Tour d'horizon du CES Unveiled : e-santé, objets connectés en tout genre et respect de la vie privée

La France en force, pas uniquement sur le vin 10
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Crédits : somchaij/iStock/ThinkStock
Obj. Connectés CES
Sébastien Gavois

Le CES Unveiled confirme les tendances des annonces pré-salon : l'e-santé est largement présente, notamment vers les séniors et les personnes en perte d'autonomie. Les objets connectés sont toujours plus nombreux, comme les assistants numériques. Certains tentent d'ailleurs de se démarquer par le respect des données personnelles.

Comme chaque année, le CES commence par une session « Unveiled » où des start-ups et sociétés peuvent venir présenter avant l'ouverture du salon leurs nouveautés aux journalistes et analystes.

Nous étions évidemment sur place afin d'observer les premières tendances et échanger avec les responsables des marques sur place. Cette année encore, la France était largement représentée avec des start-ups provenant des quatre coins de l'hexagone présentant des produits de toutes tendances. 

Voici un petit tour d'horizon des découvertes qui nous ont marqué.

Wiidii : un assistant hybride made in France, qui ne partage pas vos données

Dans un monde où Google et Amazon récupèrent à tour des bras des données personnelles grâce à leurs assistants (quitte à faire le forcing), la riposte s'organise doucement. Si nous avons évoqué récemment l'association entre Qwant et l'enceinte connectée MyxyPod, un autre français est présent dans ce domaine, en marque blanche : Wiidii.

Il est déjà bien implanté puisqu'on retrouve Air France, Axa et la Caisse d'Épargne parmi ses partenaires actuels. Prochainement, un gros constructeur automobile Allemand rejoindra la liste. Wiidii, qui n'est pas directement disponible pour les clients finaux, ne se contente pas de proposer un assistant numérique. Il le combine avec celui de conciergerie via des humains ; d'où la notion d'assistant « hybride » nous explique la marque.

Lorsqu'un utilisateur fait une demande (via de la reconnaissance vocale ou en saisissant un texte), les algorithmes de l'application tentent d'apporter une réponse de manière autonome. Si besoin, ils passent le relai à des humains. C'est notamment le cas lorsqu'il faut réserver une table dans un restaurant ou bien commander un produit dans une boutique qui ne propose pas de site web par exemple. Des fois, c'est un mélange des deux.

Avant d'apporter sa réponse, l'IA estime sa pertinence. Si le résultat est en dessous des 90 %, elle demande confirmation à un humain. Celui-ci la valide la proposition ou la modifie si besoin, de manière transparente pour l'utilisateur. L'IA enregistre alors le choix afin de s'améliorer par la suite. C'est une des forces de Wiidii nous explique son responsable : la société dispose déjà d'une base de données de plusieurs années d'entrainement pour son IA.  

Ce point n'est pas sans soulever une interrogation. Actuellement, les recommandations vont dans le sens que l'utilisateur doit savoir si la réponse apportée provient d'un algorithme ou d'un humain, mais qu'en est-il du cas ou un humain valide la réponse d'une IA ? Wiidii n'a pas encore de réponse précise à apporter. 

D'une manière générale, la société se prépare évidemment à l'arrivée des nouveaux règlements RGPD et ePrivacy, mais reste pour le moment « dans le flou » sur leur application exacte. Un point de vue partagé par d'autres start-ups sur le salon, mais pas toutes. Certaines nous affirment en effet être prêtes ou quasiment prêtes pour l'échéance de mai.

Dans tous les cas, Wiidii avance un argument important pour se démarquer de Google et Amazon : les données personnelles des utilisateurs ne seront jamais revendues ou transmises aux sociétés exploitant son assistant en marque blanche (et à des tiers) nous affirme le responsable de l'assistant. C'est une condition sine qua non et non discutable pour signer un partenariat surenchérit Wiidii.

