Google Wifi, Netgear Orbi et TP-Link Deco face à La Nouvelle Livebox d'Orange

Super-Wifi VS World 31
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Réseau TEST
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le vendredi 13 octobre 2017 à 18:00
David Legrand

Si les fabricants de routeurs proposent des solutions qui se veulent performantes, notamment lorsqu'il s'agit de couvrir un appartement ou une maison en entier, que valent-ils face à une box d'opérateur ? Nous avons décidé de répondre à cette question avec La Nouvelle Livebox d'Orange et son Super-Wifi.

Nous avons récemment fait le point sur la solution « Mesh » Google Wifi avant de l'opposer à plusieurs de ses concurrents offrant une solution unifiée comme les Orbi de Netgear et Deco de TP-Link. Mais si les routeurs Wi-Fi ont bien un ennemi en France, c'est la box proposée par les opérateurs.

Nous avons donc cherché à savoir ce que ces solutions apportent par rapport à celle qui est la plus véloce d'entre elles sur ce terrain : La Nouvelle Livebox et son Super-WiFi.

Super-WiFi : un nom pompeux, mais pas totalement usurpé

Comme nous le rappelions dans un précédent article, ce terme marketing signifie qu'elle propose du 802.11ac avec un débit de 1 733 Mb/s MIMO 4x4 + 450 Mb/s MIMO 3x3. Elle dépasse donc de loin les Freebox et autres solutions un peu anciennes.

Ainsi, seules les dernières box de SFR lui arrivent à peu près à la cheville avec 1 300 Mb/s + 450 Mb/s MIMO 3x3. Il faut dire que cette Livebox a été pensée avec la fibre en ligne de mire, les débits devaient donc être le moins possible une limite.

Reste néanmoins une déception : Orange s'est arrêté là côté innovation. Ainsi, la société ne propose pas de solution unifiée et se contente de vendre des répéteurs Wi-Fi sous sa marque (Extender Plus). En réalité, il s'agit d'un Air 4920 d'AirTies (1300 Mb/s + 300 Mb/s), sur lequel nous reviendrons dans un prochain article.

Stéphane Richard a bien évoqué du « Wifi intelligent » unifié et de nouveaux extenders lors de la dernière conférence Hello, mais sans vraiment trop en dire et sans que des produits soient disponibles à l'heure où nous écrivons ces lignes. Ils sont attendus pour la fin de l'année (donc avant le 31 décembre, si tout va bien).

En attendant, nous avons décidé de faire une première série de tests avec une Nouvelle Livebox seule. Pour cela, nous devions changer de lieu puisque dans la maison de Patrick, il nous était impossible d'utiliser une telle box. Nous nous sommes donc rendus chez Nolan, citadin branché qui a accès à « la fibre 100 % fibre » dans son appartement.

Analyse de l'appartement de Nolan

La fibre est un bon exemple des limites imposées par un Wi-Fi vieillissant ou insuffisant. En effet, avec des débits qui peuvent atteindre 1 Gb/s, toute utilisation d'autre chose qu'un bon vieux câble réseau (catégorie 5 ou plus) impose une limite. Et même avec un appartement d'une surface classique (ici 80 m²), le Wi-Fi 802.11ac peut rapidement s'essouffler.

Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, la raison est simple : l'appartement est long, composé d'un couloir (15 mètres) qui mène à chacune des chambres. La fibre, et donc la Livebox (4), se trouvent à l'opposé, ce qui correspond 12 mètres environ avec plusieurs parois au passage :

Appartement Nolan

S'il est assez simple pour un routeur Wi-Fi de couvrir le salon, c'est une autre paire de manches lorsqu'il faut atteindre la chambre la plus éloignée (1), notamment lorsqu'il s'agit de regarder une vidéo depuis le NAS (2), Netflix, ou tout simplement récupérer un fichier depuis un ordinateur portable. Cette chambre pourrait aussi être un bureau avec un PC nécessitant d'avoir un débit important et stable.

Le signal doit en effet faire face à la distance, mais surtout à de nombreux besoins de rebonds ou à de nombreuses parois. Une situation complexe, mais finalement assez commune, qu'il était donc intéressant d'analyser. L'idée est donc de voir quels débits sont atteints dans le meilleur et le pire des cas par nos différents routeurs Wi-Fi, puis l'apport d'une borne complémentaire.

