Ariane 6 : il faut dès maintenant « préparer la transition, à terme, vers le réutilisable »

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Crédits : ArianeGroup
Espace
Sébastien Gavois

Pour assurer son avenir spatial, l'Europe devrait dès maintenant se préparer aux lanceurs réutilisables... mais tout le monde n'est pas d'accord sur ce point. S'il est trop tard pour Ariane 6, ce sera possible avec Ariane Next, selon un rapport du Sénat. Il propose des recommandations sur les décisions qui seront prises la semaine prochaine par l'ESA.

Après avoir passé en revue la genèse d'Ariane 6 et les embûches qu'elle rencontrera durant sa période commerciale, le rapport d'information du groupe de travail « Espace » du Sénat s'intéresse à l'avenir, et plus particulièrement aux prochaines années où il va falloir prendre d'importantes décisions sur l'orientation stratégique des lanceurs européens. 

Il y est notamment question de l'aprés Ariane 6 – avec une Ariane 6 « Evolution » ou directement Ariane Next réutilisable – et du financement. Les parlementaires proposent plusieurs pistes pour renforcer les ambitions spatiales européennes et revoir la politique industrielle des lanceurs.

Notre dossier sur la politique des lanceurs spatiaux (européens) :

2,6 milliards d’euros de financement pour 2020-2022

L'Agence spatiale européenne (ESA) a ainsi proposé une enveloppe de 2,662 milliards d'euros pour le budget triennal 2020-2022. Une somme conséquente, mais qui cible large puisqu'elle doit « notamment permettre de réussir la transition entre la fin de l’exploitation d’Ariane 5 et le début d’Ariane 6, de préparer l’amélioration de la compétitivité d’Ariane 6, de Vega C et du P120 C commun à l’horizon 2022, de bâtir des briques technologiques pour le futur et de financer la rénovation du CSG entre 2020 et 2024 ». La France prévoit de son côté d'attribuer 1,058 milliards d’euros aux lanceurs et au CSG. 

Selon l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), l'investissement de l'argent public aurait un impact indirect : « ces dépenses ont un effet de levier important sur l’activité économique. L’ESA a ainsi calculé que, pour 100 euros dépensés pour le développement d’Ariane 5, 320 sont générés en valeur ajoutée supplémentaire dans l’économie ; quelque 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires auraient ainsi été générés entre 2000 et 2012 dans l’industrie européenne spatiale et non spatiale ».

De son côté, la Cour des comptes rappelle que ce financement ne doit pas se traduire par l'éviction des autres secteurs spatiaux : science, exploration, observation de la Terre, navigation et télécoms. Quoi qu'il en soit, Ariane 6 « est prête à rentrer en phase d’exploitation ».

Des financements nécessaires pour « rester dans la course »

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