PC Shadow : un an après son lancement Blade veut passer la seconde (et à des GTX 1080)

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le lundi 20 novembre 2017 à 10:00
David Legrand

Cela fera un an en décembre que les premiers PC « dans le Cloud » Shadow ont été livrés aux « early birds ». Après une levée de fonds de 51 millions d'euros en juin et de nombreuses « aventures », Blade veut ouvrir son service à tous avec de nouvelles offres, tout en récompensant ses premiers fans.

Fin juin 2016, la jeune société française Blade dévoilait sa solution pour « réinventer l'informatique grand public » à travers une offre de PC « dans le Cloud » : Shadow. Une solution dans la continuité d'offres comme Workspaces d'Amazon ou encore le Cloud Desktop d'OVH, mais avec quelques différences majeures.

Notre dossier sur Shadow, le « PC du futur » :

Shadow, une solution pensée d'abord pour les joueurs

Pour faire simple, vous disposez d'une machine sous Windows 10 Famille accessible depuis n'importe où avec un simple couple identifiant / mot de passe. Toute la puissance de calcul et le stockage sont dans des serveurs, votre écran ne fait qu'afficher le résultat sous la forme d'une vidéo.

C'est un peu comme si la tour de votre PC était placée dans un datacenter et que le câble HDMI de votre écran ainsi que les câbles USB de vos périphériques étaient remplacés par votre connexion internet. Mais malgré cela, la différence est presque imperceptible. Seul réel inconvénient : sans connexion internet, plus de PC à utiliser.

Comme nous l'avions analysé alors, il s'agissait surtout de miser sur une communauté de joueurs avec des machines puissantes équipées d'un CPU Intel Xeon (3C/6T), 12 Go de mémoire, 256 Go de stockage mais surtout d'une GeForce GTX 1070. Côté tarif, Shadow se veut attractif : entre 29,95 euros par mois pour un engagement annuel et 44,95 euros par mois pour un engagement mensuel. Pour rappel, une GTX 1070 se négocie aux alentours de 400 euros pièce, seule.

Le tout était rendu possible grâce à des partenariats avec ASUS, Intel et BSO (qui gère la partie réseau du service). Les serveurs devant accueillir les premières vagues de clients sont hébergés dans une salle dédiée chez Data IV dans le sud de Paris, ils bénéficient de deux connexions symétriques de 10 Gb/s.

Pour ce prix, l'utilisateur reçoit un boîtier lui permettant de profiter de son PC Shadow. Les premiers clients de la vague « early birds » ont eu droit à un modèle cubique numéroté, contenant un SoC AMD Serie-R Merlin Falcon (Excavator, GCN 3ème génération), deux Display Port, deux USB 3.0, deux USB 2.0, un duo casque/micro ainsi qu'un port réseau Gigabit. 

Les promesses étaient alors nombreuses : pouvoir utiliser deux écrans en simultané, une définition 4K @30/60 Hz ou 1080p @ 144 Hz (sous réserve d'un débit suffisant). Le son 5.1 n'était alors pas supporté « mais ce sera possible via un développement futur ! » précisait alors la FAQ.

Passer de 500 à 100 000 clients, un défi à plusieurs niveaux

Pour séduire ses 500 premiers clients, Blade a concentré sa communication sur les équipes d'eSport, les youtubeurs/streameurs et autres sites de jeu vidéo. La société était présente à la Paris Games Week l'année dernière avant les premières expéditions en décembre. L'idée était alors de tester le modèle avant une expansion en mars à 3 000 personnes supplémentaires.

Comme l'on pouvait s'y attendre, le succès a été au rendez-vous. Et, comme souvent dans ce genre de cas, tout ne s'est pas passé comme prévu et tout a été bien plus compliqué que l'équipe ne l'espérait. Ici, c'est surtout la façon de réagir qui fait la différence. Et au fil des mois, Blade a montré sa capacité à reconnaître ses erreurs, apprendre, avancer et surtout évoluer assez rapidement.

Elle a donc fait évoluer son produit au niveau matériel et logiciel, tout en restant toujours assez proche de sa communauté. 51 millions d'euros ont été levés en juin dernier auprès des investisseurs de départ, mais aussi de nouveaux comme Laurent de la Clergerie (fondateur de LDLC). L'équipe est désormais composée de plus de soixante personnes, avec pour objectif d'internationaliser le produit et d'avoir 100 000 clients fin 2018.