Quel que soit le partenaire, toutes les demandes sont traitées sur les serveurs de Wiidii et gérées par ses propres équipes de concierges humains le cas échéant. Elle sera prochainement renforcée en passant d'une dizaine à 25 employés environ. Si le nombre parait faible, le responsable nous affirme qu'il est suffisant pour apporter une réponse en moins de 3 minutes aux utilisateurs. 

Wiidii est au CES pour chercher de nouveaux partenaires, mais ne compte toujours pas se lancer en tant que service directement accessible au grand public pour le moment. Une « position confortable » selon la société, car elle lui permet de grossir en « restant dans l'ombre ».

Otodo : encore une box pour contrôler tous les objets connectés

Comme chaque année, de nouveaux arrivants présentent une solution pour contrôler tous les objets connectés de la maison. Cette année, c'est Otodo qui s'y colle. En partenariat avec Sagemcom, elle présente ainsi sa box One et sa télécommande Ugo.

La première prend en charge les objets connectés exploitant les technologies suivantes Zigbee, Bluetooth, Wi-Fi, 433 et 868 MHz. De son côté, la télécommande dispose d'un lecteur d'empreintes digitales afin de reconnaitre l'utilisateur et s'adapter à ses attentes.

Interrogé sur la manière dont l'empreinte est stockée, nous avons eu deux réponses différentes selon les interlocuteurs : elle reste sur la télécommande et elle est remontée dans le cloud. Après explications, elle est en fait stockée et vérifiée directement sur la télécommande, mais Otodo enregistre également un « dump » complet d'Ugo sur ses serveurs afin de le restaurer en cas de problème. La société nous précise au passage qu'elle s'appuie sur l'infrastructure d'OVH.

La télécommande est géolocalisée à une dizaine de centimètres près dans la maison grâce à des « ancres » (il s'agit en fait de plusieurs boîtiers One) réparties dans la maison. Elle utilise ensuite des gestuelles (elle est équipée d'un gyroscope, d'un altimètre et d'un accéléromètre) pour effectuer des actions, qui peuvent être différentes d'un utilisateur à l'autre. La télécommande intègre également un haut-parleur, mais pas de micro, ce qui pourrait rassurer certains. 

Otodo
Le Hub One à gauche, la télécommande Ugo avec le capteur d'empreintes digitales

Afin de se démarquer de la concurrence, Otodo mise sur son prix : 20 euros seulement pour le boîtier One. Comme Wiidii, l'entreprise ne vendra par contre pas sa solution directement aux particuliers, et elle cherche des partenariats avec les FAI. Ces derniers factureraient ensuite ce service à leur client, pour quelques euros par mois par exemple.

Otodo espère ainsi faire rapidement un volume important et proposer une alternative aux géants du Net (Google Home, Amazon Alexa, etc.). Pour rappel, les FAI ont déjà tenté de proposer leurs propres box domotiques pour une poignée d'euros par mois (c'était le cas chez Bouygues Telecom, Orange et SFR) avant d'abandonner.

Otodo compte sur son coût (20 euros la box multiprotocoles) et son expertise pour se démarquer, sur un marché des télécoms qu'elle connait très bien. En effet, l'un des deux fondateurs est Éric Denoyer, ancien directeur général de Numericable pendant près de 10 ans et artisan du rapprochement avec SFR, Virgin Mobile, Completel et Telindus. 

Pour le moment, la société n'a pas de nom de partenaires à nous communiquer, mais précise tout de même que des discussions sont en cours avec un acteur européen (qui est également disponible en France). Nous n'en saurons pas davantage pour le moment.

Comme toujours en pareille situation, c'est le bon moment pour ressortir ce dessin de xkcd

Aider les personnes âgées : l'approche de Lili Smart avec des capteurs et une montre...

Si l'année dernière la start-up française Nov'in présentait sa canne connectée Dring pour prévenir les proches en cas d'accident, cette tendance se renforce cette année et plusieurs sociétés se lancent sur ce créneau.

