Le bug présumé de Facebook pris en exemple par La Quadrature du Net

L'enquête de sens 55

Alors que la CNIL a annoncé hier soir qu'elle allait mener « des investigations complémentaires » afin de déterminer si des messages privés envoyés via Facebook ont effectivement été rendus publics, le co-fondateur de La Quadrature du Net, Benjamin Sonntag, exclut à son tour tout bug de la part du réseau social. L'intéressé en a profité pour rappeler les risques inhérents à l'utilisation de Facebook.

Pour rappel, il est question depuis lundi d'un bug « présumé » de Facebook : de nombeux utilisateurs du réseau social ont été surpris de découvrir sur leur Timeline d'anciens messages qu'ils considèrent comme privés. Cependant, rien ne permet de déterminer qu'il s'agit effectivement d'une faille. De fait, l'hypothèse d'une confusion dans les paramètres du réseau est plus probable.

 

 

Pour Benjamin Sonntag, « il ne s’est rien passé » de spécial lundi sur Facebook. Interrogé sur France Inter par Pascale Clark, le co-fondateur de La Quadrature du Net a expliqué aux utilisateurs du réseau social qu’ils avaient « juste rendu en août dernier plus facile d’accès ce que vous postiez de manière inconsciente en 2007, 2008, 2009 sur votre mur et celui de vos amis », en passant à la Timeline.

 

Pour lui, ces vieux messages n’ont « pas régurgité d’un seul coup, c’est juste qu’ils étaient toujours là, il fallait juste aller les chercher ». En somme, « ce vous aviez échangé comme informations, de manière publique, ça l’est resté. C’est juste que c’est plus facile d’y accéder maintenant, on y arrive plus vite ».

« Quand vous utilisez un service gratuit sur Internet, le produit qui est vendu, c’est vous ».

Le co-fondateur de LQDN conclut : « Les internautes sont en train d’apprendre, à leurs dépend a priori, que ce qu’ils postent sur Internet, ça reste ! (...) Il faut que les internautes comprennent qu’ils ne peuvent pas avoir confiance dans une société, Facebook en l’occurrence, dont le modèle est de faire de l’argent sur leurs données personnelles. Ce n’est pas Facebook qui va défendre notre vie privée ou nos libertés fondamentales à notre place ».

 

Benjamin Sonntag a ainsi profité de son intervention pour revenir sur les implications de l’utilisation de Facebook. « Pour LQDN et pour moi, l’important c’est (...) le fait que Facebook dispose de toutes les données de tous les internautes qui sont postées depuis toujours ». Selon lui, le problème est que « personne n’a une idée de ce que signifie avoir ces montagnes de données à disposition, et de ce que ces données permettent de faire lorsqu’elles sont entre les mains d’acteurs économiques comme Facebook ».

La réaction des autorités en question

Questionné sur la montée au créneau du Gouvernement, Benjamin Sonntag s’est montré relativement acerbe. « La réaction immédiate et extrêmement rapide de Fleur Pellerin, finalement pour nous c’est une façon de faire de la présence », a-t-il déclaré. D’ailleurs, pour lui, « le ministre de l’internet, que ce soit Fleur Pellerin ou Nathalie Kosciusko-Morizet [ministre de la précédente majorité, ndlr], n’a jamais eu de budget, n’a jamais vraiment eu de projet de loi... Donc à partir de là, les citoyens et les internautes qui ont décidé de défendre les libertés sur Internet ne sont pas dupes. Ils ont bien compris que ce ministère ne servait à rien ».

 

Pourtant, du côté du cabinet de Fleur Pellerin, on indique vouloir prendre la défense des utilisateurs : « À partir du moment où vous avez un problème qui concerne 26 millions de Français, on ne peut pas dire « les gens n’ont rien compris au réseau social ». D’ailleurs, s’ils se sont émus à ce point, ça veut dire que Facebook explique très mal aujourd’hui sa politique de confidentialité des données ». 

 

Benjamin Sonntag s’est également étonné de « l’extrême rapidité de la réaction de la CNIL », cette autorité qui a « des pouvoirs assez étendus » malgré « un budget assez ridicule ». Le co-fondateur de LQDN n’en demeure pas moins sceptique s'agissant des pouvoirs de la CNIL face à la société de Mark Zuckerberg : « Je rappelle que Facebook est une société américaine, donc ils diront ce qu’ils auront envie de dire, il n’y a personne qui va aller voir leurs serveurs ». Ce que retient surtout le co-fondateur de LQDN, c’est qu’ « aujourd’hui, quand on voit le problème que représente la défense des données personnelles, de la vie privée avec Internet... on s’étonne qu’ils ne réagissent pas plus rapidement sur d’autres sujets en temps normal ».

Pendant ce temps, la CNIL poursuit son enquête

Dans un communiqué publié hier en fin d’après-midi, la CNIL a expliqué avoir reçu « longuement » les responsables de Facebook France et pris contact avec des représentants de Facebook à l'étranger. Toutefois, l’autorité administrative estime que « des investigations complémentaires doivent être menées afin de déterminer si des messages privés ont effectivement été rendus publics ». Elle a également relevé que « la généralisation de la nouvelle fonctionnalité Timeline, rendant plus facilement accessibles des messages anciens, a participé de la confusion des utilisateurs ».

 


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