DAS trop élevé : trois smartphones mis à jour (Pixi 4, Honor 8 et Echo Plus), un retiré de la vente

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Crédits : trilok/iStock
Smartphones
Sébastien Gavois

L'ANFR épingle quatre fabricants de smartphones à cause d'un DAS trop élevé. TP-Link a décidé de retirer du commerce son Neffos X1, tandis qu'Alcatel, Echo et Huawei déploient des mises à jour pour baisser le niveau d'émission.

Le DAS, ou débit d'absorption spécifique, représente la quantité d’énergie d'un équipement, par exemple un téléphone mobile, absorbée par l’organisme sous forme de chaleur par unité de temps. Il existe plusieurs mesures effectuées à divers endroits du corps : tête, tronc et membre, avec des maximums et un protocole (mis à jour en 2016 pour être plus strict) à respecter à chaque fois (2 W/kg). 

Comme nous l'avons déjà expliqué, l'ANFR procède à des mesures sur des smartphones saisis dans le commerce afin de vérifier les allégations des constructeurs. Les rapports qui en résultent faisaient l'objet d'une publication partielle avec le DAS maximum, jusqu'à récemment.

Car au mois de mars, l'ANFR a publié les rapports complets (plusieurs dizaines de pages à chaque fois) de pas moins de 442 appareils, tous ayant passé les tests avec succès. Cela ne signifiait pour autant pas que l'ensemble des mobiles passés entre les mains de l'agence étaient conformes.

Après Orange, au tour d'Alcatel (TCL), Echo (Modelabs), Huawei et TP-Link

« On a des téléphones dont les chiffres ne sont pas bons », nous affirmait à l'époque Gilles Brégant, directeur de l'ANFR, sans pouvoir nous donner plus de détails, car les procédures étaient toujours en cours.

En pareille situation, l'ANFR contacte le fabricant : « On constate les défauts, on les communique au constructeur, on lui dit qu'il se met en infraction et on le met en demeure de mettre fin à cette situation ». Le constructeur doit ensuite se mettre en conformité et plusieurs options s'offrent à lui : cesser la production, rappeler les stocks, demander aux clients de retourner leur smartphone et/ou déployer une mise à jour afin de diminuer le DAS.

La première option a été choisie par TP-Link, tandis que TCL, Modelabs Mobiles (fabricant de la marque Echo, lire notre interview) et Huawei ont préféré mettre à jour leurs appareils. Pour rappel, Orange avait déjà rappelé son Hapi 30 pour les mêmes raisons il y a quelques semaines.

TP-Link retire de la vente son Neffos X1 TP902 et bat le rappel

Suite à ses mesures dépassant les limites réglementaires, l'ANFR « prend acte de la décision de la société TP-Link France de retirer le téléphone portable NEFFOS X1 TP902 de la commercialisation et de rappeler les appareils déjà vendus ».

Lors d'une mesure du DAS tronc à une distance de 5 mm (la distance définie par le nouvelle norme de 2016), la face arrière du smartphone est montée jusqu'à 2,52 W/kg, soit 0,52 W/kg au-dessus de la limite réglementaire.

TP-Link a été informé le 12 mars 2018 et le 30 mars la société faisait part de sa décision de retirer le produit du commerce et de rappeler tous les exemplaires vendus en France (16 et 32 Go). Le détail de la procédure est expliqué ici, elle est ouverte jusqu'au 16 août.

Mise à jour pour les Pixi 4-6, Echo Plus et Honor 8

Trois autres fabricants ont été épinglés et, maintenant que la procédure est arrivée à terme, l'ANFR peut communiquer sur le cas des Alcatel PIXI de 4-6 pouces de TCL, Echo Star Plus (ModeLabs) et Honor 8 de Huawei. Suite aux mesures de l'ANFR, « les sociétés TCL, Modelabs Mobiles et Huawei ont pris la décision de réduire la puissance de leurs terminaux via une mise à jour. Cette évolution permet de rendre le DAS localisé "tronc" conforme à la limite réglementaire de 2 W/kg ». 

Elle est automatiquement déployée sur les smartphones concernés et l'ANFR affirme avoir « contrôlé l’efficacité de ces mesures correctives », comme précisé dans ses missions. Pour rappel, elle vérifie également que la démarche n'est pas « trop complexe pour l'usager ». Dans le cas présent il s'agit de mises à jour OTA ne posant donc pas le moindre problème. 

Voici le détail des résultats avant et après la mise à jour :

Des délais parfois très longs entre les mesures et le correctif

Pour le moment, l'ANFR n'a recensé que cinq smartphones non conformes sur 450 smartphones que compte sa base de données publique. D'autres procédures sont peut-être encore en cours suite à des tests déjà effectués, mais impossible de savoir lesquelles tant qu'elles ne sont pas arrivées à leur terme.

Entre les mesures initiales et l'annonce d'aujourd'hui, il s'est parfois écoulé plus d'un an. En effet, la procédure contradictoire avec le constructeur peut prendre beaucoup de temps, d'autant qu'aucune limite de durée n'est définie.

DAS ANFR

Selon l'ANFR, le Pixi 4-6 de TCL était le premier smartphone contrôlé positif à l'excès de DAS le 14 mars 2017. Le Honor 8 de Huawei est ensuite arrivé le 11 mai 2017, le Hapi 30 d'Orange le 15 juillet et enfin les NEFFOS X1 et Echo Star Plus en octobre 2017. Une centaine de smartphones étant testée chaque année, il peut donc y avoir d'autres procédures en cours. 

Les résultats publiés aujourd'hui indiquent que tout est terminé pour les modèles concernés. Aucune sanction n'a visiblement été prononcée, ce qui n'est malheureusement pas une surprise. « Nous n'avons pas la capacité de sanctionner une infraction, seulement de sanctionner la réitération de l'infraction », nous expliquait Gilles Brégant lors de notre précédent entretien.


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