Bloqueur de publicités de Chrome : EasyList utilisé pour le blocage, de nouveaux détails

Vers l'émergence d'une solution globale ? 33
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David Legrand

Jusqu'alors assez discret sur le dispositif technique de blocage mis en place aujourd'hui dans son navigateur, Google a décidé d'en dire un peu plus. On apprend notamment que les listes d'EasyList sont utilisées en cas d'abus publicitaire détecté.

C'est le grand jour pour le bloqueur de publicité intégré à Chrome, comme nous l'évoquions hier. Annoncé en juin, il a déjà fait l'objet de nombreux points par Google, qui a préparé le terrain afin d'alerter les éditeurs de sites sur ce qui les attend. 

Pour ce dispositif, la société s'est calée sur les recommandations de la Coalition for Better Ads, les Better Ads Standards. Une liste des formats publicitaires à éviter sur mobile et sur ordinateur a ainsi été établie. Les sites concernés ont trente jours pour réagir. S'ils ne le font pas, l'ensemble de leurs publicités sera désormais bloqué et l'utilisateur notifié.

Google s'est enfin décidé à détailler le fonctionnement technique de son bloqueur de publicités. Voici ce qu'il faut en retenir.

EasyList est bien utilisé, les services de Google concernés

Tout a été dit ou presque sur ce dispositif, qui n'était pourtant pas encore testable de manière simple. Google confirme que lorsqu'un site a été détecté comme exploitant des formats publicitaires abusifs, et sans réaction de sa part dans le délai imparti, un blocage total est mis en place. Il se repose sur les listes EasyList.

Pour rappel, un bloqueur de publicité n'est qu'un outil « vide ». Il est simplement capable de bloquer des éléments selon des règles qui lui sont fournies. Celles-ci sont établies dans des listes, le plus souvent communautaires, comme celles d'EasyList qui sont les plus populaires et se gèrent à travers un forum. La version française se trouve par ici.

Comme l'indique Google et comme on peut le voir, ces listes contiennent des services du géant américain, qui seront donc bloqués comme n'importe quelle autre régie. À la différence d'Adblock Plus (ABP) par exemple, il n'y a pas de liste d'éléments non bloqués car considérés (parfois de manière payante), comme des publicités « acceptables ». 

Face aux bloqueurs classiques, une approche différente

Assez ironiquement, avec ABP, il peut arriver à l'utilisateur de voir certaines publicités du réseau de Google faisant partie de la liste d'exceptions, ce qui ne sera pas le cas quand le bloqueur de Chrome sera actif.

Néanmoins, les deux outils ont un autre élément différenciant fort : Google fait le choix de ne pénaliser que les sites  abusant les règles de la coalition, là où ABP, comme les bloqueurs classiques, pénalise tous les sites sans distinction. Seule possibilité de passer entre les mailles du filet : la liste des publicités acceptables, qui peut être désactivée par l'utilisateur. Mais elle n'est de toute façon pas exploitée par d'autres outils, comme uBlock Origin.

Des différences importantes, notamment quand il s'agit de trouver un mode de financement pour les sites proposant un accès libre à tous leurs contenus, qui passe alors par de la publicité. Mais les critères de la coalition – et donc le bloqueur de Google – sont assez peu restrictifs, notamment sur la question du traçage publicitaire, là où les bloqueurs classiques le sont parfois trop. 

Ainsi, l'utilisateur ne trouvera pas son compte dans un cas, les éditeurs dans l'autre... Il faudra sans doute attendre encore un peu pour que ces deux mondes finissent par se rencontrer et que l'on arrive enfin à une solution pérenne pour tous. La mise en place de législations comme le RGPD et ePrivacy va d'ailleurs sans doute accélérer les choses.

Quels effets dans la pratique ?

Le blocage de Chrome est effectué au niveau des requêtes. Il y a donc fort à parier que son action sera prioritaire sur celle des extensions de blocage, évitant tout conflit potentiel. Nous attendrons cependant de le constater pour en avoir le coeur net.

Dès qu'une requête est bloquée, un message s'affiche auprès de l'utilisateur. Pour la version desktop, la notification prendra la même forme que le bloqueur de pop-up. Relativement compacte sous Android, elle invite à plus de détails d'un clic, permettant d'indiquer directement que l'on veut continuer à voir des publicités sur le site si nécessaire :

Chrome Bloqueur Notification

Cette liste sera accessible dans les paramètres de contenus, mais il semble pour le moment impossible d'activer le blocage pour un site sur demande. L'équipe précise qu'au 12 février, 42 % des sites concernés ont corrigé le tir et ne seront donc pas concernés par le blocage.

Reste maintenant à voir ce qu'il en sera pour les 58 % restant, et comment vont évoluer les règles de la coalition, qui autorisent encore de nombreux formats que certains utilisateurs peuvent considérer comme gênants.


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