Mais mener de front une forte croissance interne et des objectifs élevés n'est pas toujours simple : il faut intégrer les petits nouveaux, leur faire acquérir la culture de l'entreprise, mettre en place de nouveaux process... le tout en avançant, rapidement, et sans mettre de côté les clients. Gare au burn-out !

Conquérir l'Amérique

Pourtant, deux nouvelles vagues de livraisons ont été effectuées. Les clients Android, macOS et Windows ont été retravaillés pour permettre à ceux qui le veulent de s'affranchir du boîtier, et ces dernières semaines se sont concentrées sur deux points : le déménagement des locaux ainsi que la mise en place des nouvelles offres en vente directe. 

Avant de débarquer au CES 2018, avec des bureaux et un data center flambant neuf sur la côte ouest, Blade veut faire de son Shadow un produit accessible à tous, à travers son site, mais aussi en partenariat avec Orange.

Et alors que ce « Shadow Next Gen » semble prêt à sortir de sa chrysalide, une conférence de presse étant organisée demain (pensez à suivre @next_labs), nous avons décidé de faire le point sur la situation de l'entreprise et les projets annoncés par Emmanuel Freund et ses équipes, notamment dans une vidéo diffusée vendredi.

Nouveau datacenter, offre sans boîtier et vente directe 

Cette conférence de presse a d'ailleurs été une première fois retardée. Prévue au départ pour le 26 octobre, il a été décidé de l'organiser après la Paris Games Week (et sa piscine à boules), un choix plutôt judicieux tant l'organisation d'un tel évènement peut être prenant et usant pour les équipes. 

Son moment fort doit être l'annonce de la date d'ouverture des commandes, qui avait été promise avant la fin de l'année. Pour rappel, Shadow a été mis sur le marché jusqu'à maintenant par vagues, avec un nombre limité à chaque fois. Désormais, ce ne sera plus le cas et chacun pourra s'inscrire comme il le souhaite.

Pour cela, l'équipe a décidé de mettre en place un nouveau datacenter avec des lignes à 100 Gb/s cette fois, mais aussi de revoir son site afin de proposer des fonctionnalités plus automatisées. Espérons que l'on pourra forcer le redémarrage ou remettre à zéro un PC Shadow directement dans l'interface. Actuellement, il faut passer par le support, ce qui est aussi contraignant pour les équipes que les clients. 

Autre nouveauté : l'abonnement sans boîtier, déjà proposé à la Paris Games Week 2017. L'équipe a en effet énormément travaillé sur ses applications, elle est désormais assez confiante pour ne plus rendre obligatoire le boîtier. Un choix qui a un intérêt côté rentabilité et simplicité du processus de commande puisque cette machine a un coût de fabrication et de maintenance, elle doit être expédiée au client, il faut en avoir assez en stock, etc.

Fabriquer son propre boîtier, c'est compliqué

Mais il est aussi sans doute le résultat des problèmes rencontrés par Blade ces derniers mois. Fabriqué en France, ce boîtier qui revendique un design « futuriste » à l'opposé du cube du lancement, a eu droit à des retards sur la conception de son moule. Il a ensuite été question de soucis avec la finition des ports USB et jack, nécessitant de proposer une nouvelle version pour les clients de la vague de juin.

L'adaptateur DisplayPort / HDMI fourni dans le bundle était également à l'origine de soucis techniques nécessitant un remplacement. Au final, la société a d'ailleurs dû opter pour un modèle légèrement limité puisque ne proposant au maximum que du 1080p @ 120 Hz ou de la 4K @ 30 Hz.

Tout cela n'a pas été sans causer des soucis à la jeune société qui a dû repousser sa première vague de livraisons au 20 avril, avec une utilisation gratuite via les applications tant que le boîtier n'était pas livré, en complément de récompenses. Elle avait même mis en place un site et un compte Twitter dédiés pour dédramatiser la situation : On attend Shadow !

Concernant la vague de juin, cela a été bien plus long puisqu'il était aussi question de soucis techniques sur le stockage (nous y reviendrons). Blade a donc décidé d'attendre que tout soit réglé et n'a effectué ses livraisons et ouvert l'accès aux machines virtuelles que début octobre. Légère consolation : il était possible de choisir un boîtier blanc.

