GeForce RTX 2070 : un prix de départ de 519 euros, des cartes dépassent déjà les 730 euros

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David Legrand

NVIDIA met aujourd'hui sur le marché sa GeForce RTX 2070, annoncée à partir de 519 euros. Mais dans la pratique, ces cartes sont encore assez peu disponibles et peuvent grimper à plus de 700 euros selon les modèles.

Annoncée pour ce 17 octobre, la GeForce RTX 2070 a vu le jour de publication de ses tests finalement avancé d'une journée. Un choix d'autant plus étonnant que les choses ont été chaotiques.

Les testeurs ont en effet reçu les cartes assez tard de la part des partenaires de NVIDIA, principalement MSI avec ses modèles Armor et Gaming Z. Du côté des revendeurs, tout ne semblait pas prêt ces derniers jours, mais un point a longuement fait débat dans les coulisses : le tarif public.

De quoi interroger sur la façon dont les constructeurs organisent leur lancement et gèrent leurs politiques tarifaires.

Être moins cher que la Radeon RX Vega 64

Proposé « à partir de 499 dollars », ce modèle ne pouvait reproduire le schéma des RTX 2080 (Ti) qui s'affichaient comme chères. Celles-ci avaient deux avantages de poids pour séduire les adeptes de modèles haut de gamme : l'une s'opposait seulement à l'actuelle GTX 1080 Ti (en faisant mieux), l'autre est pour le moment sans concurrence.

La RTX 2070 se trouve, elle, sur un marché où la frénésie de la nouveauté est moins un déclencheur d'achat. Surtout, elle se retrouve face aux GTX 1080 (500 euros) et Radeon RX Vega 64 (550 euros). AMD avait d'ailleurs prévu le coup, non pas avec une baisse du prix, mais en proposant un bundle intégrant le dernier Assassin's Creed Odyssey d'Ubisoft.

Si le dernier bébé de NVIDIA garde la tête dans les tests, il devait donc s'afficher à un tarif raisonnable dans les boutiques pour séduire. Le tout en gardant sa promesse de fonctionnalités supplémentaires à l'avenir, comme DLSS ou le ray tracing. C'est donc sur la tarification que la société a porté une bonne partie de son attention ces derniers jours.

519 euros en France... 

Après de difficiles négociations, il a ainsi été annoncé à la presse que le tarif de départ serait de 519 euros en France. Le modèle Founders Edition passant de 639 euros à 629 euros. Mais voilà, dans beaucoup de cas, il s'agit du tarif d'achat HT des revendeurs pour une RTX 2070. NVIDIA l'assure néanmoins, on devrait bien trouver ce prix.

Cela ne devrait concerner que quelques marques habituées des tarifs plancher comme Gainward, Inno3D ou KFA2. Leur ventilation sera ultra basique, tout comme leurs fréquences ou leur capacité d'overclocking. Mais elles auront le mérite d'exister et de permettre à ceux qui veulent le prix le plus bas de ne pas aller voir ailleurs.

Pour obtenir ce résultat, NVIDIA a activé ses programmes partenaires et autres « incitations » pour que tout le monde rentre dans le rang, du fabricant au distributeur. Le constructeur nous promet ainsi que ce tarif est fait pour durer et ne concernera pas qu'un petit stock de lancement. Un point que nous suivrons bien entendu avec attention.

... et jusqu'à 730 euros pour certains modèles

« Les revendeurs et partenaires s'y retrouveront sur les modèles OC et avec de meilleurs ventirads, mais aussi une fois que la production s'améliorera » nous répond en substance NVIDIA, lorsqu'on l'interroge sur la façon dont a été choisi ce prix.

Ils devront donc accepter de ne pas vraiment gagner d'argent au lancement afin de contenter la marque mais aussi leurs clients, en espérant que ces derniers opteront pour un modèle avec de meilleures caractéristiques. Et sur ce terrain, les partenaires ont mis le paquet, même si aucune carte n'est en stock. Les premières devraient arriver la semaine prochaine.

LDLC est pour le moment l'un des rares à avoir mis en vente la RTX 2070, avec effectivement un modèle Inno3D à 520 euros. Celui de Gigabyte commence à 540 euros (mais est indiqué en rupture) alors que l'Armor de MSI, largement testée, est à 570 euros. On la retrouve néanmoins à 520 euros chez Materiel.net (qui appartient à LDLC), comme un modèle EVGA.

