Axelle Lemaire appelle le gouvernement à « ne pas reculer » sur l’Open Data

Rétro, c'est trop 10
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Crédits : Ville d'Angers-Viméo
Loi
Xavier Berne

Axelle Lemaire, l’ancienne secrétaire d’État au Numérique, a invité le gouvernement d’Édouard Philippe à avoir « une volonté et un portage politique très fort » pour « ne pas reculer » sur l’ouverture des données publiques. Des propos tenus à quelques centimètres de son successeur, Mounir Mahjoubi.

Tous deux étaient réunis à Angers, samedi 27 octobre, lors d’une table-ronde organisée dans le cadre du Word Electronics Forum.

Trois jours seulement après la « sortie » de Mounir Mahjoubi, qui a vertement critiqué le bilan du précédent gouvernement sur la loi Numérique, il nous était difficile de ne pas venir titiller l’ancienne secrétaire d’État au Numérique. Axelle Lemaire, défaite lors des dernières législatives, avait d’ailleurs jusqu’ici décliné toutes nos demandes d’interviews.

La question était donc simple : quel regard portez-vous sur le suivi de la mise en œuvre de la loi Numérique par votre successeur, à l’aune notamment des ratés sur les premières obligations d’Open Data « par défaut » s’appliquant aux administrations ?

« Madame Lemaire, vous auriez fait passer [ces décrets] s'ils étaient simples »

Passé quelques secondes d’embarras, c’est Mounir Mahjoubi qui prend la parole. « Il n'y a pas de tensions », a tout d’abord assuré le secrétaire d’État au Numérique. « Il ne faut pas construire des fausses oppositions. Sur la politique numérique du précédent gouvernement, dont j'ai été l'un des acteurs [en tant que président du Conseil national du numérique, ndlr], je ne peux que célébrer tout ce qui a été porté. »

Invité à présenter un calendrier pour la sortie des décrets manquants, Mounir Mahjoubi s’en est finalement tiré en renvoyant la balle à Axelle Lemaire. « Il en reste plus d'une vingtaine. Chacun a sa complexité. Sinon, Madame Lemaire, vous les auriez fait passer s'ils étaient simples. »

L’intéressée ne répondra pas directement aux propos de son voisin. « Il faut naturellement poursuivre ce mouvement de l'Open Data », déclare Axelle Lemaire après quelques rappels sur l’ouverture des données publiques.

« Il faut encore mettre en œuvre des décrets d'application », poursuit-elle. « C'est très complexe. Et il ne faut pas sous-estimer la résistance des acteurs institutionnels. J'ai testé en direct ! » Une réaction assez curieuse quand on sait que tous les décrets sur la mise en œuvre des nouvelles obligations d’Open Data « par défaut » de la loi Numérique ont été publiés...

« Le recul est facile » prévient Axelle Lemaire

L’ancienne secrétaire d’État au Numérique a toutefois mis en garde : « On est à un moment de l'histoire qui suppose une volonté et un portage politique très fort, pour ne pas reculer. Parce que sur ces sujets, qui sont des sujets très sensibles, le recul est facile. Je l'ai vu par exemple au Royaume-Uni lorsque le gouvernement conservateur est arrivé au pouvoir, « poum », il y a eu un coup d'arrêt à l'Open Data. »

Message transmis à Mounir Mahjoubi, qui a souhaité reprendre la parole pour conclure ces échanges. « Il faut qu'on y arrive, et il faut qu'on le fasse dans le réalisme des capacités », a temporisé le secrétaire d’État au Numérique.

Une façon de faire comprendre que l’exécutif entend se montrer plus compréhensif vis-à-vis des petites administrations. Ce serait pourtant oublier que les obligations d’Open Data « par défaut » visent uniquement les acteurs publics d’au moins 50 agents ou fonctionnaires. Une « dispense » prévaut également pour toutes les villes de moins de 3 500 habitants.

La vidéo de ces échanges est dorénavant disponible (notre question à 1:07:30) :


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