L’amendement « anti-Huawei », une porte pour les backdoors du renseignement français

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Crédits : Nomadsoul1/iStock
Loi
Marc Rees

Le gouvernement a déposé un amendement au projet de loi PACTE afin de soumettre à autorisation l’exploitation des équipements de réseaux radioélectriques, en particulier ceux relatifs à la 5G. Une mesure qui frappe l’ensemble des équipementiers, notamment le chinois Huawei. Mais le texte offre aussi un pont d’or aux services de renseignement.

La France est « consciente des risques » quant aux équipements fournis par Huawei sur le marché de la 5G. Cette déclaration a été faite mercredi dernier par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, comme le rapporte Reuters.

Plusieurs pays ont déjà annoncé qu'ils ne voulaient pas d'équipementiers chinois (Huawei et ZTE par exemple) : les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'opérateur BT au Royaume-Uni pour ne citer qu'eux. Ils sont parfois accusés d'être à la botte de Pékin et d'installer des portes dérobées, impliquant donc un risque pour la sécurité des futurs réseaux 5G.

De son côté, Huawei a toujours nié en bloc ces accusations et son fondateur était récemment sorti de son silence pour défendre son groupe. Le discours est le même : Huawei serait « une entreprise indépendante [...] engagée à être du côté de ses clients en matière de cybersécurité et de protection des données ». 

Le même psychodrame s’était produit en juillet 2012 lorsque Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin, proposait d’interdire purement et simplement le déploiement et l’utilisation d’équipements de cœur de réseaux des Chinois Huawei et ZTE, au motif qu' ils « présentent un risque pour la sécurité nationale ».

Aux assises de la sécurité à Monaco, la même année, François Quentin, président de Huawei France, nous indiquait au contraire mettre « tout sur la table vis-à-vis des instances gouvernementales ou des instances tierces pour obtenir les certifications dédiées, comme nous l'avons fait en Grande-Bretagne ». Il s’engageait à « ne pas mettre de backdoor » dans ses équipements. 

Les objectifs de l’amendement gouvernemental

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