Face à la pénurie d'IPv4, un bien triste état du déploiement d'IPv6 en France

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Sébastien Gavois

Le déploiement et surtout les activations d'IPv6 sont très inégaux en France. Free est largement en tête sur le fixe, mais bon dernier sur le mobile (à égalité avec SFR), un domaine où Bouygues Telecom règne en maître. Une bonne partie des prévisions (jusqu'en 2022) transmises par les opérateurs à l'Arcep  ne sont pas spécialement réjouissantes.

L'Arcep vient de mettre en ligne « une version élargie de son baromètre de la transition vers IPv6 » puisqu'elle prend en compte des opérateurs avec au moins 5 000 abonnés (au lieu de 3 millions).

La conclusion est sans appel ni surprise : il y a un « retard de la majeure partie des acteurs ». Le régulateur tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Pour rappel, l'Internet Protocol version 4 date de 1983 et propose près de 4,3 milliards d'adresses IP. Si c'était suffisant au départ, c'est loin d'être le cas depuis des années. La relève a été pensée dès la fin des années 90 avec l'Internet Protocol version 6, ou IPv6.

Il permet d'adresser 3,4×10^38 adresses, soit une quasi-infinité à l'échelle de la Terre puisque cela correspond à « 667 millions d’IPv6 pour chaque millimètre carré de surface terrestre », explique l'Arcep.

Les problématiques soulevées par la pénurie d'IPv4

La pénurie des adresses IPv4 est un sujet dont on parle depuis des années, sans que les principaux maillons de la machine (au moins en France) ne s'en préoccupent plus que cela, malgré les différents appels du pieds.

Or, cette pénurie peut entraîner plusieurs problèmes importants : « La lenteur de la migration peut d’une part provoquer le dysfonctionnement de certaines catégories de services sur Internet (systèmes de contrôle de maison connectée, jeux en réseau, etc.) du fait de systèmes de partage d’adresse IPv4 entre plusieurs clients mis en place pour faire face à la pénurie. D’autre part, elle est susceptible d’ériger une barrière à l’entrée à l’encontre des nouveaux acteurs du marché ».

« D’ici fin 2019, le stock d’adresses IPv4 disponibles sera épuisé, et Internet "cessera de grandir" : le RIPE-NCC, le registre régional d'adresses IP qui alloue les adresses IPv4 pour l'Europe et le Moyen-Orient, a annoncé que le nombre d’adresses IPv4 en attente d'attribution est supérieur au nombre d’adresses IPv4 restantes », détaille l'Autorité.

Les IPv4 devenant des ressources rares, leurs tarifs augmentent et ceux qui ont du stock les vendent au prix fort.

Arcep IP v6

Presque tous les maillons de la chaîne sont responsables

L'Arcep ne s'est pas contentée de regarder du côté des FAI et des opérateurs, elle s'est aussi penchée sur les hébergeurs de contenus, les infrastructures DNS, les équipementiers, les transitaires et les terminaux. En effet, pour qu'une connexion passe en IPv6 il faut que l'ensemble de la chaîne soit compatible avec ce protocole. 

Un premier bilan global permet de se rendre compte que la migration vers IPv6 des ordinateurs, tablettes et smartphones est « totale ou élevée », alors qu'elle est « faible ou nulle » sur les objets connectés. Côté réseau, ce n'est pas la fête puisque seuls les équipementiers s'en tirent bien, tandis que l'infrastructure DNS et les transitaires affichent une migration partielle, comme l'indique le tableau ci-dessous.

Arcep IPv6 

80 % de clients activés sur les Freebox... 6,7 % chez SFR

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