Ensuite, les tarifs s'envolent, de 600 euros à plus de 730 euros pour le modèle STRIX d'Asus :

GeForce RTX 2070 Tarifs

Une augmentation de près de 42 % qui ne sera bien entendu pas suivie dans les performances. L'overclocking natif ou même à espérer de ces modèles restant assez mesuré. Cela ne les empêche pas d'avoir du succès, les clients étant en général friands de gros ventirads et autres modèles « qui envoient du lourd », même s'ils apportent peu en pratique.

Sur de telles cartes graphiques, la marge du constructeur et du distributeur est effectivement bien plus confortable. Pour ce dernier, elle peut dépasser les 10 %, ce qui reste faible dans le secteur du commerce mais plutôt dans la moyenne haute dans la vente en ligne de composants informatiques complexes, surtout les GPU.

Lancements douteux, tarifs et pressions : les constructeurs tirent sur la corde

Le cas de NVIDIA n'est d'ailleurs pas isolé lorsque l'on regarde l'évolution des lancements et des politiques tarifaires de ces dernières années, tant du côté des processeurs que des cartes graphiques.

Le cas d'école est bien entendu celui des Radeon RX Vega. Assez peu commenté à l'époque, il avait pourtant tout de scandaleux, du tarif TTC inférieur au prix d'achat HT des revendeurs, au partenariat avec LDLC pour quelques centaines de pièces histoire de donner un semblant de réalité à cette annonce.

Intel n'est pas en reste avec ses nouveaux Core de « 9ème génération ». Le constructeur est dans l'incapacité de livrer les revendeurs et ses partenaires depuis des semaines sur de nombreuses références, mais croit bon de tout de même lancer de nouvelles puces. Pourquoi ? Pouvoir claironner qu'il dispose du « processeur le plus puissant du marché pour les jeux ».

Dans la pratique, ce modèle annoncé à 488 dollars s'affiche à 700 euros, sans stock disponible. Les revendeurs n'ont pas souhaité commenter leurs motivations, mais l'on imagine qu'Intel pourrait leur en vouloir de ne pas référencer ce modèle haut de gamme. Le constructeur pourrait alors être accusé d'organiser un « paper launch ».

Core i9-9900K Tarif

Le tarif en hausse lui permet au contraire de balayer les critiques d'un « ce n'est pas de notre faute si la demande est supérieure à l'offre ». Pour les boutiques, l'enjeu est surtout de ne pas vendre en masse un produit dont elles ne savent pas très bien dans quelles conditions, et dans quelles quantités, il leur sera livré.

L'augmentation à 700 euros limite ainsi sans doute les ventes à quelques « inconscients » (ou early adopters) pour le moment, et de s'assurer une marge confortable sur les quelques pièces qui finiront par arriver dans les stocks à court terme. Quitte à être critiquées d'ici un retour à la normale, quand la production d'Intel sera capable de suivre. 

Et si on pensait un peu au consommateur ?

Finalement, le grand perdant reste souvent le consommateur. Face à des lancements précipités, des tarifs qui explosent, des cartes affichées à un tarif raisonnable au forceps, des stocks assez peu remplis, des fonctionnalités qui manquent, etc. 

Les constructeurs feraient sans doute mieux de préparer de manière plus consciencieuse leurs lancements, et de commencer à accepter que le client final ou les partenaires ne peuvent pas être la variable d'ajustement de leur communication, lorsque la production ou les avancées du côté logiciel ne suivent pas.

Le cas des RTX restera sans doute à ce titre un bon exemple de ce qu'il ne faut pas reproduire dans les années à venir. Annoncées en août, détaillées en septembre, difficilement mises sur le marché entre septembre et octobre (les RTX 2080 Ti Founders Edition devraient revenir jeudi dans la boutique de NVIDIA), elles n'auront droit à leurs premiers patchs RTX et DLSS que dans les semaines à venir, GeForce Experience devant être mis à jour avec Ansel RTX dans la même période.

Ainsi, on se demande pourquoi elles n'ont pas plutôt été lancées puis mises sur le marché en octobre/novembre, lorsque tout était vraiment prêt. Peut-être une histoire de trimestre fiscal d'avance à combler, à moins que ce soit simplement la volonté d'aller trop vite pour profiter de la vague de la rentrée.

Une chose est sûre, les constructeurs ont encore une marge de progression énorme.


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