Lenteurs de YouTube chez Free : l'UFC saisit l'ARCEP et la DGCCRF

Et pas par le menton 206
Nil Sanyas

Suite aux multiples plaintes de Freenautes adressées à l'UFC-Que Choisir ces derniers mois, l'association a saisi l'ARCEP ainsi que la DGCCRF. Le sujet du litige est bien connu : les lenteurs des abonnés internet de Free sur certains sites, et en particulier sur YouTube.

« Les autorités seraient bien inspirées de se saisir du sujet »

Selon Alain Bazot, le président de l'association UFC-Que Choisir, « à l’heure où une proposition de loi sur la neutralité des réseaux est déposée, les autorités seraient bien inspirées de se saisir du sujet ». L'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) devraient établir d'après Alain Bazot des règles claires sur un sujet qui concerne les problèmes d’interconnexion ainsi que la neutralité du net.

Alors que sur les réseaux mobiles, les protocoles tombent les uns après les autres, notamment grâce à Free Mobile, sur le réseau fixe, les problèmes avec certains sites (YouTube aujourd'hui, MegaUpload hier) ou encore certains protocoles (P2P), sont vécus par des millions d'internautes français, ceci depuis des années. Et le phénomène est loin de concerner uniquement Free, bien d'autres grands opérateurs ayant des problèmes de débits avec certains grands sites.

Les abonnés pris en otages 

Pour le président de l'UFC, le débat dépasse d'ailleurs le cadre de Free et doit absolument être généralisé à l'ensemble du marché afin de trouver une solution. « En raison de la démultiplication de ce type de problèmes - il y a déjà eu un précédent avec Orange et Cogent - il importe de trancher ce litige qui prend en otage les consommateurs et de mieux encadrer le marché » résume Alain Bazot.

Et si les abonnés des réseaux fixes sont concernés, ceux des réseaux mobiles le sont tout autant, notamment chez Free Mobile, comme nous le constations le mois dernier. C'est donc tout le secteur qui est ou qui peut être concerné, sachant que YouTube n'est que la partie émergée de l'iceberg.

Une guerre sans fin

Derrière ces difficultés d'accès aux gros sites ou à certains protocoles, se cache en réalité une guerre financière ouverte entre les FAI, les services internet et les intermédiaires (transit). Orange, MegaUpload et Cogent, comme l'a rappelé le président de l'UFC, ont ainsi eu quelques légers soucis l'an passé. L'ARCEP s'est d'ailleurs intéressée au sujet cette année en demandant plus de transparence de la part d'Orange, notamment vis-à-vis d'Open Transit.

Depuis plusieurs années maintenant, les FAI militent pour que les sociétés consommant un très grand nombre de données (Google, Apple et Facebook en tête) financent en partie les réseaux. Les FAI estiment en effet que ces sites profitent des lourds investissements réalisés par les opérateurs dans les réseaux. Les sites, eux, estiment que sans leur existence, les FAI n'auraient pas grand-chose à vendre. Le poisson se mord la queue, et la victime finale est l'abonné.

Reste à savoir si l'ARCEP et la DGCCRF se pencheront sur le dossier sérieusement.


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