Antitrust : Google doit rapidement présenter des solutions estime l'Europe

Sinon, ça va trancher chérie 37
Nil Sanyas

Joaquin Almunia, vice-président de la Commission européenne et commissaire à la Concurrence, a affirmé hier à New York que si Google ne proposait pas des solutions plus satisfaisantes rapidement pour améliorer la concurrence dans le secteur de la recherche, l'enquête sera renforcée. Avec des risques de sanctions non négligeables pour Google.

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Google doit encore faire des efforts

Accusé d'abus de position dominante par diverses sociétés basées en Europe, Google est sous le coup d'une enquête de la Commission européenne depuis de nombreux mois. Joaquin Almunia a toutefois tendu la main à Google en mai dernier en lui proposant une solution : si Google présente rapidement des propositions, l'enquête s'arrêtera. D'un côté, cela permet au géant américain d'éviter une éventuelle amende de plusieurs millions voire milliards de dollars. De l'autre, la Commission européenne arrête de dépenser du temps et de l'argent, tout en réduisant les pouvoirs de Google.


Ces derniers mois, la société américaine a donc proposé ses solutions, pour ensuite les peaufiner suite aux critiques de l'Europe. Mais le pas en avant de Google ne semble toutefois pas encore suffisant aux yeux du commissaire à la Concurrence. Ce dernier, a ainsi affirmé que Google devait encore faire quelques efforts afin de trouver une solution à leur conflit :


« Si des solutions étaient trouvées rapidement et testées avec succès, la concurrence pourrait être restaurée assez rapidement grâce à des engagements. Cependant, nous n'en sommes pas encore là, et il est clair qu'en l'absence de propositions satisfaisantes à court terme, je vais être obligé de continuer nos enquêtes. »


Les propos d'Almunia sont clairs et sans équivoques. Le n°1 de la recherche en ligne a ainsi tout intérêt à renforcer ses propositions. Dans le cas contraire, les conséquences pourraient être fâcheuses.

Quatre marchés problématiques

Pour rappel, l'Europe s'attaque à Google sur quatre sujets bien précis :

  1. Dans les résultats de recherche de Google, la société affiche des liens vers ses propres services de recherche «verticaux » comme celles dédiées aux restaurants, aux actualités, aux produits, etc. « Dans ses résultats de recherche généraux, Google affiche des liens vers ses propres services de recherche verticaux différemment que pour les liens vers les concurrents » explique Almunia. « Nous craignons que cela puisse entraîner un traitement préférentiel par rapport à ceux des services concurrents, qui peuvent être lésés à la suite. »
  2. Google copie certains contenus (critiques d'utilisateurs, etc.) présents sur des sites tiers, parfois sans leur autorisation préalable. Google s'approprie « les bénéfices des investissements des concurrents » estime Almunia. Ce dernier s’inquiète ainsi des répercutions sur les entreprises concurrentes, « cela pourrait réduire les incitations des concurrents à investir dans la création de contenu original pour le bénéfice des utilisateurs » conclut-il. « Cette pratique peut avoir des répercussions pour les sites de voyage par exemple ou des sites fournissant des guides gastronomiques. »
  3. Les annonces de recherche : ces publicités présentes à côté des résultats de recherche sont problématiques pour la Commission. En effet, Google aurait des accords exclusifs avec certaines sociétés. Cette exclusivité, si elle est avérée, empêcherait donc la concurrence de fournir des services équivalents.
  4. Enfin, le quatrième sujet porte sur les restrictions de Google quant à la portabilité des campagnes publicitaires AdWords vers des plateformes concurrentes. « Nous craignons que Google impose des restrictions contractuelles sur les développeurs de logiciels » afin de les empêcher d'offrir des outils permettant de transférer leur campagne AdWords vers d’autres plateformes.

Traduire les paroles en actes

Notons enfin qu'Almunia a profité de son discours à New York pour glisser un mot à propos de Microsoft et du manquement à ses engagements quant au ballot screen sur Windows 7 SP1. Selon le Commissaire, cette erreur de Microsoft a empêché au moins 1,5 million d'utilisateurs dans l'Union Européenne de pouvoir choisir un navigateur web. Nous ne savons cependant pas si un accord avec Microsoft sera trouvé ou si l'UE infligera une amende pour cette bévue.

Almunia a conclu ce volet en généralisant le débat : « je considère que les engagements proposés par les entreprises elles-mêmes sont un bon moyen de résoudre les problèmes de concurrence, en tant qu'alternative à la lenteur des procédures. Mais la politique ne peut fonctionner que si elles traduisent leurs paroles en actes. C'est pourquoi je prends très au sérieux le respect et je ferai en sorte que nous prenions les décisions qui s'imposent comme une question de priorité. » Google et Microsoft sont prévenus.


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