HoloLens : Microsoft poursuivi pour la violation de deux brevets

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Justice
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le jeudi 23 novembre 2017 à 17:30
Kevin Hottot

Microsoft doit faire face à une nouvelle procédure judciaire l'accusant de violations de brevets. Cette fois-ci, c'est le casque HoloLens qui est dans le viseur d'une entreprise baptisée HoloTouch, qui aurait fait breveter en 1995 et 2004 plusieurs technologies utilisées dans l'appareil.

Depuis ses premières démonstrations, la technologie HoloLens de Microsoft intrigue. De nombreux usages ont été imaginés pour les lunettes du géant américain et laissent entrevoir une foule de possibilités, dans des domaines aussi variés que le divertissement, la formation ou encore le tourisme. Une multitude de marchés, potentiellement juteux, qui attirent forcément les convoitises.

Comme bien souvent, cela donne lieu à de longues batailles juridiques autour de la paternité de ces technologies, les brevets les décrivant pouvant être suffisamment flous pour être interprétés de différentes manières. C'est un peu ce qui se passe aujourd'hui entre Microsoft et une entreprise américaine nommée HoloTouch. 

Wol-holo

L'entreprise accuse Microsoft d'avoir violé deux de ses brevets. Le premier, déposé en juin 1995 (US 6,377,238) concerne une technique permettant à un utilisateur de piloter un ou plusieurs appareils sans toucher d'appareil de contrôle, de surface ou d'objet quelconque. Le tout « en interagissant avec des dispositifs de contrôle familiers qui sont visuellement perceptibles comme un clavier ». 

En clair, l'appareil fait apparaître une image holographique d'un système aussi banal qu'un clavier et l'utilisateur interagit avec en « passant ou pointant le doigt au travers de cette image holographique ». L'inventeur déclaré de ce principe s'appelle Robert Douglas McPheters et n'est autre que le fondateur d'HoloTouch.

L'homme apparaît également comme co-inventeur de la solution décrite dans le brevet US 7,054,045 déposé en juillet 2004. Celui-ci décrit une interface homme-machine « ne mettant en jeu aucun contact physique entre l'opérateur et les éléments de contrôle, parce que les éléments des périphériques d'entrée sont des images holographiques ». 

Le principal intérêt de cette nouvelle invention ne concernerait pas son principe, mais la disposition des différents éléments qui entrainerait « une réduction de la consommation d'énergie, la taille et le poids des interfaces holographiques ». 

Microsoft a déjà refusé de payer des licences

Si les termes utilisés dans deux brevets de HoloTouch sont très vagues, il y a un élément important à prendre en compte. Dans sa plainte déposée devant la Cour du district Sud de New York, l'entreprise explique que Microsoft a cité ses deux brevets lors du dépôt d'autres inventions, à savoir :

  • Le brevet US 9,606,506 - « Holographic interaction device » déposé en octobre 2013
  • Le brevet US 9,713,871 - « Enhanced configuration and control of robots » déposé en août 2015
  • Le brevet US 9,684,427 - « Three-dimensional interface » déposé en juillet 2014
  • La demande de brevet US 2009 0,237,356 - « Optical pointing device » déposé en mars 2008

Par ailleurs, HoloTouch explique avoir contacté Microsoft en septembre 2006 dans l'espoir de forger un partenariat avec le géant américain dans le développement de produits exploitant ces technologies. Microsoft n'aurait pas répondu aux sollicitations de l'entreprise. 

HoloTouch assure avoir repris contact en novembre 2015 et janvier 2016 afin de négocier des licences pour les deux inventions citées par Microsoft. Le géant américain a répondu par la négative après avoir étudié le contenu des brevets concernés.

Comme d'habitude dans ce genre d'affaires, les plaignants réclament le versement de dommages au titre des violations de brevets. De façon moins habituelle, il n'est pour l'instant pas question de faire interdire l'importation sur le territoire américain des appareils concernés par ces infractions.


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