Lili Smart est l'une d'entre elles avec un service pour les aidants de personnes atteintes d'une maladie neurodégénérative ou d'une perte d’autonomie, mais qui reste à leur domicile. Cette solution se décompose en plusieurs parties : d'un côté une montre connectée pour la personne concernée. Elle affiche des rappels (repas, médicaments, etc.), fait office de GPS pour géolocaliser la personne et détecte une éventuelle chute.

De l'autre, on retrouve des capteurs pour la maison. Ils peuvent par exemple se fixer sur le frigo pour vérifier que la personne prend bien ses repas, sur la porte de la salle de bain pour les questions d'hygiène, etc. Vous décidez de l'action à surveiller et l'installation du capteur se fait en fonction des besoins de chacun.

L'application permet de définir plusieurs cercles d'aidants : Famille, Santé pour le personnel médical et Social. Chacun reçoit alors les informations le concernant et peut effectuer des retours aux autres cercles. Une messagerie interne est également proposée, ainsi qu'une fonction carnet de notes pour effectuer un suivi entre les différents intervenants.

Interrogé sur les réactions du personnel médical face à ce genre d'outils, la société nous affirme que les retours ne sont pour le moment que positifs (mais on l'imagine mal nous dire l'inverse). Lili Smart est proposée sous la forme d'un abonnement, sans engagement. Le prix varie entre et 60 et 90 euros suivant les options, et l'offre est éligible à un crédit d'impôt de 50 % en tant que service à la personne.

Il ne s'agit pour le moment que de précommandes et il faudra remplir un formulaire afin d'être contacté par la société.

Lilli Smart

... celle d'E-Vone avec des chaussures connectées...

E-vone, une des nombreuses filiales d'Eram, présente des chaussures connectées qui s'adressent aux personnes âgées, aux travailleurs isolés et aux randonneurs. En cas de chute, la chaussure peut envoyer un signal en utilisant un réseau bas débit (Sigfox, LoRa et NB-IOT sont à l'étude pour le moment) afin d'alerter des proches. 

Pour cela, elle s'appuie sur plusieurs capteurs : gyroscope, accéléromètre et pression. La surveillance se fait en local jusqu'au moment où une anomalie est détectée. Elle renvoie alors quelques secondes d'enregistrement pour que des algorithmes traitent les données de manière plus poussée. Si l'alerte est confirmée, l'information est envoyée aux contacts prédéfinis et la chaussure vibre pour indiquer à la personne que sa situation est prise en compte.

Interrogé par nos soins sur une possible géolocalisation des employés par leur patron, la société nous explique que l'envoi d'information ne se fait que lorsqu'un problème est détecté, pas en continu. Elle a néanmoins des demandes contraires de la part de société souhaitant savoir où se trouvent leurs employés, par exemple pour envoyer le plus proche aider un confrère en difficulté. 

Nous avons demandé au fabricant s'il comptait se rapprocher de solutions déjà existantes pour développer son produit, notamment les Français de Digitsole pour ne citer qu'eux. La réponse est tranchée et cinglante : il s'est effectivement intéressé à eux lors de la phase de développement, mais leur produit ne « capte pas grand-chose » nous lâche-t-il. E-Vone a donc décidé de mettre au point sa propre solution.

E-Vone propose ses chaussures connectées sous deux formes : soit via un abonnement de 30 euros par mois avec les chaussures incluses et changées tous les ans, soit à 20 euros par mois avec l'achat des chaussures en plus pour 100 à 150 euros environ. Dans tous les cas, une consigne est en place afin de récupérer les chaussures lorsqu'elles sont en fin de vie.

Deux buts sont mis en avant : étudier leur état afin d'améliorer les prochaines versions et récupérer la partie matérielle. Si la durée de vie des chaussures est d'un an, celle de l'électronique et de 10 ans. Les premières paires devraient être commercialisées dans les prochains mois.

Étant donné que toute l'électronique est intégrée dans la semelle, on peut se douter que d'autres modèles arriveront prochainement chez E-Vone et, pourquoi pas, chez Eram ou d'autres filiales. 

