Réforme du bac : un cours obligatoire sur les « humanités numériques » dès 2019

Prélude de bac 82
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Loi
Xavier Berne

Le gouvernement a présenté hier sa réforme du bac, qui entrera progressivement en vigueur jusqu’en 2021. Dès la rentrée 2019, les élèves de première suivront tous un cours d’ « humanités scientifiques et numériques » (dont les contours demeurent extrêmement flous). Un enseignement de spécialité sur l’informatique sera également proposé.

Fini les séries S, ES et L. Quelques semaines après la remise du rapport Mathiot, le ministre de l’Éducation nationale a confirmé hier que les lycéens se façonneront bientôt un parcours « à la carte », en complément d’un socle d’enseignements communs.

L’organisation du baccalauréat s’en trouvera donc modifiée, comme l’avait souhaité Emmanuel Macron durant sa campagne. Chaque lycéen « présentera comme aujourd’hui une épreuve anticipée de français, écrite et orale, en fin de classe de première », explique le gouvernement. Il n’y aura cependant plus que quatre « épreuves terminales », comptant pour 60 % de la notation finale :

  • Une épreuve de philosophie
  • Un oral de 20 minutes reposant sur la « présentation d'un projet préparé dès la classe de première par l'élève », devant un jury de trois personnes
  • Deux épreuves écrites de « spécialité » portant sur les disciplines que le lycéen aura choisi d’approfondir

Du numérique tant dans le socle commun que dans les spécialités

Afin que cette réforme soit appliquée à partir de 2021, les premiers changements interviendront dès la rentrée 2019 pour les élèves de première (aucun « changement organisationnel majeur » n’étant prévu pour les secondes). Ceux-ci suivront tous des cours relevant d’un « socle de culture commune » : français, histoire-géo, EPS, langues vivantes...

Sera surtout introduit dans ces enseignements obligatoires deux heures hebdomadaires d’ « humanités scientifiques et numériques » (en première comme en terminale).

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Du côté des disciplines de spécialité, au choix donc des lycéens, figure notamment un cours intitulé « Numérique et sciences informatiques ». Cet enseignement comptera pour quatre heures hebdomadaires en première, puis six heures en terminale. Et pour cause : trois spécialités devront être choisies en première, avant un « resserrage » sur deux uniquement en terminale.

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Pour l’heure, impossible d’en savoir plus sur le contenu exact de ces enseignements. Le Conseil supérieur des programmes a en effet été saisi afin de faire des propositions. Le gouvernement a toutefois annoncé que ces nouveaux cours permettraient aux élèves « de partager une culture scientifique, d'apprendre à coder et de comprendre les grands défis du monde contemporain ».

En plus de ces disciplines, les premières et terminales auront 1h30 d'orientation par semaine. Outre la possibilité de suivre des cours facultatifs (LV3, mathématiques expertes, etc.).

Une « banque nationale numérique de sujets » pour le contrôle continu

Quant au contrôle continu, qui comptera donc pour 40 % de la notation, il est prévu qu’il repose en majeure partie « sur des épreuves communes organisées au cours des années de première et de terminale et portées sur des disciplines étudiées par l'élève ». Les bulletins scolaires ne seront en ce sens pris en compte que « pour une part limitée (10 %) de la note finale ».

Afin de « garantir l'égalité entre les candidats et les établissements scolaires », l’exécutif promet qu’une « banque nationale numérique de sujets » sera mise en place en vue de ces épreuves communes, sans plus de détails pour le moment. « Les copies anonymisées seront corrigées par d'autres professeurs que ceux de l'élève. Une harmonisation sera assurée » assure au passage le ministère de l’Éducation nationale.

Ces épreuves communes pourront avoir lieu en janvier et avril de l'année de première, puis en décembre de l'année de terminale, mais cette organisation « relèvera des établissements » souligne l’exécutif. Autrement dit, la situation devrait être différente en fonction des lycées.

Dernière chose : un « test numérique de positionnement » sera soumis aux élèves de seconde, dès la rentrée prochaine, afin de « permettre à chacun de savoir où il en est en français et en mathématiques ».

Au collège, transformer le cours de technologie en « culture numérique » ?

La députée Laure de La Raudière, qui suit le sujet de longue date, a salué l’ensemble de cette réforme tout en regrettant que le nouvel enseignement d’humanités numériques ne soit pas dispensé dès le collège. L’élue UDI-Agir plaide ainsi pour que les cours de technologie (qui contiennent depuis la dernière réforme des programmes davantage d’éveil à la programmation) soient « complètement transformés » en cours de « culture numérique ».

« Gestion de l’identité numérique, bon usage des réseaux sociaux, qualification de l’information et lutte contre les fake news, réalisation de démarches en ligne, développement d’un site Internet et code informatique, propriété intellectuelle, réflexes à acquérir en matière de cybersécurité : tous ces sujets sont essentiels pour tous les Français et méritent que l’on y consacre 1h par semaine, avec pédagogie et exercices appropriés, afin que chacun trouve sa place dans le monde connecté... » soutient l’élue au travers d’un communiqué.


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