Un serveur, une baie, une lame, un rail, 1U : c'est quoi ?

Home Lab pour tous ! 47
Accès libre
image dediée
Crédits : iStock/ThinkStock
Serveurs GUIDE
David Legrand

Le monde des serveurs et autres datacenters paraît éloigné de celui des PC, mais la séparation est de plus en plus fine. Nombreux sont ceux qui utilisent une armoire informatique à la maison pour stocker des machines et autres NAS. Petit tour des termes et éléments à connaître pour bien démarrer.

Alors que nous allons évoquer de manière croissante l'univers des serveurs et de leur composition, il nous semblait utile de revenir sur quelques fondamentaux et autres définitions. En effet, ce secteur dispose de termes et notions assez spécifiques, dont le sens n'est pas toujours bien compris. 

Nous avons donc décidé de revenir sur ces éléments qui peuvent aussi bien composer un datacenter qu'un simple « Home Lab ». De quoi vous permettre de mieux comprendre certains termes que nous serons amenés à utiliser de manière courante.

Au commencement était l'U

La première notion à assimiler est l'unité de rack, ou U. Il s'agit tout simplement de l'unité de mesure utilisée pour définir la hauteur d'un élément. Elle équivaut à 1,75" ou 44,45 mm et s'exprime sous la forme de multiples.

On peut ainsi dire d'un serveur qu'il est de type 2U ou 4U pour indiquer qu'il mesure 88,9 mm ou 177,8 mm de haut. Dans le cas d'une baie informatique, on précisera qu'elle peut accueillir jusqu'à 24U par exemple. 

Cette unité a été définie par l'Electronic Industries Alliance (EIA), qui a depuis été remplacée par l'Electronic Components Industry Association (ECIA), au sein de l'EIA/ECA-310-E servant de base à d'autres standards internationaux pour les éléments relatifs à la constitution d'une baie informatique.

Deux rails, et c'est parti !

Une baie peut être désignée par différents noms, parfois selon sa taille ou sa composition. Certains parleront ainsi plutôt d'armoire, de bâti-rack ou de coffret. En anglais les deux termes principaux sont rack ou cabinet.

Dans la pratique, cela désigne un élément permettant d'accueillir différents modules. Des serveurs, bien entendu, mais également des NAS, des éléments d'alimentation (multiprises, UPS), relatifs au réseau (switch, panneau de brassage), ou encore des appareils plus classiques posés sur de simples étagères.

Lorsque les éléments sont surtout relatifs à une installation réseau ou aux télécoms, on parle en général de baie de brassage ou d'armoire réseau. Cela peut d'ailleurs avoir une incidence sur le format comme nous le verrons plus loin.

QNAP 1U
Schéma d'installation d'un rack 1U QNAP

Pour composer une baie, deux rails suffisent avec une règle principale dans le domaine informatique : la longueur totale (de gauche à droite) doit être de 19", soit 482,6 mm. La longueur d'un élément est fixée à 450 mm. Les trous de fixation, eux, sont séparés de 465 mm. En hauteur, ils sont espacés en alternance de 31,8 mm (1,25") et 12,7 mm (0,5").

La profondeur ne suit pas de règle particulière, il faut donc faire attention à ce point lors de l'achat d'un rack. On trouve ainsi de petits modèles de 6U/9U à 400 mm de profondeur. Ils ont en général vocation à accueillir des composants réseau, qui ne sont pas très profonds, et autres serveurs assez simples.

Mais cela peut facilement aller jusqu'à 600/800 mm voire un mètre pour des racks destinés à accueillir de gros serveurs. 

Fixation, ventilation... imagination

Un rack peut aussi bien être fixé au sol que posé sur roulettes ou vissé à un mur. Là aussi, il n'y a pas de règle et chacun pourra faire comme il souhaite. À peu près toutes les possibilités sont disponibles sur le marché.

N'allez d'ailleurs pas chercher que chez les revendeurs dans le domaine informatique, le rack de 19" étant également un standard utilisé dans le domaine de l'audio. Certaines boutiques comme Thomman seront ainsi bien plus équipées en références intéressantes pour de petits besoins qu'un Amazon et autres LDLC.

On imagine assez souvent que l'utilisation d'une armoire informatique implique une grosse nuisance sonore, un préjugé qui a la vie dure en raison de leur utilisation massive dans des datacenters. Dans un tel environnement, le bruit n'est en effet pas un problème de premier plan et la ventilation des composants est souvent unifiée au sein d'un même serveur.