... et Pharmagest avec des capteurs dans la maison

Pharmagest s'intéresse aussi aux personnes âgées seules dans leur maison avec un système de surveillance baptisé Satebox qui se passe de tout dispositif à porter. Il ne s'agit en effet que de capteur à intégrer dans la maison qui détecte une chute ou un changement dans les habitudes de comportement de la personne, des problèmes de sommeil, etc.

Lorsqu'un risque est identifié, la box contacte les proches afin qu'ils puissent prendre des mesures. Elle se veut non intrusive (elle n'est pas équipée d'une caméra par exemple) et ne nécessite pas une connexion à Internet pour fonctionner, deux points qui pourraient rassurer certains.

Le fabricant nous explique qu'il profite du CES pour lancer officiellement sa solution. 

Hopen Family : une clé HDMI pour garder le contact (au moins en photos) avec la famille

Toujours orienté vers les personnes âgées ne maitrisant et/ou ne s'intéressant pas aux nouvelles technologies, Hopen Family est une clé HDMI que l'on pourrait présenter comme un cadre à photos numériques connectés 2.0.

Via une application mobile, l'entourage d'une personne peut envoyer des photos et vidéos (10 secondes maximum) pour qu'elles soient ensuite directement affichées sur la télévision. Cela passe par les serveurs de la société, qui se chargent de les compresser avant de le transférer sur la clé. 

Le service est lancé en bêta dès à présent, comptez 79 euros pour la clé. Sans abonnement, l'offre Découverte ne permet qu'à deux utilisateurs d'uploader 6 photos maximum, avec de la publicité en plus. Autant dire que le forfait famille (10 utilisateurs, 100 photos et 30 vidéos) à 4,99 euros par mois sera un minimum pour en profiter un minimum. Pour de l'illimité, comptez 9,99 euros par mois.

Melomind : un casque avec EEG pour vous aider à vous relaxer 

Changeons de registre, et passons au « bien-être » avec le casque Melomid de MyBrain. Il propose de vous aider à vous relaxer via une application de coaching dédiée. Il dispose pour cela de capteurs afin de mesurer l'électroencéphalographie (EEG) et adapter automatiquement la musique qu'il diffuse, avec un seul but en tête : vous détendre. 

La société s'est lancée via Kickstarter l'année dernière (près de 170 000 euros récoltés sur les 50 000 demandés). Elle compte maintenant vendre son casque à des centres de thalasso et des entreprises principalement. Dans ce dernier cas, l'employeur n'aura pas accès aux informations récupérées par les capteurs du casque concernant ses employés nous affirme le fabricant. Prix du Melomind : 399 euros.

Melomind

Teraillon veut surveiller votre sommeil

Cette année, Teraillon s'intéresse à la qualité de votre sommeil. La société présente ainsi Homni qui sera disponible dans le courant du trimestre. Il s'agit d'une lampe connectée Bluetooth vous aidant à vous endormir et à vous réveiller avec de la lumière. Les longueurs d'ondes ont été spécialement étudiées avec des spécialistes nous précise le constructeur ; on attend de voir ce que cela donnera dans la pratique.

La lampe dispose de capteurs (température, luminosité, humidité, bruit) afin d'analyser votre environnement et trouver d'éventuelles concordances avec votre rythme de sommeil, et ainsi identifier les éléments perturbateurs. Comme toujours en pareille situation, il faudra juger sur pièce.

Pour accompagner Homni, deux capteurs de sommeil sont de la partie : Dot analyse la durée de votre nuit et vos mouvements, tandis que Rest-On mesure en plus votre rythme cardiaque et votre fréquence respiratoire. Dommage par contre qu'aucune information concernant d'éventuelles apnées du sommeil ne soient remontées par les deux systèmes.

Homni sera vendu 199 euros avec un capteur Dot. De son côté, Rest-On est proposé à 169 euros. Ce dernier peut être utilisé sans la lampe Homni, il communique alors directement avec un terminal mobile Bluetooth.