Une communication directe et encore un peu éparpillée

Le tarif de cette nouvelle offre sans boîtier, et le coût pour ceux qui voudraient en commander un dans un second temps n'ont pas encore été dévoilés. Ils le seront à la conférence de presse de demain.

« On ne va dévoiler aucune information ici pour une raison assez simple, c'est que si les infos leakent avant la conférence, ça n'intéresse plus trop les journalistes de venir et on se retrouve à faire une conférence devant une salle vide, aucun article ne sort, ce serait un peu dommage » commentait vendredi Emmanuel Freund dans la vidéo d'annonce.

L'équipe est toujours prise entre sa volonté d'être proche de sa communauté et celle de faire porter son message à tous les clients potentiels. Et pour cela, la présence de journaux généralistes comme Le Monde ou Le Figaro, en plus des médias plus spécialisés qui suivent le projet depuis le départ est nécessaire.

Rappelons tout de même qu'une conférence de presse est l'occasion de rencontrer et de discuter avec les équipes, de tester les nouveautés. S'il s'agissait de simplement récupérer une liste d'annonces, un email ou une vidéo publique seraient suffisants. Tout comme il est possible de s'intéresser à l'évolution d'un produit sans que cela ne vienne du service presse de la société. Cet article en est la preuve.

Quoi qu'il en soit, Blade a annoncé en juin une réorganisation de sa communication. Les A.M.A. (Ask Me Anything) qui contenaient une séquence de questions/réponses en complément d'annonces de la société ont été renommés Shadow News, et se tiennent désormais de manière hebdomadaire. Des emails font régulièrement le point sur la situation.

Néanmoins, les canaux restent nombreux et il faut parfois fouiller pour trouver une information entre Facebook, YouTube, Twitter et les « Live » sur Periscope, les emails, Discord, le forum (qui vient d'être renouvelé) et le site de support. Il y a sans doute encore un peu de travail à faire pour rationaliser tout cela et le rendre plus clair pour les clients... et plus simple à gérer pour les équipes.

Une GeForce GTX 1080 offerte aux clients engagés sur un an

La seconde annonce importante effectuée vendredi dernier est que tous les clients sur un engagement annuel passeront à une GeForce GTX 1080 sans frais supplémentaire. La procédure s'étalera sur les trois prochains mois et la possibilité de migrer un abonnement actuel vers une offre annuelle a été évoquée pour ceux qui voudraient en profiter.

Consciente que ces derniers mois n'ont pas été faciles pour les clients, l'équipe a décidé de récompenser la patience de ceux qui ont cru tôt dans le projet : « Vous avez essuyé tous les plâtres et pour nous ça a une vraie valeur, pour nous vous serez toujours plus importants que les nouveaux clients qui vont arriver ».

La société veut aussi montrer que sa promesse d'une machine qui évolue avec le temps sans conséquence sur le prix est une réalité. Ce, même si aucune nouveauté majeure n'est sortie du côté des GPU ces derniers mois, faute de réelle concurrence et d'une version Volta accessible à tous chez NVIDIA.

GeForce GTX 1070 1080 NVIDIAShadow CPU Early bird

Blade avait déjà fait un choix identique en proposant un processeur à quatre cœurs au lieu de trois aux early birds. Ceux-ci sont d'ailleurs sur des Xeon 2650 v4 alors que les clients plus récents ont droit à des 2620 v4. Dans la pratique, il y a assez peu de différences entre ces modèles (voir leur comparaison) excepté la densité du nombre de cœurs.

Nous tenterons d'ailleurs de revenir avec l'équipe sur ces choix techniques. Souvent critiquée pour le modèle de processeur utilisé, elle le répète à longueur de vidéos : ses tests internes montrent qu'il ne s'agit pas d'une source de limitation dans les jeux. Aucune mise à jour ou option ne semble ainsi prévue à court terme.

Un partenariat avec NVIDIA... un futur concurrent

Il sera d'ailleurs intéressant de surveiller un point : les cartes graphiques. Car si Blade utilise bien des Xeon dans ses serveurs, la société a opté pour des GeForce et non des Quadro. Un choix qui est en général « déconseillé » par NVIDIA qui ne voit pas d'un bon œil de telles pratiques.

