Fedora 29 disponible : sans grandes nouveautés et pourtant réussie

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Vincent Hermann

Automne oblige, les nouveaux systèmes d'exploitation s'enchainent. Après une Ubuntu 18.10 particulièrement calme, la très moderne Fedora 29 débarque. Malgré des orientations différentes, le constat reste : peu de nouveautés mais une utilisation des plus agréables.

Fedora est intéressante à plus d’un titre. Elle est depuis longtemps le petit laboratoire dans lequel Red Hat fait ses essais. Conséquence, elle est l’une des distributions les plus « à la pointe », ne rechignant pas à intégrer les toutes dernières versions des paquets. Elle a par exemple été la première à basculer sur le serveur d’affichage Wayland par défaut.

Sa nouvelle version 29 ne présente pour autant pas une grande liste de nouveautés. Il s'agit surtout d'une évolution générale de la distribution, sans apport majeur. Mais les utilisateurs ont des chances de l’apprécier, le système se montrant particulièrement véloce.

Installation et premiers pas : pas le temps de niaiser

L’installation d’une Fedora ressemble à beaucoup d’autres, du moins au début : on télécharge une image ISO Live, qui permet de s’essayer au système puis de l’installer. Un assistant guide l’utilisateur dans ses choix, réduits au strict nécessaire.

L’utilisateur n’aura en effet que peu de sélections à faire, surtout si les choix par défaut lui conviennent. Seul l'outil de partitionnement nous parait toujours améliorableles contrôles d’interface n'étant pas nécessairement là où on les attend. En clair, certains ne sauront peut-être pas où cliquer. Si vous avez réservé une partition dédiée, vous pouvez laisser Fedora s’en occuper, le bouton de validation étant en haut à gauche.

L’installation est très rapide et sans surprise. À la fin, l’utilisateur règle quelques options de confidentialité, active un ou plusieurs comptes en ligne puis est invité à entrer son nom, son identifiant et son mot de passe. On aurait aimé, à l’instar d’Ubuntu, que ces choix se fassent pendant l’installation, afin que le processus suive son cours et enchaine sur le redémarrage et l’affichage du bureau.

Bon point pour ce dernier, sans être nouveau : un assistant accueille l’utilisateur pour l’orienter vers tous les maniements principaux. Lancement des applications, navigation entre les tâches, utilisation des fenêtres, tâches courantes ou encore lien vers le manuel sont ainsi présents.

Une fois la fenêtre fermée, le système est prêt.

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Bureau et applications : aucune rupture

Les améliorations dans ce domaine sont celles que l’on attend d’une distribution habituellement : une mise à jour générale des paquets. Cela ne signifie pas pour autant que Fedora 29 est sans intérêt, loin de là.

Les utilisateurs de la version classique sous GNOME récupèreront la version 3.30 de l’environnement. On ne s’étendra pas sur les nouveautés, déjà décrites dans notre article sur Ubuntu 18.10. Rappelons quand même que cette version améliore nettement la réactivité générale et diminue la consommation de mémoire vive de la session et des processus principaux.

Fedora fait toutefois un choix différent de Canonical sur le gestionnaire de fichier Nautilus. Si Ubuntu 18.10 gardait la version 3.26, Fedora 29 inclut bien la 3.30. L’ergonomie en est modifiée sur plusieurs points, dont la barre titre qui affiche désormais un fil d’Ariane, en lieu et place des anciens gros boutons de contrôle.

Chaque élément peut faire l’objet d’un clic droit pour afficher des actions comme l’ajout aux signets, l’accès aux propriétés ou l’ouverture d’un terminal depuis le dossier. Plusieurs autres améliorations sont de la partie, dont la recherche aussi intégrée dans la barre titre, ainsi qu’une adaptation dynamique des icônes en fonction de la taille de la fenêtre.

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Les utilisateurs préférant d’autres environnement auront droit à KDE Plasma 5.13 ou Xfce 4.13. Notez pour ce dernier que sa bascule vers GTK+ 3 est enfin accomplie.

Côté applications, on retrouve bon nombre de noms connus, toujours dans leurs dernières versions : Firefox 63, LibreOffice 6.1.2.1, Evolution 3.30 (fourni avec GNOME), Rhythmbox 3.4.2, Machines 3.30 pour la virtualisation, etc. Fedora se montre particulièrement sobre dans ce domaine, fournissant une base solide à modifier.

