues Mulliez aura spéculé sur l'immobilier grâce à l'enseigne Surcouf, et aura fait payer les dettes de son entreprise précédente (Youg's) en intégrant dans les comptes de Surcouf via un mali de fusion. »


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