Pluie d’étoiles filantes : de bonnes conditions pour profiter des Perséides

Par les météores de Pégase 33
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Crédits : stock_colors/iStock
Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Ce mois d'août est décidément une aubaine pour les astronomes, y compris les amateurs. Après l'éclipse totale de Lune la plus longue du XXIe siècle, notre satellite naturel se fait discret ce week-end pour laisser place à la pluie de météores des Perséides, dont le pic d'activité est prévu pour dimanche soir.

Pour peu que le ciel soit suffisamment dégagé, observer une pluie d'étoiles filantes (un terme impropre, mais largement utilisé) est un spectacle qui plait généralement à toutes les générations. Nul besoin d'un instrument pour en profiter, il suffit de s'installer dans une zone avec le moins de pollution lumineuse possible et de regarder le ciel à l'œil nu.

Les Perséides reviennent tous les ans à la même période et sont également connues sous le nom des « larmes de Saint Laurent », mort en martyr en 258. Sa fête liturgique tombe le 10 août, en plein apogée des Perséides, il n'en fallait pas plus pour faire une association entre les deux. Mais d'où viennent ces objets célestes brulés à très grande vitesse dans l'atmosphère ? 

Des restes de la comète Swift-Tuttle... mais pourquoi parle-t-on de Perséides ?

Ils proviennent de la comète glacée 109P/Swift-Tuttle, tournant autour du Soleil en 133 ans environ. Son dernier passage au périhélie – c'est-à-dire au plus près du Soleil – date de 1992. Le prochain se déroulera donc en 2125, puis en 2258, etc. La comète a été découverte en 1862, de manière indépendante par deux astronomes américains : Lewis Swift et Horace Tuttle.

Ce n'est évidemment pas la comète en elle-même qui interagit avec notre atmosphère, mais les débris qu'elle laisse derrière elle, plus nombreux lorsqu'elle se rapproche de notre étoile : « Lorsque les comètes font le tour du Soleil, les poussières qu'elles dégagent progressivement se répandent sur un sentier autour de leurs orbites. Chaque année, la Terre traverse ces sentiers, permet aux débris d'entrer en collision avec notre atmosphère, où ils se désintègrent pour créer des stries enflammées et colorées dans le ciel » explique l'agence spatiale américaine.

Le site Meteors Showers permet de suivre les principaux essaims de débris, les trajectoires des comètes dont ils sont issus, la position des planètes et leur orbite dans notre système solaire. Il est même possible d'avancer dans le temps pour voir comment se comporte tout ce petit monde.

Voici deux captures d'écran en ce mois d'août.

Perséides aout 2018 Perséides aout 2018
Crédits : Meteor Showers. Sur la deuxième image, l'orbite de la Terre est en bleue, Jupiter est en jaune.

De petits cailloux à 200 000 km/h brûlés dans l'atmosphère

Il s'agit de débris rocheux dont la taille est généralement comprise entre un grain de sable à un petit pois dans le cas des Perséides. Ils pénètrent dans l'atmosphère à environ 60 km/s, soit pas loin de 200 000 km/h tout de même. Ils sont rapidement brûlés, généralement en moins d'une seconde, même si le phénomène peut parfois durer un tout petit peu plus longtemps.

S'il s'agit de poussières et cailloux provenant de Swift-Tuttle, d'où vient alors le nom Perséides, sans aucun rapport avec celui de la comète ? « Les Perséides tirent leur nom de la constellation de Persée, d’où elles semblent rayonner » explique l'Agence spatiale européenne. Elles peuvent néanmoins « apparaître n’importe où dans le ciel », d'où l'importance d'avoir un champ de vision le plus large possible.

S'il n'y a pas de danger pour les humains vivant sur la Terre ferme, le passage dans un essaim de débris n'est pas forcément de tout repos pour les satellites artificiels encore en opération autour de la Terre, la Station spatiale internationale et les vols habités, rappelle l'observatoire de Paris. 

Perséides essaim poussières Terre
Crédits : Cité de l'espace

Swift-Tuttle surveillée de près par les scientifiques

Swift-Tuttle est relativement grande : son noyau mesure 26 kilomètres, soit « plus de deux fois la taille de l'objet supposé avoir mené à la disparition des dinosaures » précise la Nasa... et avec une vitesse quatre fois plus élevée ajoute l'Esa. Cette dernière précise qu'en tant que « plus grand objet du système solaire (hormis la Lune) passant régulièrement à proximité de la Terre, les mouvements de la comète Swift-Tuttle ont été minutieusement étudiés par des scientifiques du monde entier ». Une collision pourrait en effet avoir des effets dévastateurs.

La trajectoire des 2 000 prochaines années a ainsi été calculée et, bonne nouvelle, il n'y a pas de danger pour la Terre. La comète passera ainsi à plus de 22 millions de km lors de ses deux prochains passages à proximité de la planète bleue.

Une rencontre à moins de 1,6 million de km est aussi prévue pour... 4479. C'est environ quatre fois la distance Terre-Lune et largement supérieur à d'autres objets célestes qui nous frôlent régulièrement.

L'apogée dans la nuit du 12 août

Quoi qu'il en soit, le passage dans l'essaim des Perséides a déjà commencé depuis mi-juillet et se terminera fin août (aux alentours du 24), avec son apogée dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 août. Jusqu'à 100 à 150 étoiles filantes par heure sont attendues à ce moment-là.

Perséides essaim poussières Terre
Crédits : Cité de l'espace (oui, l'image n'est pas à l'échelle...)

Il existe plusieurs autres périodes où la Terre passe dans un essaim de débris, généralement laissé par une comète. Souvent, « les pluies portent le nom de la constellation dont elles semblent venir, par exemple les Géminides en décembre pour la constellation des Gémeaux » explique la Cité de l'espace.

Une liste des principaux essaims est disponible par ici. Si nous parlons de celui des Perséides, c'est que l'activité y est généralement intense et se déroule durant l'été, une période propice à ce genre d'observation pour le commun des mortels. 

La Lune se « cache » pour vous laisser profiter du spectacle

Durant l'apogée de cet événement, la nouvelle Lune permettra de scruter le ciel dans de bonnes conditions de luminosité. En effet, seule la partie cachée de notre satellite naturel sera « visible », laissant ainsi le ciel sombre et rendant d'autant plus visible la pluie d'étoiles filantes. Comme pour l'éclipse de Lune avec Mars en opposition, le balai des astres a décidé de s'accorder pour donner le meilleur spectacle possible.

Vous souhaitez prendre des photos ? L'Esa prodigue quelques conseils basiques : « Fixez votre appareil photo sur un trépied, utilisez un objectif grand-angle et des paramètres ISO élevés en raison de l’obscurité. Réglez la vitesse d’obturation entre 10 et 15 secondes, voire plus longtemps dans les endroits très sombres. Avec un peu de chance, vous parviendrez à immortaliser le passage d’un ou plusieurs météores ! ». N'hésitez d'ailleurs pas à partager vos astuces, réglages et photos dans les commentaires.

Si vous loupez le coche cette année, pas d'inquiétude les Perséides reviennent tous les ans, exactement à la même période. Pour l'Agence spatiale européenne, cette période est aussi l'occasion de rappeler une triste vérité : « notre planète a déjà été visitée par d’immenses roches spatiales cosmiques et elle peut de nouveau l’être ».

Perséides
Crédits : ESA

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