La partie développement fonctionne sur le même principe. On retrouve donc toute une liste de paquets de base : binutils 2.31, glibc 2.28, Node.js 10, Python 3.7, Ruby on Rails 5.2, Perl 5.28, Go 1.11, MySQL 8, OpenJDK 11 (LTS) ou encore Haskell Strackage 11.

Système et administration

Comme la plupart des distributions sortant actuellement (l’automne est toujours une période riche en nouveautés), Fedora 29 embarque un noyau Linux 4.18. De ce côté, rien de particulier à noter, excepté peut-être la classique amélioration des pilotes graphiques open source intégrés, surtout côté AMD.

Les utilisateurs de vieilles machines devront en revanche faire attention. Les paquets i686 sont désormais compilés avec les instructions SSE2. Ces dernières ont beau être disponibles depuis bien longtemps (elles sont arrivées avec les Pentium 4), elles bloqueront l’évolution de Fedora sur du matériel trop ancien. Gageons que les cas ne devraient cependant pas être nombreux, le système étant connu pour privilégier la nouveauté. À ce titre, Wayland est toujours bien sûr le serveur d’affichage par défaut.

Surtout, la nouvelle version généralise un comportement introduit dans la précédente, mais uniquement pour sa déclinaison Server : la gestion modulaire des paquets. La plupart peuvent ainsi avoir plusieurs versions installées parallèlement. Chaque version a son propre cycle de vie, permettant aux développeurs notamment de résoudre certains problèmes entre plusieurs moutures d’un même framework ou langage.

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Parmi les autres changements importants, signalons un meilleur support des cartes FPGA, la prise en charge de TLS 1.3, un début de support de Wayland pour les sessions distantes, la compatibilité complète avec la spécification FreeDesktop.org Boot Loader, l’utilisation de la ZRAM pour accélérer le swap dans les versions ARM7 et AArch64 ou encore l’invisibilité par défaut du menu GRUB si seule Fedora est installée.

Autre évolution de taille, mais ne concernant pour l’instant pas le grand public : l’édition Workstation Atomic renommée en Silverblue. C’est le pendant client d’Atomic Host. Les versions Atomic sont pour rappel destinées aux infrastructures basées sur les conteneurs logiciels.

Ce sont des systèmes dits « immuables », fournissant une base plus solide pour des flux de travail entièrement basés sur des conteneurs. L’ensemble doit donc se montrer plus robuste, avec des mises à jour plus fiables et des mécanismes efficaces de retour en arrière si nécessaire. Le système utilise principalement rpm-ostree et les paquets Flatpak. Actuellement, l’équipe de développement estime qu’elle sera réellement prête pour Fedora 30. Ces versions prendront alors beaucoup plus d’importance.

Tout comme Ubuntu 18.10, une évolution toute en douceur

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de révolution à attendre de Fedora 29. Les habitudes ne seront clairement pas bouleversées et tout sera à la même place.

Pour autant, la mise à jour risque de paraître très agréable aux utilisateurs : la même distribution mais plus moderne et réactive. Car oui, Fedora 29 est particulièrement rapide. Sur une configuration moderne, les animations sont très fluides et le système réagit au quart de tour. Dans une machine virtuelle volontairement limitée en puissance (2 Go de mémoire vive, disque dur classique, pas d’accélération 3D), l’ensemble a maintenu une fluidité satisfaisante.

L’orientation de Fedora ne la destine cependant pas à toutes les mains. Ceux qui apprécient un système composé autant que possible de paquets LTS (Long Term Support) n’y trouveront toujours pas leur bonheur, car Fedora continue de courir après les dernières nouveautés et les versions les plus récentes des paquets. Elle garde donc son statut de laboratoire de test pour Red Hat.

Nous n’avons pas utilisé Fedora 29 aussi longtemps qu’Ubuntu 18.10, mais aucun problème ne s’est manifesté durant nos sessions. Bien que ces deux moutures suivent des objectifs très différents, la sensation finale est paradoxalement la même : une maturation de l’existant et de crus solides. Les prochaines évolutions seront cependant moins calmes.


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