Altice France revendique 2 millions d'abonnés pour RMC Sport, seulement ?

La dure loi des maths 10
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Crédits : Sergey Nivens/iStock/Thinkstock
FAI
David Legrand

Quelques mois après le lancement de son bouquet sportif, SFR commence à faire ses comptes. Officiellement, tout va bien avec un joli score de 2 millions d'abonnés. Mais avec des tarifs peu élevés et des droits qui se comptent en centaines de millions d'euros par an, cela apparaît un peu court. 

Lancé cet été, mais déjà disponible sous le nom de SFR Sport dans les précédentes offres de l'opérateur, le bouquet de chaînes passe un premier palier. Officiellement, cela a de quoi satisfaire la direction, après de gros déboires lors de l'arrivée de la Ligue des champions qui ont menés à une compensation financière.

Selon nos confrères de l'Équipe, l'OTT reste le parent pauvre avec seulement 150 000 abonnés, dont 114 000 sur le dernier trimestre. Pour rappel, ces clients-là payent 19 euros par mois, contre 9 euros (et même parfois 5 euros) pour les abonnés SFR. Le bouquet sert d'ailleurs à les retenir, à travers des offres à bas prix comme celle proposée par RED en ce moment.

Ces chiffres ne concernent bien que les abonnés, qui ont accès aux championnats Premium, à travers les offres et différentes applications de SFR, mais aussi le bouquet satellite de Canal+.

La douloureuse question des revenus

Altice ne communique par contre pas sur le revenu moyen par abonné, pourtant crucial. Ses derniers résultats confirment le manque de volonté de transparence des équipes de SFR sur ce point. Les résultats de RMC Sport ne sont ainsi pas détaillés. Tout juste apprend-on qu'Altice TV, qui gère les droits du groupe est en perte, avec 300 millions d'euros de dette.

Vu la situation, Patrick Drahi et Alain Weill préfèreront sans doute arguer que leur stratégie de convergence entre les tuyaux et les contenus se veut globale, et ne peut s'embarrasser de détails comme le revenu d'un service par rapport à d'autres. Il faut regarder l'image dans son ensemble. Mais SFR Presse, qui a lui aussi connu son lot de problèmes et de refontes ces derniers mois ou l'offre Cinéma du groupe permettront-ils de faire la différence ? On peut en douter.

Tout cela risque plutôt de peser lourd sur les finances d'Altice, malgré les félicitations officielles. Car si atteindre 2 millions d'abonnés apparaît comme un joli score, surtout avec un objectif à 3 millions à terme, il semble surtout insuffisant.

L'instant calculette

Rien que pour les droits de la Ligue des champions, et la Ligue Europa le groupe a investi 350 millions d'euros par saison, sur trois ans. À cela, il faut ajouter 100 millions pour la Premier League, soit un total de 450 millions d'euros par an. Un montant qui ne prend pas en compte les autres sports qui font partie du bouquet. 

Mais il met aussi de côté le financement des émissions, les locaux, les animateurs, journalistes et autres personnels, intermédiaires techniques, les investissements publicitaires et autres coûts d'acquisition.

Pourtant, rien que pour rentabiliser la dépense « de base » avec 2 millions d'abonnés, il faudrait à SFR un revenu (et non un tarif de vente TTC) de 19 euros par abonné et par mois. Avec 3 millions d'abonnés, ce chiffre tombe à 12,5 euros. Autant dire que l'on est encore loin du compte et qu'il faudra compenser ailleurs. Notamment à travers la publicité ?

Altice va donc devoir accélérer pour rentrer dans ses frais, d'autant que les droits peuvent rapidement passer à la concurrence et changer la donne. Ainsi, la Premier League retournera chez Canal+ dès 2019. Cela allègera les dépenses, mais les clients suivront-ils le même chemin ? Rien n'est moins sûr, RMC Sport étant proposée sans engagement.


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