L'utilisation d'un répéteur (4) a déjà été testée par notre hôte, sans succès comme nous le verrons plus en détail dans un prochain article. Il ne sera donc pas évoqué dans nos résultats du jour.

Protocole de test et produits utilisés

Nous avons placé nos différents routeurs (chacun leur tour) au niveau du bureau (4) puisque c'est ici que la famille place sa box. Cela permet en effet de la relier à différents appareils qui nécessitent un débit stable et important comme le PC fixe principal ou le NAS.

Ils sont connectés par un câble RJ45 (Gigabit) à un NAS DS416play contenant notre fichier de test de 3,7 Go. Nous avons effectué deux séries de relevés avec notre outil LAN Bench : dans le séjour (point 3, 3 mètres de distance) et dans la chambre (1). Lorsqu'un satellite était utilisé, il était positionné au point 2, qui est selon nos essais la position la plus efficace pour couvrir les deux chambres, un meuble et une prise étant également disponibles à cet endroit.

L'utilisation principale étant celle d'un ordinateur portable, nous avons utilisé pour nos mesures notre Transformer Book T300 Chi d'ASUS qui dispose d'une puce Wi-Fi 802.11ac @ 867 Mb/s capable d'atteindre jusqu'à un peu plus de 500 Mb/s en pratique selon nos essais. Cela devrait être suffisant pour constater des écarts entre nos différents appareils.

ASUS T300 Chi

En complément des Google Wi-Fi et Orbi RK40 que nous avions acheté, Netgear a mis à notre disposition des modèles RBx50 ainsi que des TP-Link Deco (achetés dans le commerce et nous ayant été livrés fermés sous blister). Nous avons également utilisé un routeur D-Link DIR-860L (867 Mb/s), qui nous permettra de voir l'intérêt d'utiliser un routeur 802.11ac « simple » par rapport à ces nouveaux concurrents annoncés comme plus véloces.

Tous les firmwares ont été mis à jour par nos soins au moment du test. Bien entendu, nous avons positionné chaque borne afin d'obtenir le meilleur résultat possible dans chaque cas. Trois relevés étaient effectués au minimum, nous avons retenu la moyenne des trois essais les plus significatifs à chaque fois.

  • Orbi RBK50 :

Cette référence est un peu plus imposante que le RBK40 (tri-band) mais elle se veut aussi plus efficace. En plus des deux flux dédiés aux appareils, elle double celui qui est utilisé entre le routeur et ses satellites (1,7 Gb/s). Ce sont ainsi pas moins de six antennes qui sont utilisées au sein de ce modèle annoncé comme quad-band.

Son prix est aussi bien plus élevé puisqu'il est question de 430 euros pour un kit de deux contre 330 euros pour le pack inférieur (hors promotions). En contrepartie, Netgear indique que la couverture peut aller jusqu'à 350 m² contre 250 m² précédemment. Il sera néanmoins intéressant de voir si ce modèle apporte quelque chose dans notre cas du jour.

Netgear Orbi StreamsNetgear Orbi Streams
Orbi RBK40 / Orbi RBK50

  • TP-Link Deco :

Cette référence a un atout principal : son prix. En effet, un routeur seul est proposé pour une centaine d'euros, contre un peu plus de 260 euros pour trois qui peuvent être utilisés en réseau maillé. Il sera donc intéressant de voir si l'ensemble fait mieux ou moins bien que les Google Wifi.

Il se gère également à travers une application mobile (nous y reviendrons dans un prochain article). On retrouve d'ailleurs de nombreux aspects identiques à la solution du géant du Net : deux ports réseau uniquement, alimentation en USB Type-C, gestion automatisée du meilleur flux, design cylindrique à quatre antennes (400 + 867 Mb/s). 

TP-Link Deco

Deco gère aussi le MU-MIMO, Band Steering, Beamforming (voir cette actualité) et propose l'accès à un réseau invité, de la QoS, du contrôle parental, etc. On note quelques avantages comme la possibilité de filtrer sur les URL, ou son format plus fin que les Google Wifi avec son look de détecteur de fumée (120 mm de diamètre, 38 mm de hauteur contre 106,12 / 68,75 mm).

On retrouvera par contre le même défaut : pas de lien spécifique entre les différentes bornes, celui-ci étant partagé avec les appareils qui y seront connectés.

