La « nouvelle arme » anti-cryptographie de la gendarmerie

La ta ca ta ca tac tac tique du gendarme... 45
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Crédits : CC0 wir_sind_klein Pixabay
Securité

L'an passé, la gendarmerie annonçait avoir mis au point « une nouvelle arme pour contrer le chiffrement des téléphones »mais refusait d'en dire plus. En janvier, elle révélait l'existence de Gendpass, une « plateforme de déchiffrement et de cassage de mots de passe pouvant être utilisée par tous les gendarmes ». Nous avons donc voulu en savoir plus sur ce que les « cracks en rétro-ingénierie » de la gendarmerie avaient découvert, et entrepris.

En septembre 2018, L'Essor de la gendarmerie (édité par une société de presse indépendante du ministère) consacrait un article à « La nouvelle arme des gendarmes pour contrer le chiffrement des téléphones ». Baptisée  « plateforme de déchiffrement centralisée », elle venait d'être présentée à Gérard Collomb, alors ministre de l'Intérieur, à l'occasion d'une visite au Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, et son Institut de recherche criminelle (IRCGN) .

« Cette visite ayant pour fil rouge le numérique », précisait le compte-rendu du ministère, Gérard Collomb avait notamment été « convié au département Informatique-Electronique, pour une présentation des capacités d'analyse des appareils électroniques et notamment des smartphones chiffrés ».

D'après L'essor, cette « nouvelle arme » avait été « développée et mise au point par le département INL (Informatique électronique) de l’IRCGN, composé d’une vingtaine de cracks en rétro-ingénierie », et était « en service depuis environ un an ».

Grâce à elle, « l’ensemble des enquêteurs de la Gendarmerie peut saisir ces experts en vue de décrypter un fichier chiffré, l’une des bêtes noires des enquêteurs », décrivait le magazine, qui rappelait alors que « le rapport annuel 2016 de l’IRCGN faisait ainsi seulement état de la possibilité de décryptage des téléphones Blackberry, une marque en perte de vitesse sur le marché des terminaux téléphoniques ».

Une marque dont le chiffrement est par ailleurs d'autant plus facile à casser que BlackBerry collabore avec les autorités, comme l'avait expliqué John Chen, son PDG : « Notre position est claire depuis longtemps, les entreprises technologiques devraient obtempérer, en tant que bons professionnels citoyens, aux requêtes juridiques d’accès raisonnables ».

Reste que si l'IRCGN évoquait bien dans son bilan d'activité 2016 le développement de « nouvelles activités de sciences forensiques (qui) lui permettent de traiter des dossiers qu'aucun autre laboratoire national ne pouvait traiter », dont « le décryptage des téléphones de type blackberry », son rapport 2017, lui, retirait la mention des seuls portables Blackberry, avançant que l'INL était en mesure d'assurer « le décryptage des téléphones », sans plus de précision.

« La Gendarmerie n’en dira pas plus », concluait l'article de L'essor, « et pour cause : ce savoir-faire de pointe dans un secteur très sensible est crucial pour lutter contre les activités criminelles ». Dans un reportage vidéo associé, titré Au coeur du laboratoire des gendarmes hackers, L'essor présentait le département INL comme « l'un des joyaux » de l'IRCGN.

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