 Racks ServeursLackRack
Un format, différentes possibilités - Plusieurs racks commercialisés / Une implémentation du LackRack

C'est pour cela que vous verrez souvent des cartes graphiques passives et de simples dissipateurs pour les CPU. De nombreux ventilateurs sont alors placés en tête du serveur et soufflent à pleine vitesse afin d'évacuer la chaleur. Mais si vous voulez utiliser un dispositif plus classique et silencieux, c'est possible. 

Il ne faut aussi pas oublier que l'utilisation d'un rack à la maison peut permettre l'installation d'appareils dans une pièce à vocation technique, où l'on se rend peu souvent comme un débarras, un garage ou un sous-sol par exemple. Le bruit généré par la machine pourra alors devenir plus secondaire, au profit d'un meilleur refroidissement.

Tout cela a néanmoins un coût, qui peut vite atteindre quelques centaines d'euros. C'est pour cela que certains préfèrent opter pour des solutions « maison ». Le cas du célèbre LackRack, basé sur une table IKEA, en est l'exemple parfait.  Mais avec un peu de recherche, vous trouverez de nombreux autres exemples (ici ou ).

Votre PC dans un châssis de serveur

Dans sa forme classique, un serveur est un PC classique, monté à plat. Vous pouvez l'acheter tout fait, ou le construire vous-même. Contrairement à une tour, il ne sera pas positionné à la verticale et l'on retrouve donc les composants les uns à côté des autres, un peu comme dans un PC de salon au format « magnétoscope ». Mais il a d'autres spécificités.

Outre les habituels connecteurs, diodes et boutons, on trouve souvent des baies de stockage amovibles en façade, un peu comme dans un NAS, pour effectuer un remplacement à chaud. L'alimentation est d'un format plus long et moins large que l'ATX, permettant d'en utiliser deux dans un serveur pour assurer une redondance. Elles sont ainsi parfois proposées sous la forme d'une cartouche permettant là aussi un remplacement à chaud.

Certains constructeurs permettent à l'inverse d'utiliser des composants au format ATX classique des PC grand public. C'est notamment le cas de Silverstone et son SST-CS350B qui peut être utilisé aussi bien sûr des pieds que monté dans un rack. Il propose des ports USB 3.0 et des racks de 3,5" amovibles en façade, il est disponible pour un peu moins de 300 euros.

Silverstone SST-CS350BSilverstone SST-CS350B 
Le SST-CS350B de Silverstone et son système de rail à fixation facile

Notez que pour un châssis de cette taille et de ce poids, une fixation frontale ne suffit pas et il faut au minimum utiliser une étagère ou des équerres afin de le soutenir. En général, des rails télescopiques sont proposés, mais ils sont le plus souvent en option et peuvent coûter cher, ce qui alourdira la note.

Autre point crucial : la question de l'accès à distance. En effet, dans un rack, point d'écran, de clavier ou de souris... enfin presque. Il existe en effet une sorte de portable qui peut être reliée à telle ou telle machine pour la contrôler si nécessaire. On parle alors de console KVM (Keyboard Video Mouse). Comptez tout de même plus de 600 euros l'unité.

D'autres solutions peuvent être utilisées comme extender HDMI/USB via RJ45 à partir d'une centaine d'euros, ou un switch avec des KVM sur IP pour gérer différentes machines pour couvrir un besoin professionnel. Certaines cartes mères embarquent une solution IPMI/iKVM permettant un contrôle permanent à distance (même dans le BIOS/UEFI) assez complet avec par exemple le montage d'ISO ou de périphériques locaux.

Intel propose une telle solution nativement au sein de son offre vPro. On peut aussi se reposer sur une gestion logicielle qui fonctionnera hors des cas où la machine et son OS sont hors service.

Le cas du serveur lame

Notez enfin qu'il existe un autre format assez courant : la lame (ou blade). Ici, le serveur est placé à la verticale, et s'insère comme une cartouche dans un ensemble ou certains composants sont mutualisés comme l'alimentation ou la ventilation. L'objectif est ainsi d'améliorer la densité et de réduire la taille nécessaire. 

Ainsi, un serveur 10U BladeSystem C7000 de HPE peut par exemple accueillir 16 lames contenant chacune un ou deux processeurs, de la mémoire, du stockage et de la connectique. Le tout étant enfichable à chaud.

HPE BladeSystem C7000


chargement
Chargement des commentaires...