Les Quadro sont en effet pensées pour un usage intensif en datacenter, avec un support et des éléments spécifiques concernant la virtualisation. C'est d'ailleurs le cœur de sa solution GRID, mais aussi de services de « Cloud GPU » proposés par Azure ou encore Microsoft. Mais ces cartes sont aussi bien plus chères.

C'est pour cela que certains font le choix de passer outre. Shadow n'est d'ailleurs pas seul, puisqu'OVH a fait de même avec son offre Public Cloud ou même certains de ses serveurs dédiés.

Blade a néanmoins annoncé la signature d'un « très beau partenariat » avec NVIDIA. Est-ce le signe que la jeune société va rentrer dans le rang ? Son passage à des GeForce GTX 1080 semble indiquer le contraire, mais il sera intéressant de creuser ce point lors de la conférence de demain. 

Autre point de friction potentiel : le lancement de GeForce Now pour macOS et PC (voir notre test). Si cette offre n'est pas directement concurrente de Shadow qui propose un accès complet à Windows, elle vise la même cible : le joueur qui n'a pas forcément accès à une machine haut de gamme et peut se laisser tenter par de la location. 

Même si tout se passe bien pour le moment, Blade sera ainsi en partenariat et dépendant par rapport à un concurrent potentiel qui pèse lourd dans l'industrie. Une situation qui n'est pas forcément la plus confortable mais avec laquelle il va falloir composer. Tout du moins, tant qu'AMD (ou Intel ?) ne sera pas en mesure de proposer des alternatives viables.

GeForce Now Mac

Le besoin de se focaliser, la qualité dynamique comme première priorité (Merlin)

Blade a de toute façon des échéances à plus court terme à tenir. Et malgré l'expansion de l'équipe, il lui faut « se focaliser » sur certains sujets en priorité afin de tenir les délais et contenter les clients qui doivent être de plus en plus nombreux. Un point crucial alors que l'offre va devenir accessible à tous.

Les choses se sont donc accélérées ces dernières semaines concernant la qualité dynamique. Ici, il s'agit d'adapter le flux de l'image à la connexion plutôt que de demander à l'utilisateur de choisir un niveau de débit. Actuellement, 15 Mb/s minimum sont recommandés, un gros travail ayant été fait sur la qualité d'image et la compression à travers la mise à jour Merlin déployée pour la première fois à la fin de l'été sur le Royaume Public de Test (RPT) du boîtier Shadow.

L'objectif est de permettre un usage correct dès 5 Mb/s et jusqu'à 100 Mb/s ou plus pour ceux qui veulent du 144 Hz et/ou de la 4K. Cette ultra haute définition est d'ailleurs indiquée comme accessible à partir de 30 Mb/s. Si vous optez pour le mode « Automatique », la qualité de la connexion sera constamment analysée afin de proposer le meilleur compromis, à la manière de ce que l'on retrouve déjà sur des services de streaming comme Netflix

Derrière cette décision on retrouve sans doute la volonté de ne pas se limiter à des clients qui ont accès à la fibre, mais aussi de pouvoir éviter les remontées au support lorsque c'est la connexion qui est en cause parce que tout le reste de la famille est en train de regarder des contenus vidéo en ligne. Un problème plutôt récurrent selon l'équipe. 

Corrections de bugs et reconnaissance par les systèmes anti-triche

Ces dernières semaines ont été aussi très chargées du côté de la résolution des problèmes techniques. C'est notamment le cas pour les anti-virus avec Avira Prime, Viruskeeper Free, Norton Deluxe, BitDefender Lifetime, GData, Pandasecurity et FSecure qui sont désormais supportés.

Ce dernier a d'ailleurs noué un partenariat avec Blade et offert 1 an de licence aux clients en ayant fait la demande. Les mises à jour de pilotes NVIDIA peuvent désormais être effectuées sans problème (un carré rouge s'affiche quand un autre pilote est chargé) et une fonctionnalité de compensation colorimétrique permettant d'ajuster les couleurs a été ajoutée.

Les soucis de NAT strict qui limitait les parties multijoueur avec des jeux Ubisoft comme Tom Clancy's Rainbow Six : Siege, les problèmes avec Forza Horizon 3, ou encore les lenteurs de chargement en raison du fonctionnement du système de stockage (nous y reviendrons) ont été réglés. Le cas d'Overwatch et Blizzard semble encore incertain.

