NVIDIA prépare l'après Volta et dévoile sa plateforme Pegasus pour voiture autonome Level 5

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le mardi 10 octobre 2017 à 12:00
David Legrand

NVIDIA profite de la seconde édition de la GTC Europe pour dévoiler sa nouvelle plateforme pour voitures totalement autonomes : Pegasus. La société annonce au passage un partenariat avec DHL et ouvre l'accès à sa plateforme de conception collaborative Holodeck.

NVIDIA ouvre aujourd'hui les portes de l'édition européenne de sa GPU Technology Conference (GTC). Cette année elle se déroule à Munich, du 10 au 12 octobre. Pour rappel, cet évènement était historiquement organisé à San Jose où se trouve le siège de la société, mais il a été décliné sous la forme d'un « World Tour » en six étapes.

La GTC pour labourer le terrain

L'occasion de multiplier les annonces, mais aussi de marquer les esprits de manière plus importante au niveau local, le tout entouré des partenaires qui utilisent les produits de la société au quotidien sur les différents continents. Sa précédente étape était ainsi en Chine, fin septembre.

Pour cette édition 2017, la société a décidé de montrer son implication en Europe ainsi que sur les marchés concernés par cet évènement. Car la GTC se focalise sur les développeurs et ceux qui utilisent ses processeurs graphiques et ses technologies pour bien d'autres choses que le jeu vidéo.

Ne venez pas ici pour entendre parler de la GeForce GTX 1070 Ti qui sera lancée à la fin du mois, mais plutôt de robotique, de voitures autonomes et autres solutions médicales exploitant CUDA. Tant de secteurs où NVIDIA se veut de plus en plus présent et qui composent une part croissante des revenus de la société.

« On a tout doublé »

Vice-président en charge des ventes et du marketing en Europe, Jaap Zuiderveld a indiqué lors d'une rencontre avec les journalistes que la GTC Europe se voulait deux fois plus importante que la première édition qui s'était tenue à Amsterdam. 3 000 visiteurs devraient ainsi être présents, pour une centaine de journalistes invités sur place.

Une extension qui se veut l'occasion d'aller au-delà de l'image de société « pour geeks » de NVIDIA. Une vision peu méritée au regard des travaux effectués par la société ces dernières années, mais qui a toujours tendance à lui coller à la peau dès que le grand patron arbore un GPU sur scène (souvent, donc).

On retrouve désormais des médias comme Le Figaro ou Sciences et Avenir au côté de la presse spécialisée dans les nouvelles technologies ou l'automobile. NVIDIA espère ainsi finir par être perçue comme une société qui tente de révolutionner le monde comme une autre.

Il faut dire que ses clients comme Tesla font plus souvent la une que ses produits, alors qu'ils jouent un rôle essentiel dans la concrétisation de transformations technologiques comme celui des voitures autonomes.

Le remplaçant de Volta est déjà là

C'est d'ailleurs de ce sujet dont il a principalement été question ce matin à l'occasion de la conférence d'ouverture tenue par Jen-Hsun Huang. Le PDG au blouson de cuir est ainsi venu présenter la nouvelle plateforme maison, qui doit permettre à la société de franchir une nouvelle étape : Pegasus.

Composée d'un ou deux SoC de la génération Xavier (GPU Volta, dévoilée l'année dernière, elle peut être accompagnée d'un ou deux GPU « de prochaine génération ». Impossible d'en savoir plus pour le moment, tant au niveau de la finesse de gravure que de la puissance affichée par la bête.

Tout juste apprend-on que des annonces plus précises devraient être effectuées d'ici la mise sur le marché attendue pour la seconde partie de l'année prochaine. Son arrivée sera accompagnée d'un nouveau SDK pour la plateforme logicielle proposée par le constructeur, en charge de prendre en compte ce qui se passe à l'intérieur du véhicule : Drive IX

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David Weinstein (Marché VR Pro), Danny Shapiro (Automobile)

Passer la 5ème et viser le marché des Robotaxis

Avec pas moins de 320 TOPS via TensorCore au compteur (soit 10x ce qui est annoncé pour l'actuelle solution PX2) et une bande passante mémoire de 1 To/s, Pegasus est certifié ASIL-D, intègre du réseau 10 Gb/s et peut gérer jusqu'à 16 capteurs et caméras en temps réel. La consommation annoncée est de 500 watts.

Cette plateforme a pour objectif d'intégrer des véhicules autonomes de niveau 5, où le conducteur n'est plus du tout utile. Pour NVIDIA, la transition en cours vers ce que l'on appelle les « Smart cities » finira par se construire autour de véhicules permettant de passer d'un point A à un point B sans forcément nécessiter la présence d'un chauffeur : les robotaxis et la société veut jouer toute sa part dans cette évolution. Une manière de s'assurer d'en faire une ligne de revenus à l'avenir.

Les équipes semblent conscientes que cela prendra du temps, et que c'est à travers la régulation et les choix politiques qui seront opérés dans les années à venir que tout se décidera. 

