Pass Culture Jeune : espoirs et doutes en commission des affaires culturelles

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Loi
Marc Rees

L’idée d’un pass culture pour les jeunes, promise par le candidat Macron dans son programme présidentiel, divise la commission des affaires culturelles, dans son avis sur le projet de loi de finances pour 2018 (PLF). 

Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait programmé l’instauration d’un Pass Culture de 500 euros afin d’aider les jeunes de 18 ans à « accéder aux activités culturelles de leur choix : musée, théâtre, cinéma, concert, livres ou musique enregistrée ». En théorie, ce projet devrait reposer sur un système cofinancé par les distributeurs et les grandes plateformes numériques.

Seulement, passer du rêve à la réalité prend parfois un peu de temps. Dans les documents annexés au projet de loi de finances pour 2018, il ne faut pas s’attendre à une ouverture massive des vannes. Le ministère de la Culture a déjà indiqué que ce Pass « commencera à être mis en œuvre en 2018 ».

Seuls 5 millions d’euros ont été inscrits dans le PLF consacrés au développement des « outils numériques nécessaires à son déploiement ». Seulement, aucun autre détail n’a fuité puisque dans les documents de la Performance publique, on découvre que le champ couvert par ce dispositif « doit encore être précisément défini ».  

Un levier d'action pour le ciment social

Dans la forge parlementaire, la commission des affaires culturelles est quelque peu mitigée. Pierre-Yves Bournazel est en charge du chapitre sport, jeunesse et vie associative dans son avis sur le PLF. Ce député constructif assure que « la culture est l’un des principaux champs de la différenciation entre les classes sociales ».

Et pour mieux armer « le ciment social », peu de doute : « l’ouverture d’un ‘pass culture pour les jeunes’ annoncée par le Président de la République durant sa campagne électorale (…) pourrait constituer un fort levier d’action ».

Comme signalé par Contexte, Brigitte Kuster, sa collègue LR, a émis « les plus grandes réserves » sur ce fameux pass, si du moins il ne devait « consister que dans le versement d’un chèque de 500 euros, sur le modèle de ce qui s’est fait en Italie ».

Une utilité, si le système est bien étudié

La rapporteure pour avis du chapitre Culture s’est cependant opposée à l’amendement de Michel Larive (LFI) visant à vider les poches de ce pass pour combler la baisse des crédits alloués au patrimoine des musées de France. « Je pense qu’un dispositif bien étudié pourrait avoir toute son utilité. Je ne suis donc pas favorable, en l’état, à la suppression des crédits dédiés à sa mise en place dans le cadre du présent projet de loi de finances ».

Selon les calculs de Michel Larive, « selon les chiffres de l’INSEE, 848 927 jeunes auront 18 ans en 2019 », ce qui va représenter un total de 424 millions d’euros. « Le gouvernement ne semble pas avoir pris en compte la mesure de l’investissement nécessaire à la mise en place du dispositif » tacle l’élu qui aurait voulu que le gouvernement soit chargé de fournir un rapport sur les différentes pistes de financements.

La crainte d'effets pervers

« Le candidat Emmanuel Macron avait, lors de la campagne présidentielle, précisé que l’État ne financerait qu’une petite partie de la mesure, la majeure partie du financement devant provenir notamment d’une taxe sur les GAFA. Où en est-on ? » se demande le même élu LFI qui craint comme la peste « les mêmes effets pervers que ceux survenus en Italie avec le ‘Bonus Cultura’ ».

Depuis octobre 2016, les jeunes italiens de 18 ans ont débordé d’inventivité pour détourner ce chèque culture avec l'apparition d’un marché noir où ils ont revendu ces bons à moitié prix pour acheter d’autres biens ou services non culturels.  


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