En effet, le dispositif anti-triche de l'éditeur considère parfois un PC dans une machine virtuelle tel que Shadow comme une triche potentielle et affiche un écran noir, obligeant à trouver des solutions de contournement (comme le lancement d'une seconde session). Dommage pour un service de Cloud Gaming qui est en partenariat avec les bars Meltdown et l'ESL pour des compétitions. 

Blade est néanmoins en contact direct avec les équipes américaines de Blizzard, qui ont accès à son produit et devrait finir par trouver une solution. Les principaux problèmes audio ont aussi été résolus. Reste un décalage son/image qui intervient rarement, mais qui est désormais reproduit par l'équipe. Diverses solutions sont en cours de test.

Le support du double écran n'est par contre toujours pas de la partie avec le boîtier, AMD tardant à livrer un nouveau pilote permettant de régler les problèmes détectés. Emmanuel Freund précise que le constructeur est réactif et propose presque chaque semaine une nouvelle version. Mais tout n'est pour le moment pas résolu.

Plantages divers, abus de certains clients et premières limitations

À cela s'est ajouté un problème de routeur défectueux fin septembre, qui a planté plusieurs clients, ce qui a donné lieu à la mise en place d'un live Periscope pour les tenir informés. C'est également un routeur qui était à l'origine d'artefacts et de freezes qui se répétaient en soirée, un problème qui a été réglé récemment. 

Mais l'équipe a aussi dû faire face aux premiers abus, prévisibles avec l'afflux d'un nombre croissant d'utilisateurs. Certains ont ainsi utilisé leur PC Shadow comme une seedbox, et utilisaient de manière constante une partie importante de la bande passante (2x 10 Gb/s pour rappel), sans trop se préoccuper de l'impact sur les autres clients.

De premières limitations ont ainsi été mises en place de manière temporaire afin de voir si cela réglait le problème : 1 Gb/s en téléchargement, 100 Mb/s en débit montant. Cela a effectivement résolu plusieurs soucis. Il est aussi question d'une mise en hibernation automatique au bout d'1h30 d'inactivité, afin d'éviter que des utilisateurs n'oublient d'éteindre leur machine, ce qui n'est pas sans conséquence pour les coûts de la société.

Unification des clients, nouveautés et process de test

Sur le terrain des bonnes nouvelles on constate que le travail de fond effectué du côté des applications porte ses fruits. L'interface du launcher va désormais être unifiée, chaque plateforme disposant de son système de rendu spécifique.

Android, macOS et Windows restent les cibles principales. Pour Linux, un client existe mais n'est pas rendu public pour l'instant. Pour iOS, c'est également le cas et des annonces pourraient venir, mais « ne vous emballez pas trop » précise Emmanuel Freund. Windows Phone n'est pas au programme. 

Shadow Client Windows 0.2.11Shadow Client Windows 0.2.11

L'accès aux versions bêta va être clarifié, un peu à la manière du Royaume Public de Test accessible depuis le boîtier. Il sera ainsi possible d'utiliser une branche stable ou non des clients. « On est sur des temps de release assez courts, avec une nouvelle application qui sort toutes les semaines » précise l'équipe qui veut améliorer les choses pour s'assurer que les futurs utilisateurs sans boîtier ne seront pas lésés.

Un processus de gestion des erreurs remontées a été mis en place, avec un système de logs et plus de tests pour s'assurer de la stabilité d'une nouvelle version avant sa mise en production. Il est aussi question du Shadow Test Program organisé sur Discord pour effectuer des essais précis, proposer un wiki des appareils compatibles et testés, etc.

La vibration fonctionne sur certaines manettes, le HDR est l'une des nouveautés à venir, sa mise en place étant déjà validée côté serveur. Des pistes sont aussi creusées comme la réalité virtuelle qui fonctionne en interne, mais pour laquelle aucun plan de mise en production n'est pour le moment évoqué.

Selon nos derniers tests, le client Windows est bien plus stable qu'auparavant, surtout par rapport à la mouture introduite en avril, même si ses options sont encore bien moins complètes que celle du boîtier. Il faudra bien entendu découvrir les améliorations qui accompagneront la version présentée lors du grand lancement et de l'ouverture à tous, mais les derniers efforts en la matière vont clairement dans le bon sens et permettent un usage au quotidien.