Teraillon CES 2018
Crédits : Sébastien Gavois (licence: CC by SA 4.0)

myteepi : un capteur connecté qui mise sur son design (pas son prix) pour se démarquer

myteepi est un capteur qui surveille plusieurs données dans votre maison, comme on en trouve déjà plusieurs dans le commerce : activité, température, hygrométrie, alarme incendie (il dispose d'un micro qui écoute la fréquence caractéristique des alarmes et rien d'autre nous affirme le fabricant) et les pannes de courant.

Ce dernier point est assez rare pour être souligné, d'autant qu'il est pratique pour agir rapidement et éviter que les aliments dans le frigo ou le congélateur périssent. Afin de se démarquer, myteepi mise sur son design avec une forme originale, une conception à base de « vrai bois » et un assemblage à la main, même si la découpe se fait au laser.

Tout cela à un prix : 199 euros tout de même. Une version plus abordable en plastique (pour les caves, les garages et les professionnels) est également proposée à 99 euros. Une campagne Kickstarter sera lancée ce mois-ci. Dans les deux cas, l'abonnement à Sigfox est inclus pendant au moins 1 an. Il faudra ensuite s'acquitter de quelques euros de plus par mois.

myteepi CES 2018
Crédits : Sébastien Gavois (licence: CC by SA 4.0)

Lancey : un radiateur électrique de 1 200 watts avec une batterie intégrée

Les Français de Lancey étaient eux aussi au CES Unveiled afin de présenter leur radiateur connecté avec batterie. Il se destine principalement aux professionnels pour le moment, avec déjà des partenariats avec quelques bailleurs sociaux. 500 unités seront ainsi installées durant le premier trimestre de l'année.

En plus de fonctionner comme un radiateur électrique classique (avec une puissance de 600 ou 1 200 watts) avec une détection des habitudes des membres du foyer pour chauffer de manière « intelligente », il intègre une batterie de 1 kWh. Celle-ci se recharge lorsque le compteur passe en tarif de nuit et utilise ensuite l'énergie emmagasinée dans la journée.

Elle peut également se charger avec l'électricité fournie par des panneaux solaires, dans les deux cas, le but est de faire des économies. Le développement de la batterie (Lithium-ion) est fait maison et le fabricant annonce une durée de vie de 10 ans. Il explique que cette longévité est en partie due aux cycles de charges et décharges relativement lents. Bien évidemment, la chaleur dégagée par la batterie est prise en compte par le radiateur.

Une seconde version en préparation pourra stocker l'énergie produite par des panneaux solaires afin de la distribuer ensuite à d'autres appareils de la maison. L'idée est alors d'aider les utilisateurs à se rapprocher d'une alimentation autonome.

Nous avons demandé au fabricant s'il comptait se rapprocher d'autres constructeurs comme Qarnot qui propose des radiateurs exploitant la chaleur dégagée par des processeurs pour chauffer une habitation (voir notre analyse). Ce n'est pas le cas pour le moment, Lancey étant parvenu à développer son système entièrement par lui-même. Dommage, un mélange deux pourrait certainement être une solution intéressante.

Le radiateur de 1 200 watts est annoncé à 1 000 euros avec sa batterie, contre 500 euros sans. Seuls les professionnels sont visés pour le moment. Dans un second temps, une ouverture des ventes aux particuliers pourrait arriver, mais rien ne semble encore figé dans le marbre.

Lancey CES 2018 Lancey CES 2018
Crédits : Sébastien Gavois (licence: CC by SA 4.0)

MyBus veut devenir « le Waze des transports en commun »

MyBus est une application mobile pour Android et iOS permettant d'acheter et de valider des tickets en ligne dans les transports en commun. Elle n'est pas nouvelle, mais profite du CES pour annoncer sa fonctionnalité PayAsYouGo.

