Tech for Good : valse de promesses chez IBM, Google, Microsoft, Uber, Deliveroo, RATP, etc.

Elles n'engagent que ceux qui y croient 55
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Finances
Sébastien Gavois

Comme prévu, Emmanuel Macron a reçu hier de nombreux dirigeants du numérique à l'Élysée. L'occasion de faire moult annonces et promesses sur des sujets aussi variés que l'emploi et l'investissement... mais certains sont restés sous le tapis.

« J'attends de vous des discussions franches et directes pour voir comment faire plus pour améliorer la situation sociale, les inégalités, le changement climatique, et résoudre ensemble ces problèmes collectifs » lâche Emmanuel Macron en guise d'introduction lors de la traditionnelle photo de groupe.

Si de nombreux sujets ont été abordés par les patrons, les questions de vie privée et de fiscalité sont malheureusement restées en retrait. Dommage, alors que l'Europe est justement en ordre de bataille sur ces deux points, particulièrement avec l'entrée en vigueur du RGPD dès demain.

Des recrutements chez IBM et Microsoft

IBM annonce ainsi la création de 1 800 postes en France au cours des deux prochaines années, dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la blockchain, le cloud computing et l’IoT. Pour rappel, la société avait procédé à des licenciements en masse dans l'Hexagone au cours des dernières années.

Microsoft poursuit ses investissements en France et va recruter une centaine d'experts « pour soutenir la mise en place de projets innovants autour de l’IA ». La société va également « offrir un accès privilégié à ses technologies à la communauté de l’IA créée à Station F ainsi qu’aux apprenants de l’Ecole IA Microsoft ».

Uber et Deliveroo vont renforcer la couverture de leurs chauffeurs/livreurs

Uber étendra sa couverture sociale pour ses chauffeurs et coursiers en Europe, dès le 1er juin. Pour rappel, elle est financée par la VTC et proposée en partenariat avec Axa. Elle « sera disponible gratuitement et sans engagement pour plus de 150.000 partenaires éligibles utilisant l'application Uber en Europe, dont plus de 35.000 en France » explique la plateforme dans un communiqué.

De son côté, Deliveroo va investir 10 millions d'euros pour proposer « une assurance santé accidents et responsabilité civile » à ses coursiers partout dans le monde. La société « annonce aussi dans les 2-3 ans 100 millions d'euros d'investissement en France, 2e marché du groupe britannique, pour étendre son implantation et le nombre de livreurs [9.300 pour l'instant] » explique l'AFP.

Accenture, OpenClassrooms et Google misent sur la formation 

Accenture, une société de conseil, « s’engage à aider 150 000 personnes en France d’ici 2020 à acquérir les compétences nécessaires pour trouver un emploi ou devenir entrepreneurs ». La formation est également à l'honneur chez OpenClassrooms, qui vient de lever 60 millions de dollars. La plateforme en ligne « s'engage à former un million de personnes dans le monde chaque année à partir de 2025. Le groupe va aussi former les 250.000 intérimaires Manpower en France » explique nos confrères de l'AFP.

De son côté, Google va débloquer « 100 millions de dollars de dons par Google.org sur les cinq prochaines années pour des projets en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient visant à mettre la technologie au service de l’emploi ». Le géant du Net espère ainsi former « un million de personnes en Europe aux compétences numériques de base ».

L'écologie à la RATP, l'oncologie pour Intel, l'IA un peu partout

La RATP souhaite rejoindre l'Alliance NET ZERO en tant que partenaire fondateur. Elle regroupe une dizaine de grandes entreprises françaises et veut développer « une méthode de neutralité carbone 100 % compatible avec les accords de Paris, avec pour ambition d’en faire la référence mondiale en matière de guide pour la neutralité carbone à destination des entreprises ». Le groupe rappel au passage qu'il s'est fixé pour objectif de « réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50 %, par rapport à l’année de référence 2015, dès 2025 ».

Pêle-mêle, nous pouvons également citer un partenariat entre Intel et l’Institut Curie sur l'utilisation de l'intelligence artificielle pour l'oncologie, l'ouverture par VISA d'un centre d'innovation autour de l'e-commerce et de l'IA à Paris (en plus de ceux de Londres et Tel Aviv) , la promotion de l'égalité des genres et un financement de 5 millions d'euros pour les start-ups dans le tourisme durable par la plateforme Booking.com, une augmentation du nombre de femmes aux postes de dirigeants et « un programme pour les autistes » chez SAP, le soutien de 100 000 entreprises en France (sur 5 ans) par Stripe.

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, n'a visiblement pas fait d'annonce particulière. Il était pour rappel mardi au Parlement européen pour revenir sur le scandale Cambridge Analytica, mais il n'a fait que dérouler un discours déjà bien rodé depuis son passage devant le Congrès américain (lire notre compte rendu). 

Hier, le réseau social avait néanmoins déjà annoncé le renforcement de ses investissements en intelligence artificielle en France avec le financement de 48 bourses et 8 thèses d’ici 2022, le don de 20 serveurs au profit d’instituts de recherche et l'ouverture d’un fonds au bénéfice d’acteurs associatifs et d’intérêt général.

Et maintenant, place à VivaTech...

Après ce premier round déjà bien chargé, les hostilités devraient reprendre cette fin de semaine avec l'ouverture du salon VivaTech jusqu'à samedi. 80 000 participants et 8 000 start-ups sont attendus à Paris. Là encore, plusieurs dirigeants de géants du Net prendront la parole et multiplieront probablement les annonces et autres promesses.


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