Entretien avec Nadi Bou Hanna, nouveau Directeur interministériel au numérique (DINSIC)

Moi, président de la DINSIC 30
image dediée
Crédits : mucahiddin/iStock/ThinkStock
Services
Xavier Berne

Nadi Bou Hanna, qui a succédé en décembre dernier à Henri Verdier à la tête de la Direction interministérielle au numérique (DINSIC), a accepté de présenter à Next INpact ses priorités pour les mois à venir. L’occasion pour nous de l’interroger sur de nombreux sujets : logiciels libres, Open Data, carte d'identité numérique, etc.

Passé notamment par le Quai d’Orsay et les douanes, Nadi Bou Hanna occupe depuis le 10 décembre dernier le poste de numéro un de la DINSIC. Ces dernières années, l’institution a vu son champ de compétences considérablement élargi, puisque que l’ancienne DISIC englobe désormais la mission Etalab (chargée d’accompagner l’ouverture des données publiques) ou même l’incubateur de « start-ups d’État ».

L’arrivée de cet entrepreneur au 20 Avenue de Ségur est cependant loin de ressembler à un long fleuve tranquille. L’intéressé a notamment fondé la société 6Tzen, spécialisée dans la dématérialisation des services publics, ce qui n’a pas manqué de faire sourciller la Haute autorité pour la transparence (HATVP). Il y a quelques semaines, un agent de la mission Etalab, fervent militant du logiciel libre, a par ailleurs démissionné en pointant clairement du doigt le successeur d’Henri Verdier.

Voilà maintenant trois mois que vous avez pris vos nouvelles fonctions. Comment se sont passés vos premiers pas en tant que DSI de l’État ?

Le cadre dans lequel j'interviens m’est plutôt familier. Dans ma vie professionnelle précédente, ces dix années en tant qu'entrepreneur, j'ai très souvent été amené à accompagner les ministères, les collectivités territoriales et les établissements publics dans leur transformation numérique. Ce n'est pas donc une grande découverte.

Ce qui est assez frappant, en revanche, et que j'avais probablement sous-estimé, c'est l'attente extrêmement forte qu'il peut y avoir vis-à-vis de la DINSIC – et même du DINSIC – aussi bien en interministériel (DSI, directions métier...) qu'en interne, où il y a aussi je pense un souhait d'avoir des idées claires sur le cap que l'on va construire ensemble.

C'est une agréable surprise que de voir que la DINSIC n'est pas une direction qui est simplement en figuration ou en animation. C'est aussi ce qui m'a convaincu de quitter mes habits d'entrepreneur pour revenir travailler au sein de l’État – cette envie d'impacter la vie des gens, agents publics comme usagers, et faire en sorte que le service public que l'on fabrique soit de meilleure qualité.

Il y a peu, un agent de la mission Etalab a pourtant démissionné, remettant clairement en cause votre feuille de route « utilitariste et court-termiste ». Craignez-vous d’autres défections ?

Lisez la suite : 87 % de ce contenu reste à découvrir

Seuls nos abonnés peuvent lire l'intégralité de cet article.


chargement
Chargement des commentaires...