Comme son nom l'indique, elle calcule automatiquement le tarif le plus intéressant à la fin du mois en fonction de vos déplacements : des tickets individuels, un carnet, un abonnement, etc. Si certaines régies de transports proposent déjà ce genre de service, MyBus permet de sauter le pas sans avoir à développer et maintenir une application.

La société annonce également un nouveau service : des informations en temps réel sur la position du bus, la disponibilité de places assises, etc. Pour cela, l'équipe compte sur la communauté des utilisateurs qui indiquent les informations dans l'application en temps réel, d'où une comparaison avec Waze, mais pour les transports en commun.

Pour le moment, une dizaine de réseaux de transports ont tenté le coup et la société se fixe un objectif de 40 d'ici fin 2018. Le déploiement peut se faire rapidement nous affirme les représentants de la société : il suffit de coller un code-barre sur un bus pour que les clients le scannent ensuite avant de monter dedans. Dommage par contre qu'il faille passer par une multitude d'applications en fonction des zones, une centralisation serait certainement la bienvenue. 

Comme avec Lancey, ces deux offres ne s'adressent pas directement au grand public, mais permettent tout de même d'améliorer leur quotidien, du moins en théorie. Les deux ont dans tous les cas déjà commencé à déployer leur service ; l'offre est donc fonctionnelle.

Un guidon connecté avec GPS sans abonnement, mais avec remontée d'informations

Chez Velco, un guidon pour vélo était exposé. Il intègre un GPS (pratique en cas de vol), des phares qui s'allument automatiquement (puissance maximum de 224 lumens) ainsi que des indicateurs lumineux pour suivre un trajet sans avoir ses yeux collés sur le GPS. Rien de bien exceptionnel pour le moment, d'autant plus pour un produit qui sera vendu 279 euros dès le mois de mars.

Si jusqu'à présent il était question d'un abonnement pour profiter de la géolocalisation, le fabricant nous explique avoir trouvé une solution pour proposer ce service gratuitement à ses clients : il récupère des données sur l'état des routes (présence de trous, absence de lumière, etc.) et revend ses données à des tiers.

Interrogé sur l'anonymisation, Velco affirme qu'il n'est pas en mesure de savoir quel vélo remonte une information. Il sait simplement qu'il s'agit d'un vélo de sa flotte, à tel endroit. Une approche gagnant-gagnant si la mise en place est bien confirmée.

Velco CES 2018
Crédits : Sébastien Gavois (licence: CC by SA 4.0)

Le vin dans tous ses états avec l'aérateur Aveine et le système Coravin

Le CES Unveiled est également l'occasion de découvrir des objets inattendus. Les Français d'Aveine exposaient ainsi leur bouchon « connecté » capable d'aérer instantanément votre vin (et ainsi éviter des heures de carafage). Sur le devant, une zone tactile permet de choisir la durée d'aération souhaitée (entre 1h et 24h), puis le bouchon fait le reste automatiquement lorsque vous servez le vin dans un verre. La partie connectée de l'appareil sert en fait à vous donner des indications sur le temps de carafage recommandé en fonction de la bouteille.

Aveine compte se lancer via une campagne de financement participatif au mois de mars. Comptez 200 euros pour un aérateur tout de même. Cette version laisse entrer de l'air dans la bouteille, mais une seconde en étude serait capable de faire le vide afin de conserver le vin plus longtemps une fois la bouteille ouverte. 

Dans le même registre, Coravin propose un nouveau système connecté permettant de servir du vin sans ouvrir une bouteille : Model Eleven. Il reprend le même principe de fonctionnement que les autres Coravin : il utilise une petite aiguille (trouée afin de laisser passer un liquide ou de l'air) pour traverser le bouchon alors qu'il est encore sur la bouteille.

Une fois en place, la première étape est d'envoyer du gaz (de l'argon) afin de mettre un peu de pression dans la bouteille pour servir du vin sans faire entrer de l'air. On peut enlever le système de la bouteille et, au bout de quelques secondes, le bouchon en liège (Coravin ne fonctionne pas avec les bouchons en plastiques) reprend ses droits et la bouteille peut de nouveau être rangée dans votre cave, à l'horizontale. Le Vin peut de nouveau se conserver pendant des années. Vous pouvez donc boire un verre de temps en temps de vos vins préférés sans avoir à finir la bouteille.

