C'est le grand jour pour le PC « dans le Cloud » Shadow : nouvelle offre, ouverte à tous

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le mercredi 29 novembre 2017 à 10:13
David Legrand

Le PC Shadow de Blade va être mis sur le marché aujourd'hui. Alors que les derniers préparatifs se mettent en place, nous avons décidé de faire le point sur la nouvelle offre de la jeune société avant de pouvoir tester son service et les Quadro P5000 qui font leur apparition pour l'occasion.

Après un an de test, le PC « dans le Cloud » Shadow de Blade sera accessible à tous dans la journée en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg et en Suisse. La disponibilité sera immédiate pour les plus rapides, et pourra prendre jusqu'à un jour ou deux si le succès est au rendez-vous et que tous les serveurs activés sont commandés.

Il avait précédemment été mis en vente de manière limitée, de quoi permettre aux équipes de Blade d'atteindre 5 000 clients et de peaufiner le service. Pour ce lancement, l'offre a été retravaillée, avec une configuration renforcée et des serveurs désormais hébergés chez Equinix en région parisienne.

Après nous être intéressé à l'évolution de ce projet et aux dernières annonces de l'équipe, nous avons décidé de faire le point sur ce « Shadow Next Gen » avant de pouvoir nous attarder sur son fonctionnement.

Notre dossier sur Shadow, le « PC du futur » :

Une machine haut de gamme, à partir de 29,95 euros par mois

Commençons par le commencement. Shadow est un service permettant d'accéder à une machine performante à distance. Vous pouvez l'utiliser à travers des applications pour Android, macOS ou Windows (bientôt iOS), mais aussi à travers un boitier qui est proposé en option (nous en reparlerons).

Cela vous permet par exemple de recycler un vieil ordinateur pour en faire une bête de course. Seul élément requis : disposer d'une bonne connexion internet, la fibre étant la situation idéale. Mais l'équipe a travaillé depuis des mois sur une solution de « qualité dynamique » permettant un fonctionnement même sur des lignes ADSL / VDSL. Après de premiers essais, elle a été entièrement réécrite pour être gérée côté serveur plutôt que côté client. 

Son mode de fonctionnement consiste à privilégier la réactivité en limitant le plus possible la latence, la qualité d'image dépend ensuite du débit de votre connexion et de la définition de l'image demandée. Cela peut aller jusqu'à de la 4K. 15 Mb/s est donc le minimum recommandé pour une bonne expérience, même si cela peut fonctionner à partir de 5-10 Mb/s.

Le cas des connexions mobiles comme la 4G est un peu différent car elles sont en général moins stables et peuvent donc poser plus de problèmes dans la pratique. Pour le moment la qualité dynamique est seulement proposée sur le boîtier, elle devrait arriver rapidement dans les applications à travers la mise à jour Jafaar

Des interfaces spécifiquement pensées pour le mobile sont également en préparation (voir notre analyse) sous le nom de code Shadow Beyond. Elles permettront de simplifier l'accès à vos contenus audio, vidéo mais aussi à vos jeux. Les données sont récupérées depuis IMDb dans le cas des films, d'Origin et Steam pour les jeux (Uplay devant arriver ensuite). Mais elles n'arriveront pas avant le mois de janvier dans le meilleur des cas. 

Shadow Client Windows 0.2.11Shadow Client Windows 0.2.11

La machine de base qui vous est fournie est en partie mutualisée. Chaque serveur peut accueillir quatre clients qui ont droit à la moitié d'un processeur Xeon E5-2620 v4, soit quatre cœurs (8 threads). Il est accompagné pour chaque utilisateur de 12 Go de DDR4 et de 256 Go de stockage. Cela peut paraître peu, mais c'est suffisant pour un fonctionnement de base. Blade doit proposer dans les semaines qui viennent des options permettant d'aller un peu plus loin à ce niveau.

La carte graphique, elle, est dédiée et Blade évoque un produit « NVIDIA haut de gamme ». Il s'agit en réalité d'une Quadro P5000, un modèle équivalent à une GeForce GTX 1080 mais adapté à une utilisation au sein des serveurs (voir notre analyse). Une licence Windows 10 Famille est également fournie. Autant dire que vous disposerez d'une machine puissante, accessible depuis de nombreux appareils. 

La promesse est celle d'un fonctionnement qui se veut quasiment identique à celui d'un PC classique, et dans la pratique c'est effectivement le cas. La latence est imperceptible sur une bonne connexion, et la qualité d'image au rendez-vous, surtout avec les dernières évolutions du client de connexion et du service de streaming.

Côté tarif, comptez 29,95 euros par mois minimum. Pour ce prix, vous devrez accepter de vous engager pendant 12 mois. Vous pouvez décider de le faire uniquement pour trois mois ou un mois, mais le tarif sera alors plus élevé : 34,95 ou 44,95 euros par mois, respectivement. Le support est assuré 7 jours sur 7 de 10 h à minuit.

Faut-il prendre le boîtier ? Comment tester Shadow

Le boîtier est de son côté fourni pour 7,95 euros par mois, quel que soit l'engagement. Vous pouvez décider de l'acheter pour 119,95 euros. Ses dimensions sont de 190 x 185 x 110 mm pour 661 grammes. Il propose deux ports USB 2.0, deux USB 3.0, un port réseau Gigabit, un duo de prises casque/micro, deux sorties DisplayPort. Certaines clés Wi-Fi peuvent également être utilisées.

Un adaptateur DP/HDMI est fourni dans le bundle. Pour le moment, les deux sorties vidéo ne peuvent être utilisées simultanément en raison du pilote de la puce utilisée dans le boîtier (AMD) qui ne le permet pas encore. Mais une solution doit être trouvée dans les mois qui viennent.

