Monkey Bidouille : quand deux Français viennent vendre leur boîtier PC vintage à Las Vegas

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Ordinateur Fixe CES
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le lundi 15 janvier 2018 à 09:00
David Legrand

Au détour des allées de l'Eureka Park, nous avons rencontré deux jeunes Français avec un projet étonnant au CES de Las Vegas : concevoir le boîtier PC de leur rêve en France et le vendre. Une initiative peu orthodoxe, surtout lorsqu'il s'agit de faire plusieurs milliers de kilomètres pour en faire la promotion.

Le CES de Las Vegas est un salon imposant. Rien que cette année, ce sont 3 900 exposants qui faisaient la démonstration de leurs produits sur pas moins de 255 483 m². La densité est d'ailleurs encore plus importante au sein de l'Eureka Park, la partie inférieure du Sands Expo Convention Center consacrée à plus de 900 startups. 

Ici, chacun dispose de peu de place pour s'exprimer, inciter les visiteurs à s'arrêter sur son stand et tenter de faire la différence. Surtout que les projets ont parfois tendance à se ressembler les uns les autres, ce qui peut assez vite entraîner une certaine lassitude pour celui qui parcourt toutes les allées.

Un fait que les agences de communication ont bien compris, proposant désormais des « visites guidées » des stands de leurs clients afin de faire découvrir aux journalistes et autres investisseurs potentiels les « pépites » du salon. Tout du moins, celles qui les ont rémunérés pour cela.

Redéfinir le PC : tentative #142337

Prendre le temps de tout visiter et faire le tri peut donc être assez long, mais permet parfois de découvrir quelques projets sympathiques, voire un peu fous. Cette année, pour nous, Monkey Bidouille était de ceux-là.

Deux jeunes créateurs de Rouen, Antoine Vaba et Maxime Cazaillon, y présentaient sur un micro-stand leur vision de l’ordinateur personnel « réinventé », rien que ça. Autant le dire tout de suite, le story-telling est un peu « too much », mais le projet et l'ambition de nos deux gaillards valaient tout de même le coup d'œil.

Car oui, penser le PC autrement, nombreux sont ceux qui s'y sont déjà essayé sans forcément y parvenir. Outre les géants du secteur tels qu'Intel et ses Compute Card/Stick, ou des constructeurs plus spécialisés comme Shuttle et Zotac, on a vu ces dernières années des sociétés comme BleuJour et son Kubb promouvoir un NUC dans un boîtier rectangulaire.

Innover est dans le domaine un choix un peu risqué car il faut savoir doser le changement et ce que l'on recherche... Le tout en restant dans un budget correct par rapport à la cible du produit. Ici, l'idée est de proposer un PC aux accents un peu rétro. Lassés du look des machines classiques, Antoine et Maxime ont commencé à bidouiller des Raspberry Pi il y a deux ans, puis ils sont progressivement montés en gamme.

C'est d'ailleurs en voyant l'engouement autour de produits comme le nouveau 3310 que nos deux compères semblent avoir décidé de tenter leur chance en 2016 et de produire leur propre châssis avec des panneaux extérieurs en bois. Le tout donne un rendu vintage, à la manière des éléments Hi-Fi des années 60/70.

Un PC pensé pour le salon, fabriqué de manière artisanale

La conception est faite main, et « à la scie sauteuse » pour ce premier exemplaire financé sur leurs deniers personnels, tout comme leur voyage au CES. S'ils arborent un tour de cou « French Tech » de leur région, c'est plus par solidarité qu'autre chose, puisque leur stand n'a pas été cofinancé : « ça nous coûtait moins cher comme ça » précisent-ils.

On pourrait les trouver fous de faire tant de kilomètres pour venir présenter ce que certains pourraient considérer comme un simple « mod », mais leur envie était de confronter leur projet à la réalité. Est-ce qu'une attente peut exister autour d'un tel produit, est-ce que des gens seraient prêts à payer pour leurs réalisations et le fruit de leur passion ? 

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Le prototype « fait maison » est encore un peu sommaire

La réponse semble plutôt positive. S'ils n'ont pas eu de contact avec des distributeurs français sur place, cela a été le cas avec des enseignes américaines dont une leur a proposé d'acheter toute leur production. « On attend de voir, avec l'effet du salon, on sait qu'il y a parfois des engouements démesurés » tempèrent nos deux créateurs.

Pour le moment, leur idée est en effet de financer la création de 50 boîtiers vendus sur Kickstarter, la campagne de financement se terminant début février. Dans le même temps, ils se sont rapprochés d'entreprises locales afin de rester sur une solution artisanale et « Made in France ». 

Ne pas faire de compromis sur la performance

Côté composition, on retrouve un châssis en acier/aluminium qui s'organise un peu à la manière de certains modèles Silverstone. Imposant avec ses 486,1 x 380 x 120 mm, il peut accueillir une carte mère Micro ATX, une alimentation SFX(-L) et une carte graphique classique à travers l'utilisation d'une équerre PCIe (fournie). 

Trois machines types ont été imaginées : Wistiti, Bonobo et Gorilla. On reconnait la touche des passionnées par la composition relativement équilibrée de ces machines qui varient du Core i3 au Core i7, de 8 à 32 Go de mémoire, de la GTX 1050 à la GTX 1080 et de l'alimentation de 300 watts à celle de 500 watts. 

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Pour ce qui est du stockage, c'est systématiquement un duo de type SSD/HDD qui est utilisé, de 150 et 500 Go à 250 Go et 5 To. Pour l'instant, aucun partenariat avec des marques n'est en place, même si les deux créateurs nous ont avoué avoir un petit faible pour be quiet! du côté du refroidissement et de l'alimentation.

Le silence de la machine est un critère d'importance à leurs yeux. Un ventilateur de 92 mm et deux de 80 mm sont d'ailleurs fournis, ainsi qu'un écran OLED monochrome de 2,3" placé en façade et utilisable comme bon vous semble. On y retrouve également trois ports USB, un duo micro/casque et le bouton Power.

Le début d'une aventure

Pour le moment, il n'est néanmoins pas encore question de machines complètes, puisque seuls les boîtiers vides sont proposés sur Kickstarter. Si vous pouvez simplement soutenir le projet pour 5 euros ou plus, ces derniers sont à vendre à partir de 550 euros, livrés partout dans le monde.

Le bois utilisé n'a pas été choisi au hasard. Il vient d'un fabricant canadien spécialisé dans le domaine des skateboards, une pratique dont Maxime Cazaillon est adepte, et a l'avantage d'être facile à adapter à la taille désirée tout en étant simple à personnaliser. Ainsi, outre une édition « brute », d'autres sont proposées avec des looks différents et parfois plus colorés via différentes techniques : impression, peinture ou pyrogravure.

La livraison est attendue d'ici avril 2019. D'ici là, peut-être que des intégrateurs ou des revendeurs leur proposeront d'utiliser leurs boîtiers pour leurs machines haut de gamme ou même de les aider à fabriquer d'autres séries à plus grande échelle. C'est en tout cas tout le mal qu'on leur souhaite.

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