Exposition aux ondes : 33 « points atypiques » dépassaient les 6 V/m en 2018

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Crédits : triloks/iStock
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

En 2018, le nombre de « points atypiques » où l'exposition aux ondes dépassait substantiellement celle observée à l'échelle nationale a plus que doublé par rapport à 2017. Ils sont au nombre de 33, mais 15 ont d'ores et déjà été résolus. La première place revient à Lille avec pas moins de 23,1 V/m.

Depuis la « Loi Abeille » du 9 février 2015, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a la charge du recensement annuel des points atypiques, c'est-à-dire ceux où « le niveau d’exposition aux ondes radioélectriques est plus élevé ». Dans la pratique, le seuil minimum retenu est de 6 V/m.

En 2018, 33 points atypiques ont été identifiés, contre 15 seulement l'année précédente. La téléphonie mobile est toujours le premier contributeur avec 27 des 33 points, suivi par la radio FM et RNT (Radio Numérique Terrestre) dans 6 lieux. Dans la moitié des cas, une solution a été trouvée, tandis que des travaux sont toujours en cours dans 12 cas. 

1 % des mesures atypiques, jusqu'à 23,1 V/m dans le métro de Lille

Pour rappel, les valeurs limites en France sont fixées par le décret du 3 mai 2002, qui reprend la recommandation européenne 1999/519/CE du Conseil du 12 juillet 1999. Ainsi, les valeurs limites « sont comprises entre 28 V/m et 87 V/m selon les fréquences dans la bande radioélectrique ».

Il est ainsi possible de dépasser la barrière arbitraire de 6 V/m tout en restant dans les limites du décret, mais il s'agit de lieux « dans lesquels le niveau d'exposition aux champs électromagnétiques dépasse substantiellement celui généralement observé à l'échelle nationale », explique l'ANFR. L'Agence nationale des fréquences procède alors à des mesures plus détaillées par bande de fréquence à l'aide d'un analyseur de spectre afin de trouver l'origine de cette émission.

exposition aux ondesANFR exposition ondes

Au total sur l'année 2018, « 33 points atypiques ont été identifiés parmi les 3 168 mesures effectuées [...] Cela représente environ 1 % des mesures », indique l'ANFR. C'est par contre largement en hausse par rapport à 2017 où 15 points atypiques avaient été identifiés, sur la base d'un nombre de mesures pourtant plus élevé : 3 836 mesures.

L'Agence précise qu'en 2018, « le niveau médian calculé sur ces mesures est de 0,41 V/m et l’écart type de 1,29 V/m ». Les deux chiffres sont en augmentation par rapport à 2017 où il était respectivement question de 0,34 et 0,9 V/m.

Les points atypiques sont mesurés entre 6,1 et 23,1 V/m (11,3 V/m maximum en 2017), avec une moyenne à 8,9 V/m. Tous sont donc en dessous des valeurs du décret, mais le cas du métro de Lille (station République Beaux-Arts) est particulier :

« La mesure la plus haute dans le métro de Lille fait état d’une mesure à la sonde large bande de 23,1 V/m. En prenant en compte les facteurs d’extrapolation réels, les niveaux de référence pour des sources émettant à plusieurs fréquences sont supérieurs aux limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques fixés par le décret n°2002-775. Une action a été entreprise immédiatement par les exploitants pour être en conformité ».

L'action en question est une baisse de la puissance d'émission. Une mesure de contrôle a été effectuée le 27 novembre 2018 avec un résultat effectivement largement en baisse : 4,1 V/m. 

Pour rappel, trois types d'action peuvent être mis en place pour résorber l'exposition aux ondes :

  • Réduction de la puissance d’émission ;
  • Extinction d’une technologie en téléphonie mobile ou d’un secteur ;
  • Ré-orientation du faisceau de l’antenne.

Le métro de Rennes et Saint-Alban-les-Eaux pour le trio de tête

Le deuxième sur le podium est de nouveau dans le métro, mais à la Station Gaston Berger de Rennes cette fois-ci avec 16,2 V/m. Là encore, la téléphonie mobile est le principal contributeur. Même action mise en œuvre : une baisse de puissance avec 2,3 V/m lors d'un contrôle le 11 décembre. 

Le troisième à monter sur le podium est Préfol à Saint-Alban-les-Eaux (en Auvergne-Rhône-Alpe) : 14,6 V/m. Cette fois-ci deux contributeurs sont en cause : la radio FM/RNT, ainsi que la téléphonie mobile. Aucune action particulière n'est envisagée : le maintien en l'état de l'installation est de mise.

exposition aux ondes

Une vingtaine de locaux d'habitation (intérieur/extérieur)

Les sept premières places sont occupées par des lieux ouverts/accessibles au public, mais plusieurs locaux d'habitations en extérieur arrivent ensuite : Lyon, Saint-Pierre-D'Irube, Annecy, Mulhouse, etc. La première mesure atypique en intérieur se trouve sur le boulevard Malesherbes à Paris avec 8,2 V/m à cause de la téléphonie mobile. Un ré-azimutage est en cours. Un nouveau contrôle le 24 janvier 2019 donne 6,5 V/m. 

Sur les 33 mesures atypiques, 15 ont été « résolues » selon l'ANFR. Des contrôles supplémentaires ont été diligentés avec un niveau en dessous de 6 V/m... à deux exceptions près à Paris : boulevard Malesherbes avec 6,5 V/m et rue de la Convention avec 6,3 V/m. Dans les deux cas, un retraitement est en cours.

Des travaux sont toujours en cours pour une douzaine de points atypiques, tandis que quatre autres sont maintenus en l'état. On peut noter le cas particulier de l'aéroport d'Orly où l'antenne a été déplacée, faisant baisser la mesure de 6,1 à 1,4 V/m.

Voici sans plus tarder les 33 points atypiques : 

  • ANFR 2018 exposition aux ondes
  • ANFR 2018 exposition aux ondes
  • ANFR 2018 exposition aux ondes

Tout le monde peut demander une mesure d’exposition aux ondes

Pour rappel, depuis le 1er janvier 2014, « les communes peuvent recevoir de leurs administrés des demandes de mesures via un formulaire spécifique téléchargeable notamment sur service-public.fr ». Ainsi, « toute personne peut faire mesurer l’exposition aux ondes électromagnétiques, tant dans les locaux d’habitation que dans des lieux accessibles au public (parcs, commerces, gares, établissements d’enseignement...). Il est également possible de demander une mesure de l’exposition associée à des objets communicants fixes comme les compteurs communicants ».

Pour être validée, une demande doit être signée « par un organisme habilité : État, collectivités locales (mairies...), agences régionales de santé, certaines associations… ». Les communes peuvent également solliciter directement des mesures auprès de l’ANFR pour leur propre compte. 

L'ANFR dépêche ensuite un laboratoire accrédité et indépendant sur place pour effectuer des mesures. La facture de ce dernier est payée par « un fonds alimenté par une taxe prélevée principalement sur les opérateurs mobiles ».

Les personnes et les communes sont ensuite informées par l'ANFR et les résultats publiés sur Cartoradio.fr.

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