Mobile : 72 millions de cartes SIM actives, 73,5 % des forfaits grand public sans engagement

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Téléphonie
Guénaël Pépin

La croissance du marché mobile n'en finit pas. Fin 2017, près de 400 000 cartes SIM ont rejoint les réseaux mobiles, pour partie via des opérateurs virtuels. La liberté de choix de l'opérateur gagne aussi du terrain, près des trois quarts des forfaits de particuliers s'appuyant sur une offre sans engagement.

L'autorité des télécoms, l'Arcep, a publié son observatoire des services mobiles pour le quatrième trimestre. Au 31 décembre, la France comptait 74,6 millions de cartes SIM. C'est 395 000 de mieux sur le trimestre, et 1,6 million sur un an.

La part des forfaits continue de croître, via une bascule désormais classique. Les lignes « post-payées » sont au nombre de 64,3 millions (+4,5 %) sur un an, alors que les cartes SIM prépayées continuent leur inexorable chute, leur nombre tombant à 10,3 millions (-9,8 %). Plus concrètement, 2,8 millions de forfaits ont été créés sur l'année 2017, quand 1,1 million de lignes prépayées ont disparu de la circulation.

Les tendances de fond de ces dernières années perdurent. Les abonnés mobiles se départissent de plus en plus des engagements et la portabilité du numéro est entrée dans les moeurs. Ces avancées commerciales doivent tout de même s'accompagner de plus d'égalité dans les infrastructures, que l'État a négocié en fin d'année après les opérateurs.

Toujours plus de cartes SIM en circulation, les clients gagnent en liberté

Le changement d'équilibre, en travail depuis quelques années, a des effets sur l'activité des cartes SIM. Sur les 74,6 millions de cartes en France (métropole et outre-mer), 72 millions sont considérées comme actives (envoi ou réception d'appel, envoi de SMS ou connexion à Internet sur le trimestre), soit un taux de 96,5 % (+1,9 % sur l'an dernier). Comme le note l'Arcep, les cartes prépayées restantes perdent en activité : 555 000 se sont ajoutées au lot de celles qui n'ont rien émis ou reçu sur le dernier trimestre, laissant à peine 75 % utilisées, loin des forfaits donc.

En métropole uniquement, la quantité de cartes SIM en circulation atteint 72 millions fin décembre, soit 320 000 de plus sur le trimestre. Sur ce total, 62,8 millions étaient des forfaits (+835 000 sur le trimestre). En outre-mer, 2,6 millions de cartes SIM sont en circulation, un nombre stable. En effet, les créations de forfaits compensent exactement la disparition des cartes prépayées (25 000 chacun). 

Le pays affiche donc un taux de pénétration de 111,7 %, soit deux points de plus qu'à fin 2016. Entre d'autres termes, les Français possèdent en moyenne 1,11 ligne mobile chacun. Le marché comporte 4,1 millions de clients mobiles sans engagement supplémentaires au 31 décembre. Plus des deux tiers (68,8 %) des clients mobiles ne sont pas liés sur la durée, quand ces offres ont pour la plupart disparu ces dernières années. Le marché professionnel reste plus captif, en considérant que près des trois quarts des particuliers (73,5 %) ont des forfaits sans engagement.

Depuis l'arrivée de Free Mobile début 2012, la portabilité est devenue une habitude. 2,5 millions de demandes ont été effectuées sur le dernier trimestre 2017. Un « niveau élevé » constate simplement le régulateur, et environ 140 000 de plus que fin 2016. La fin d'année est toujours une période importante pour les changements d'offres mobiles, notamment à cause des promotions. 5,7 % du parc a changé de mains cette fois-ci.

Cartes SIM France T4 2017
Crédits : Arcep

Léger regain pour les opérateurs virtuels, petite hausse sur le marché pro

Le dernier trimestre a été l'occasion d'une remontée des opérateurs virtuels (MVNO). Avec un total de 7,8 millions de lignes, ils représentent 10,9 % du marché. Ils ont gagné 160 000 cartes SIM, alors qu'ils en perdaient 65 000 un an plus tôt.

Le marché entreprises atteint 8,4 millions de cartes, soit 80 000 de mieux en un trimestre, et une croissance timide de 3 % sur 2017. Un secteur proche a pourtant le vent en poupe, comme d'habitude : les communications entre machines (MtoM), dont les statistiques sont décorrélées de celles des cartes SIM « pour humains ». Elles sont désormais 14,9 millions en activité, soit 625 000 de plus en trois moins et 3,2 millions sur l'année (soit une progression de 30 %).

La concurrence des réseaux très bas débit, comme Sigfox et LoRa, ne semble donc pas vraiment entamer le dynamisme de ce marché, qui se place sur des objets plus gourmands.

Cartes MtoM France T4 2017
Crédits : Arcep

De nouvelles promesses à concrétiser pour le marché

En parlant de gourmandise, la consommation d'appels, SMS et d'Internet mobile continue de croître au fil des mois. Les réseaux sont devenus un des grands marqueurs de l'inégalité des territoires, que le gouvernement s'est promis de résorber. Depuis septembre, l'État est entré dans une longue négociation avec les opérateurs mobiles, leur demandant des engagements de déploiement en échange de contreparties réglementaires et financières. Il n'a pas toujours été évident, comme en témoignaient quelques sorties de pontes d'opérateurs en novembre.

Ils sont arrivés à un accord le mois dernier, les engagements des groupes télécom étant depuis détaillés (voir notre analyse). Ils promettent ainsi le déploiement de la 4G (presque) partout sur le territoire d'ici 2020, avec un renforcement de la qualité du réseau en intérieur via le Wi-Fi. Chaque opérateur s'engage à couvrir 5 000 sites supplémentaire dans les prochaines années, en comptant les milliers qui devront être mutualisés dans les zones rurales.

Concernant les zones blanches, les groupes télécom prendront en charge les investissements jusqu'ici soutenus par l'État. La maîtrise d'ouvrage (par exemple trouver le terrain pour un pylône, une étape difficile) reviendrait toujours aux collectivités, qui s'organisent comme elles peuvent. La plateforme de signalement de problèmes de réseau France Mobile, lancée il y a un an, devrait tirer sa révérence, alors que les responsables de Bercy et de l'Agence du numérique pointaient de nombreuses pistes d'amélioration.

Les contreparties de l'État, à formaliser via les futures licences de fréquences mobiles renouvelées d'ici 2024, ne sont pas détaillées, comme le contenu exact de l'accord. En attendant la transparence, la concurrence entre opérateurs est déjà une réalité sur le marché mobile, qui doit désormais vraiment s'étendre aux zones les plus reculées du pays.


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