Vidéo YouTube sur le site des impôts : une lecture à nouveau obligatoire... et automatique

Mais pour 5 secondes seulement 128
En bref
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Crédits : PeopleImages/iStock
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David Legrand

Après un apaisement hier, la question de la vidéo YouTube imposée sur le site des impôts pourrait revenir sur le devant de la scène. En effet, elle est désormais en lecture automatique, ce qui n'est pas sans incidences, pour un délai de cinq secondes minimum.

Suite à la polémique née ces derniers jours concernant l'obligation de regarder une vidéo YouTube pour entrer sur le site des impôts, la DGFiP avait dans un premier temps fait la sourde oreille, puis avait pris des décisions allant dans le bon sens dans la soirée d'hier.

Ainsi, on pouvait systématiquement passer la vidéo, qui utilisait le mode de confidentialité avancé de YouTube. Celui-ci implique selon le service que « YouTube n'enregistre aucune information sur les internautes qui consultent votre site Web sans regarder la vidéo ». Le site se reposait donc toujours sur la plateforme américaine, mais limitait un peu la casse.

Mais ce matin, nouveau changement d'avis. Nous avons constaté que la lecture obligatoire était de retour, sans confidentialité avancée. La durée exigée pour entrer est par contre plus courte : cinq secondes. Surtout, la lecture est désormais automatique, une pratique contestée, qui ne sert le plus souvent qu'à faire gonfler les compteurs de vues.

YouTube Autoplay DGFiP

Il sera d'ailleurs intéressant de voir si YouTube considère ces vues comme légitimes, la définition étant :

« Une vue correspond au visionnage volontaire d'une vidéo lorsque l'intention première du spectateur est de regarder le contenu en question. Cela signifie qu'une personne physique souhaite regarder une vidéo, la choisit, puis décide de la lire ou non.

Une vue est une valeur qui doit refléter l'intérêt véritable de l'utilisateur, et non une estimation du nombre de personnes ayant regardé votre vidéo par erreur, ou sans s'en apercevoir. »

Cette marche arrière soulève donc à nouveau les questions de la première version : le choix de forcer la main au visiteur d'un site public où il est dans l'obligation de se rendre, la gêne pour ceux qui ne gardent pas leurs cookies, l'utilisation de YouTube comme plateforme renforcée par la lecture automatique.

Hier soir, Emmanuel Macron vantait les avancées européennes en matière de respect de la vie privée et de consentement à travers le RGPD. Cette affaire montre à quel point l'application de ce texte va parfois être difficile. Contactée, la DGFiP n'était pas joignable ce midi pour nous expliquer ce nouveau changement.


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