Performances

Pour notre premier test nous commençons par quelque chose de simple : un transfert depuis le NAS (4) vers l'ordinateur positionné sur la table du séjour (3). La zone est libre de tout obstacle et la distance assez courte (trois mètres). Nous effectuons ensuite le même relevé depuis la chambre, sans ajouter de borne supplémentaire :

Benchmarks Wi-Fi Nolan 1 borne

On retrouve ici un premier constat : lorsque tout est dégagé et que les distances sont courtes, Google Wifi s'en tire à merveille. C'est même celui qui offre les meilleurs résultats dans le premier relevé. Il est suivi par La Nouvelle Livebox, Deco et les solutions Orbi qui tournent autour des 50 Mo/s. 

Dans ce cas presque idéal, c'est notre bon vieux D-Link DIR-860L qui se montre le moins véloce, mais il affiche tout de même un résultat de 46,59 Mo/s. Autant dire que c'est déjà très bon.

Mais une fois que l'on s'éloigne pour se rendre dans la chambre, c'est une autre histoire. Comme nous avions pu le remarquer lors de nos tests précédents, Google Wifi s'effondre en divisant presque son débit par dix. Il avait d'ailleurs tendance à repasser en Wi-Fi 802.11n de temps à autre, tant la distance et la configuration ne semblait lui plaire.

Là encore, le routeur D-Link affiche les plus mauvais résultats, mais ils sont assez proches de la solution de Google contrairement au relevé précédent. La Nouvelle Livebox s'en tirer plutôt avec les honneurs puisqu'elle reste aux alentours de 16 Mo/s, dépassant ainsi Deco et se retrouvant au niveau des solutions Orbi de Netgear.

Concernant ces deux dernières, nous avons relevé un phénomène étrange lors de nos tests. Parfois, le débit s'effondrait d'un coup lors de nos relevés, comme si un mécanisme de sécurité se mettait en place. Pour le moment, nous n'en avons pas identifié la cause, Netgear nous ayant fourni quelques pistes à explorer.

Nous mettrons cet article à jour lorsque nous aurons identifié le problème. Nous avons effectué notre relevé dans des cas où le problème ne se manifestait pas, celui-ci ne s'étant produit dans aucune autre situation. 

Passons maintenant à notre second test où nous effectuons uniquement des relevés depuis la chambre, mais avec une ou deux bornes. Nous avons gardé ici les relevés de la Nouvelle Livebox et du DIR-860L pour référence, même si elles ne peuvent pas être utilisées avec une borne complémentaire :

Benchmarks Wi-Fi Nolan 2 bornes

Comme lors de nos tests chez Patrick, on voit ici très nettement l'intérêt d'une seconde borne qui vient seconder la première. Contrairement au répéteur qui n'apportait presque aucun gain, les solutions de Google et TP-Link doublent presque leurs résultats.

Dans le cas de Google Wifi, cela reste néanmoins assez problématique puisque l'on arrive à peine au-dessus de la Livebox seule... Pour les Orbi de Netgear, on retrouve des performances proches de celles constatées lors de notre relevé dans le salon à courte distance : entre 45 et 49 Mo/s.

Quel est le modèle le plus adapté ?

Dans le cas présent, on note que la Nouvelle Livebox fait le job. Certes ses débits sont faibles lorsque l'on s'éloigne et que l'on se retrouve dans une situation compliquée, mais on reste tout de même à des débits de l'ordre de 16 Mo/s, ce qui est plus qu'honorable. Il sera intéressant de voir les scores atteints avec les nouveaux Extenders et le « Wifi intelligent ».

Le grand perdant semble à nouveau Google Wifi qui est à la peine dès le moindre obstacle. Il s'agit en effet d'un routeur Wi-Fi très performant lorsqu'il est utilisé dans des conditions idéales mais il atteint très vite ses limites et même l'utilisation d'une borne supplémentaire ne parvient pas vraiment à changer la donne. 

Il en est de même pour les Deco de TP-Link qui affichent tout de même de meilleurs résultats dans ces tests et, surtout, ont l'avantage d'être la solution la moins coûteuse parmi les kits de Wi-Fi unifié que nous avons pu tester. Orbi est à nouveau loin devant, et notre petit bug mis à part, la seule solution qui nous permet d'atteindre des débits aux alentours de 400/500 Mb/s dans l'ensemble de l'appartement.


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