Tarif de départ : 199,95 euros pour le Model One. Le Model Eleven sera vendu en septembre, pour 999,95 dollars, avec des fonctionnalités supplémentaires qui restent encore à annoncer. À cette période, le fabricant proposera également une application pour enregistrer des « moments Coravin » : se souvenir d'un verre que l'on a dégusté, avec qui et dans quelles circonstances.

Nous avons demandé à Coravin si un rapprochement avec Aveine ne serait pas envisageable afin de profiter des avantages des deux services, finalement très complémentaires. La réponse est oui est et les premiers contacts ont déjà été pris à l'occasion du CES nous explique Coravin. Reste à voir ce qu'il en ressortira.

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Les insolites : vanne d'eau connectée, éléctrostimulateur périnéal, valise autonome

De son côté, Guardian est une solution permettant de connecter et rendre « intelligente » une vanne de plomberie. Elle se connecte à une installation existante et l'actionne grâce à son moteur. Associée à des capteurs, elle peut ainsi fermer automatiquement l'arrivée d'eau en cas de fuite. Il faut tout de même débourser 399 euros pour l'ensemble (moteur pour la vanne et trois capteurs).

Dans un registre différent, MyPeriTens était également au CES Unveiled. Comme son nom le laisse supposer, il s'agit d'un éléctrostimulateur périnéal connecté. Il permet de soulager les douleurs pelviennes et renforcer les muscles du plancher pelvien. Il peut ainsi traiter l'incontinence urinaire et aider à la rééducation du périnée. Il est déjà en vente pour 299 euros.

Mais l'objet le plus étrange/inquiétant reste pour le moment la valise autonome de ForwardX. Elle est équipée d'un moteur afin de suivre son propriétaire à la trace et d'une caméra pour éviter les obstacles.

On ne peut tout de même pas s'empêcher de penser à l'invention de Gaston Lagaffe : une valise roulante dont la quasi-totalité de l'espace est occupée par les batteries ; il ne restait alors plus qu'une petite place pour un nécessaire de toilette. Sur place, nous n'avons pas pu ouvrir la valise pour voir ce qu'il en était.

Aveine CES 2018MyPeriTens CES 2018

Que faut-il retenir du CES Unveiled ?

Sans surprise, le CES Unveiled fait la part belle à l'e-santé et plus particulièrement à des solutions permettant de prolonger la vie des personnes à domicile, sous surveillance et avec des systèmes d'alerte en cas de problème. Les approches sont différentes suivant les sociétés, mais se veulent toujours le plus simple possible. La bonne nouvelle c'est que la question du respect de la vie privée semble prise en compte par les différents acteurs.

Cette problématique est également dans la tête de plusieurs sociétés françaises travaillant sur des assistants numériques. Nous pouvons évidemment citer Wiidii, mais aussi Care OS qui développe une box et un système d'exploitation autonome pour gérer tous les objets connectés de la salle de bain (brosse à dents, miroir, etc.), avec un système de reconnaissance des visages et de la parole. Il faudra tout de même voir au-delà des promesses afin de vérifier ce qu'il en est réellement.

Concernant les objets connectés, ils sont toujours aussi nombreux, ce qui n'est pas sans poser quelques soucis : multiplication des applications, manque d'interopérabilité, etc. Cette année c'est Otodo qui se lance, là ou d'autres ce sont alégrement cassés les dents depuis plusieurs années. Le fait d'infiltrer les FAI sera-t-elle suffisante ? Réponse dans les mois qui suivent.

Il ne s'agit là que d'une première conclusion suite au CES Unveiled, qui ne regroupe qu'une infime partie des sociétés présentes au CES. Une fois le salon terminé, nous aurons certainement l'occasion de refaire le point sur la situation.


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