Actuellement, ce boîtier dispose de quelques avantages comme le fait de permettre d'utiliser des appareils connectés en USB, un casque/micro ou encore d'accéder aux périphériques du réseau local (LAN over IP). Blade a déjà indiqué que les clients classiques allaient progressivement proposer de telles possibilités, mais elles sont pour le moment en cours de développement. C'est donc à vous de choisir, en fonction de votre besoin. 

Le seul moyen de tester Shadow aujourd'hui est de vous abonner pour un mois. L'équipe a néanmoins confirmé qu'elle travaillait sur une offre d'essai qui sera proposée dans les jours à venir. Si vous hésitez, vous pouvez donc attendre encore un peu afin d'avoir une solution pour vous faire une idée à moindres frais. 

Shadow PCShadow PC

Qu'est ce qui se trouve dans les petites lignes ?

Comme tout service par abonnement, Shadow nécessite de s'attarder un peu sur les conditions générales d'utilisation et autres éléments de la FAQ pour éviter de se retrouver dans une situation problématique.

Si votre abonnement venait à être coupé par exemple, vous pourrez récupérer vos données. Blade indique que « vous êtes invité à sauvegarder vos données avant la date limite de votre engagement. Si toutefois vous avez oublié, elles seront mises à votre disposition via un lien sécurisé durant une durée maximale de trente jours ».

La société prévient également qu'elle ne vous protège pas si jamais vous utilisez la machine pour du téléchargement illicite par exemple. La société a d'ailleurs récemment introduit une limite à 1 Gb/s en téléchargement et 100 Mb/s en upload pour éviter qu'un utilisateur ne puisse abuser de la connexion de son datacenter au détriment des autres.

Attention aussi aux retards de paiement, les conditions précisant que « l’Utilisateur sera redevable d’une indemnité forfaitaire de retard égale à cinq (5) euros dans le cas où la deuxième tentative de prélèvement aurait échoué. Dans le cas où le retard excèderait trente (30) jours calendaires, une indemnité de retard au taux de 9% viendrait s’ajouter à l’indemnité forfaitaire. L’indemnité de retard sera décomptée par tranche de quinze (15) jours jusqu’au complet paiement des sommes restant dues, chaque période de quinze (15) jours entamée étant due dans son intégralité ».

Si jamais vous n'utilisez pas votre machine, celle-ci pourra être automatiquement mise en veille. Aux dernières nouvelles, le délai est d'1h30. Attention tout de même si vous avez des documents ouverts et non enregistrés. 

Pas de minage ou d'utilisation comme serveur

Du côté des usages, certains sont interdits explicitement. C'est notamment le cas du « minage de crypto-monnaies ou d’utiliser la puissance de calcul du Shadow afin de casser des clés de cryptage » de l'utilisation « comme serveur ou avec des logiciels ayant une fonction de serveur » ou encore à des fins de spam par exemple.

Il est également interdit de sous-louer un appareil Shadow, même si des partenariats spécifiques peuvent être mis en place. Ce sera notamment le cas avec Orange très bientôt. De manière générale (et un peu plus floue), « BLADE se réserve, en particulier, le droit de suspendre ou mettre fin à toute utilisation des Services qui perturberait le bon fonctionnement des équipements informatiques de BLADE ou le bon fonctionnement général des Services ». Une disposition dont il faut espérer que la société n'abusera pas. 

On regrettera également que la résiliation ne se fasse pas aussi facilement que l'abonnement. Il faut en effet passer par une lettre recommandée avec accusé de réception envoyée « à l’adresse mentionnée à cet effet dans l’Espace Utilisateur ».

Shadow PC
Ceci n'est pas une ferme de minage d'Ethereum

Une offre intéressante, qui se lance alors que la concurrence se multiplie

Avec sa nouvelle offre Shadow propose une solution performante, mais accessible. 30 à 50 euros par mois pour une machine avec une configuration telle que celle qui est proposée, notamment une Quadro P5000, est plutôt intéressant.

Bien entendu, certains préfèreront toujours disposer d'une machine en dur, quitte à dépenser 700 à 1500 euros à chaque renouvellement. Mais il s'agit surtout là d'une nouvelle possibilité pour ceux que la location arrange et qui disposent d'une bonne connexion, ou qui se déplacent souvent.

On s'étonne d'ailleurs toujours du fait que la société n'ait pas lancé d'offre à destination des entreprises qui pourraient être friandes de ce genre de solutions pour peu qu'on leur assure des garanties sur la sécurité des données stockées.

Pour Blade, il était temps de passer la seconde. Les concurrents se font de plus en plus nombreux entre LiquidSky, la solution grand public poussée par Thomson, le logiciel Parsec qui veut permettre à chacun de se composer sa propre solution de PC « dans le Cloud ». 

La jeune société dispose d'un avantage technologique, notamment au niveau de la latence, et compte bien le garder en peaufinant son produit et en explorant de nouveaux usages comme c'est déjà le cas sur le mobile. Mais une chose est sûre, les machines déportées dans des serveurs vont devenir de plus en plus courantes, et le déploiement de la fibre va sans doute accompagner le mouvement.

Reste maintenant à voir si Blade sera à même de prendre la tête de cette révolution avec son Shadow, en sachant convaincre les clients avec une offre désormais accessible à tous, mais aussi en faisant les bons choix. La mise en place d'une offre d'essai semble d'ailleurs, en la matière, une priorité sur laquelle l'équipe devra rapidement se focaliser.


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