Uber se plie en quatre pour accueillir les fonds de Softbank

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Société
Kevin Hottot

Les démélés avec Waymo ne sont pas le seul problème auquel Uber fait face ces jours-ci. Le géant des VTC est en train de revoir sa structure afin d'accueillir de nouveaux investisseurs, mais aussi pour réduire l'influence de Travis Kalanick dans l'entreprise.

Depuis sa mise à l'écart, Travis Kalanick n'est pas en odeur de sainteté chez Uber, l'entreprise qu'il a fondée. Poussé à la démission par cinq investisseurs majeurs en juin dernier, il reste un des principaux actionnaires de l'entreprise et a conservé son siège au conseil d'administration, ce qui lui permet de toujours peser dans les décisions de l'entreprise.

Cette présence n'est pas du goût de certains des actionnaires, actuels, et à venir.  Une nouvelle structure de gouvernance a donc été soumise au vote du conseil d'administration... qui l'a adoptée à l'unanimité, Kalanick inclus, rapporte Bloomberg.

Softbank fait pression

Pour faire simple, c'est en fait Softbank qui est à la manœuvre. Le groupe japonais, fort d'un fonds d'investissement doté de 100 milliards de dollars, voudrait placer quelques unes de ses billes chez Uber. Lors des dernières négociations, les rumeurs faisaient état d'un investissement de 1 à 1,25 milliard de dollars via une augmentation de capital, et l'achat de 14 à 17 % des parts restantes de l'entreprise que vendraient une brochettes d'actionnaires actuels. 

La valorisation d'Uber lors de ces opérations pourrait atteindre environ 70 milliards de dollars, faisant s'éloigner la crainte d'un down round, c'est-à-dire d'une levée de fonds sur une valorisation inférieure à la précédente. S'il devait se produire, un down round serait un signal perçu très négativement à l'aune d'une introduction en bourse, qu'Uber espère pouvoir boucler d'ici deux ans. 

Sièges à volonté

Le vote unanime du conseil d'administration a permis de faire passer sa taille maximale de 11 à 17 sièges. Parmi les fauteuils qui se sont ouverts, deux sont potentiellement réservés à Softbank une fois son entrée au capital actée, ce qui sous-entend que l'entreprise est très confiante sur la finalisation de l'opération. Les quatre autres seront ouverts à des membres indépendants.

Avec 17 membres, le conseil d'administration d'Uber devient l'un des plus fournis de la Silicon Valley. Pour comparaison, Microsoft en compte 13, tout comme Alphabet, Intel 12, Amazon seulement 10, tandis qu'Apple se contente de 8 personnes. Ce nombre élevé implique évidemment qu'il faut convaincre davantage de monde pour adopter une motion, ce qui n'est pas forcément tâche aisée. Mécaniquement, le poids de Kalanick dans ces décisions se voit également réduit. 

Eviter un retour de Kalanick à la tête de l'entreprise

D'autres mesures visent clairement à parer au retour de Travis Kalanick sur le devant de la scène. Ainsi, il est désormais prévu que si un ancien cadre d'Uber devient PDG, certaines des restrictions sur les ventes d'actions seront levées, permettant à plusieurs actionnaires de vendre leurs parts. Le fonds Benchmark, qui s'est montré publiquement hostile au fondateur de l'entreprise ces derniers mois, en profiterait alors pour mettre les voiles. 

Autre limitation mise en place, aucun employé d'Uber (passé ou actuel) ne peut présider l'un des comités ou sous-comités du conseil d'administration. Là encore l'objectif est de faire barrage à Kalanick, mais la mesure touche aussi Dara Khosrowshahi, ex-directeur général, qui a repris le poste de PDG il y a quelques semaines.

Avec toutes ces concessions, Uber estime pouvoir finaliser son accord avec Softbank d'ici deux semaines, ce que nous ne manquerons pas de surveiller.


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