Le « Gaming » reste la cible principale, le B2B pour plus tard

Face aux évolutions annoncées, nous gardons tout de même une déception : la cible reste pour le moment celle des joueurs, sans vraiment s'étendre. Aucune offre avec une carte graphique inférieure à la GeForce GTX 1070 ne semble prévue, pas plus que des abonnements multiples ou pensés pour les entreprises.

Celles qui ont un besoin spécifique peuvent contacter Blade, mais rien ne semble prêt pour proposer à un particulier ou une PME de commander plusieurs machines avec un même compte. La question de la sécurité et du chiffrement peut sans doute être l'élément qui coince dans ce dernier cas, nous tenterons d'en savoir plus demain. 

Par contre, un programme a été mis en place en partenariat avec Student Gaming Network, le Shadow University Program. Celui-ci permet d'équiper des associations d'étudiants qui proposent des activités « Gaming » à leurs membres d'avoir accès à des machines, des goodies et des évènements dans des conditions spécifiques. 

Emmanuel Freund continue d'indiquer que des options comme le double boot ou l'accès à la virtualisation sont des éléments qui intéressent l'équipe, mais cela ne semble pas une priorité pour le moment. Dans ce second cas, il faut dire que cela impliquerait de s'assurer que la VM imbriquée n'est pas utilisée pour cacher un fonctionnement de type serveur, qui est pour rappel interdit dans les conditions d'utilisation de Shadow.

Le stockage distribué : un défi à relever, important pour le business model

Lorsque l'on regarde la composition de la machine proposée par Shadow, un élément choque : les 256 Go de stockage. En effet, avec des titres récents qui nécessitent parfois plusieurs dizaines de Go, on arrive vite aux limites et ce point a rapidement été critiqué dans l'offre.

Blade reconnaît d'ailleurs qu'elle doit rapidement proposer une solution. Il s'agit là d'un élément crucial de son modèle économique, une bonne partie de sa marge passant par ce genre d'options. Elle devait néanmoins régler d'abord les soucis techniques de sa nouvelle plateforme de stockage qui a rencontré des lenteurs et retardé les lancements.

En effet, pour les premiers clients, l'accès se faisait de manière locale. Problème, lorsque la machine virtuelle d'un utilisateur est déplacée sur un autre serveur, cela pouvait prendre du temps. Il a donc été décidé de migrer vers un modèle de stockage distribué à base de JBOD, permettant au passage la mise en place d'options payantes.

Des SSD servent de cache et des HDD permettent un stockage « froid », le tout étant regroupé par serveurs où sont placés plusieurs clients. Cette solution devait être utilisée pour les commandes de mars, mais elle n'avait pas été jugée assez efficace. Il a donc été décidé que son introduction se ferait pour celles de juin, mais elle a demandé plus de travail que prévu. De quoi participer au décalage de plusieurs mois entre les commandes et la livraison de cette troisième vague.

Malheureusement, une fois en place, certains ont constaté des lenteurs. Le lancement d'un jeu pouvait prendre plusieurs minutes. L'équipe et le fameux « Nikita » ont ainsi analysé la situation et trouvé un bug qui faisait parfois planter les serveurs de stockage, nécessitant leur redémarrage, le cache étant totalement vidé au passage. 

Différents niveaux de charge des serveurs ont été testés, certains montrant une limite trop importante en termes de performances. Ils ont donc été abandonnés et récemment six nouveaux serveurs de stockage ont été mis en place. Au final, les soucis ont été corrigés courant octobre, mais la solution est pour le moment assez coûteuse. 

L'équipe a donc accès à plusieurs Po de stockage à louer par To entiers, mais avant de lancer la commercialisation sous forme d'options, elle veut étudier les solutions qui s'offrent à elle afin d'éviter d'avoir à proposer un tarif qui serait trop élevé tout en gardant des performances « proches d'un SSD ».

Il a donc été décidé de boucler le lancement des nouvelles offres et de la vente directe en priorité, avant de se focaliser sur ce point qui devrait animer les prochaines semaines. Preuve que lorsque l'on veut révolutionner le PC, il faut savoir passer son temps à relever des défis. Mais cela ne semble pour le moment pas (trop) effrayer les équipes de Blade.


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