Exposition aux ondes : « les niveaux mesurés demeurent faibles » pour l'ANFR

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Crédits : ferrantraite/iStock
Nouvelle Techno
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le jeudi 12 octobre 2017 à 08:30
Sébastien Gavois

L'ANFR propose un dispositif (peu connu) permettant à chacun de faire mesurer gratuitement l'exposition aux ondes électromagnétiques. L'Agence a publié sa troisième étude portant sur près de 3 000 mesures effectuées en 2016. Nous l'avons analysée.

L'Agence nationale des fréquences vient de mettre en ligne sa troisième étude annuelle d’exposition du public aux ondes radioélectriques (mesures effectuées en 2016).

Dans les grandes lignes, les relevés restent stables, toujours en-dessous des limites réglementaires. Dans le détail, des différences se font ressentir entre milieux urbain et rural. Sans surprise, « la téléphonie mobile constitue la principale source d’exposition » dans près de 60 % des cas... avec des différences bien marquées suivant les bandes de fréquences.

Une sonde large bande, des mesures affinées par service si besoin 

Avant d'entrer dans le détail des mesures, un mot sur le protocole. Il couvre les fréquences allant de 100 kHz à 300 GHz  et les mesures sont effectuées à l'aide d'une sonde large bande donnant un résultat global sur le niveau d'exposition aux ondes électromagnétiques (cas A). Sur demande, ou lorsque le niveau dépasse 6 V/m (seulement 20 cas sur les près de 3 000 de ce rapport), l'agence utilise en plus un analyseur de spectre afin d'obtenir le détail des valeurs de champs par sources et fréquences ; il s'agit du cas B. 

Pour rappel, toute personne physique ou morale peut demander une mesure (cas A ou B, au choix), via un formulaire disponible sur service-public.fr. Il faut par contre qu'il soit signé par un organisme habilité par le décret n° 2013-1162 du 14 décembre 2013 : collectivités locales, agences régionales de santé, associations agréées... Dans tous les cas, l'ANFR mandate alors un laboratoire accrédité pour effectuer les mesures, payé via « un fonds public alimenté par une taxe payée par les opérateurs de téléphonie mobile ».

ANFR ondes radio

2 933 mesures, soit quasiment autant qu'en 2014

En 2016, 2 933 lieux ont fait l'objet d'une mesure, soit 15 % de moins qu'en 2015 (3 577 mesures) et quasiment autant qu'en 2014 (2 995 mesures). Sur l'ensemble, 1 865 demandes concernaient le protocole de mesure B, avec le détail des sources des ondes électromagnétiques.

Par rapport à l'année dernière, la répartition des demandes reste la même : 88 % concernent un milieu urbain (12 % en rural donc) et 67 % en intérieur (33 % à l'extérieur donc). Comme les deux années précédentes, « le nombre de demandes de mesure dans une zone géographique apparaît proportionnel à sa population et au nombre de supports de téléphonie mobile » explique l'ANFR.

Paris compte par exemple plus de 650 mesures, contre plus de 150 pour le Rhône. Les autres sont généralement à moins d'une centaine.

  • ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)
  • ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)

Plus de 80 % des mesures sont à moins de 1 V/m

La médiane des mesures est de 0,38 V/m, ce qui signifie que 50 % d'entre elles sont inférieures à ce seuil. 90 % sont en dessous de 1,4 V/m, contre 1,5 V/m l'année dernière. Le maximum relevé est de 25,4 V/m (26,8 V/m en 2015), toujours inférieur à la limite réglementaire de 28 V/m (toutes bandes confondues).

Nous remarquons qu'en milieu rural le maximum est de 9,6 V/m, contre 11,2 V/m à l'intérieur des bâtiments. Il faut donc être en extérieur et en ville pour obtenir les plus grosses doses d'ondes électromagnétiques, ce qui n'a finalement rien de surprenant.

Sur les 20 relevés au-dessus de la limite de 6 V/m (sur 2 993 mesures au total), 18 se trouvent d'ailleurs dans un milieu urbain. Dans 55 % des cas, la mesure avait été effectuée en extérieur.

  • ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)
  • ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)
  • ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)

La téléphonie mobile principal contributeur, surtout la bande des 900 MHz

Avec près de 2 000 mesures via le protocole B, l'ANFR est en mesure de dresser un portait des principales sources d'exposition. Sans surprise, on retrouve la téléphonie mobile dans la majorité des cas (57 %). La tendance est plus importante en milieu urbain (59 %) qu'en milieu rural (41 %). 

L'Agence nationale des fréquences propose ensuite une étude par bandes de fréquences. Le niveau d'exposition le plus important se trouve à 900 MHz dans près de 60 % des cas lorsque la téléphonie mobile est la principale source d'exposition (1 060 mesures sur les 1 865 via le protocole B). Celle des 2 100 MHz est à 21/23 %, suivi par les 1 800 MHz (9/13 %) et les 800 MHz (8/9 %).

Les bandes de fréquences ne sont pas égales devant les niveaux d'expositions qu'elles procurent. Le maximum est de 15,4 V/m sur les 900 MHz, puis 13,7 V/m sur les 2 100 MHz, avant de descendre à 5 V/m sur les autres. Dans 99 % des cas, les mesures par fréquences sont inférieures à 4,2 V/m, avec un total combiné en dessous de 6 V/m.

ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)ANFR Exposition ondes public 2017 (mesures 2016)

Pour l'ANFR, tout va bien

Au final, l'ANFR indique que « l’ensemble de ces mesures respecte les valeurs limites réglementaires d’exposition du public et que les niveaux mesurés demeurent faibles, avec un niveau de champ médian de 0,38 V/m ». Une valeur identique à celle des mesures de 2014, mais très légèrement supérieure à celles de 2015 où il était question de 0,36 V/m. Mais attention, cette médiane est en-dessous de la sensibilité typique (0,38 V/m) des appareils de mesures utilisés dans le protocole A, précise l'Agence.

L'ANFR se contente par contre de replacer les mesures au niveau de la réglementation, mais comment les limites ont-elles été définies ? Le ministère des Affaires sociales et de la Santé explique que « les scientifiques définissent ainsi un effet critique, à savoir l’identification d’un niveau d’exposition à partir duquel il est possible d’observer le premier effet thermique ayant des conséquences sanitaires. Un facteur de sécurité de 50 est alors appliqué à partir de ce seuil afin d’obtenir une valeur limite d’exposition cinquante fois inférieure. Appliquer un facteur de sécurité permet de prendre en compte les incertitudes scientifiques pouvant exister (liées par exemple à la méthode d’extrapolation de l’animal à l’homme) ».

Pour d'autres, comme l'association Robin des Toits, les seuils d'exposition actuels sont « contraires au principe de précaution ». Un point sur lequel l'ANFR ne se prononce pas , l'agence rappelant simplement les recommandations européennes et sa transposition via le décret du 3 mai 2002.

Pour rappel, depuis le 1er janvier, les employeurs doivent respecter de nouvelles règles, plus strictes, sur l'exposition aux ondes électromagnétiques.


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