Voitures autonomes

« Nous construisons les solutions et les statistiques parlent [...] les véhicules autonomes doivent-ils être mis sur les routes lorsqu'ils sont deux fois, cinq fois ou dix fois moins dangereux que l'être humain ? C'est au régulateur et aux politiques de le décider » a déclaré Danny Shapiro, en charge de l'automobile chez NVIDIA.

La société précise qu'elle travaille déjà avec pas moins de 225 partenaires autour de sa plateforme Drive PX, et que 25 d'entre eux planchent autour de solutions totalement autonomes. Une manière, aussi, de rappeler que Tesla n'est pas la seule société à exploiter des GPU maison dans le domaine alors que certains prêtent à Elon Musk la volonté de retrouver un peu d'indépendance (voir ici ou ) face au père des GeForce.

On notera au passage que Tesla expose ses produits sur la GTC et fait toujours partie des partenaires mis en avant.

Un partenariat avec DHL pour commencer en douceur

Si la transition vers des véhicules totalement autonomes prendra du temps, de premiers tests vont débuter. NVIDIA annonce ainsi un partenariat avec DHL et ZF pour des véhicules de livraison autonomes qui commencera en 2018 (voir notre analyse détaillée).

Il s'agit de petits camions électriques qui exploitent la solution ProAI de ZF, basée sur la technologie Drive PX, qui doivent assurer la livraison dans le fameux « dernier kilomètre » (souvent le plus coûteux). À terme, cela pourrait aussi permettre une livraison 24/7, même s'il faudra alors assurer la sécurité des colis pendant le transport.

On imagine déjà des solutions à la Amazon Locker se déplaçant de bureaux en maisons afin d'assurer la livraison des colis de taille standard dans les villes. Combien de temps attendront-ils que vous sortiez de votre pyjama avant de venir à leur rencontre sans décider de passer au client suivant ? Mystère.

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La question ici est de savoir comment seront utilisés ces véhicules, et comment la livraison sera organisée. Car si dans un premier temps un chauffeur est présent dans le camion, pourquoi pas tout automatiser ? Limiter les erreurs humaines, optimiser le trajet ? Et que va bien pouvoir faire le chauffeur pendant tout ce temps passé au sein de son véhicule ? 

De plus, toutes les informations ne sont pas contenues dans un GPS et l'habitude du chauffeur qui est au contact du client peut aussi avoir son importance dans l'organisation d'une tournée. Il sera intéressant de voir comment DHL compte intégrer de telles problématiques lors de ses essais.

Nous devrions avoir l'occasion d'en parler avec des représentants de la société sur place afin de mieux comprendre les objectifs de ce projet, ainsi que ses limites. 

Holodeck disponible en early access

Repenser la voiture et la rendre autonome est une chose, mais cela n'est pas sans implication sur sa conception. Lors du Computex de juin dernier, NVIDIA avait évoqué deux de ses projets qui doivent venir changer les choses aussi à ce niveau : Holodeck et le projet Isaac.

Le premier est une solution de travail collaborative pensée pour les designers. Ils se retrouvent en effet dans un espace virtuel dans lequel ils peuvent directement interagir à plusieurs sur le produit. Holodeck devient désormais une réalité concrète puisqu'il est disponible en accès anticipé, accompagné de plugins pour 3DS Max/Maya.

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De l'aveu même de NVIDIA, l'idée est de permettre à ceux qui ont un besoin à ce niveau de tester la solution pour l'améliorer. L'accès sera dans un premier temps limité à ceux disposant d'un matériel haut de gamme, avant d'être étendu progressivement.

Malheureusement, il ne semble pour le moment pas prévu d'ouvrir une sorte de bac à sable géant et artistique permettant à chacun de venir utiliser Holodeck pour composer une œuvre globale.

Cette solution viendra compléter Isaac (voir la vidéo de démonstration), qui est pour rappel un « centre d'entrainement » virtuel pour IA. L'idée est d'y placer des intelligences artificielles dans des conditions proches de la réalité afin de limiter le besoin d'essais dans le réel.

Une solution utile dans certains cas « Il faut aussi entraîner les voitures à éviter les enfants qui traversent la route sans faire attention, il s'agit d'une bonne solution pour cela » nous précisait hier Danny Shapiro. Avec huits serveurs DGX, la société annonce pouvoir simuler une circulation sur 300 000 miles (plus de 482 000 km), ce qui permet de le faire sur l'ensemble des routes américaines en seulement deux jours


À noter : 

Cet article a été rédigé dans le cadre de la GTC Europe de NVIDIA organisé à Munich du 10 au 12 octobre, où nous avons été conviés par la société. Celle-ci a pris en charge nos billets d'avion, notre hébergement et la restauration sur place. Conformément à nos engagements déontologiques, cela s'est fait sans aucune obligation éditoriale de notre part, excepté le respect des dates d'embargo (NDA), et sans ingérence de la part de NVIDIA.


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