Redevance TV : Catherine Morin-Desailly rêve d'importer en France le modèle allemand

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Crédits : Marc Rees (licence CC-BY 2.0)
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le mardi 03 octobre 2017 à 15:37
Marc Rees

Hier soir, au club de l’audiovisuel au Sénat, Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission de la culture, a plaidé pour une réforme de la redevance TV. À quelques encablures des débats sur le projet de loi de finances pour 2018, elle réclame l’importation en France du modèle allemand.

« Nous avons besoin d’un audiovisuel public fort et bien organisé », a insisté la sénatrice lors de cet échange devant plusieurs professionnels de l’audiovisuel et d’institutionnels du secteur.

Parmi les pistes, outre la question de la gouvernance des chaînes publiques, la parlementaire relance une nouvelle fois le débat de la contribution à l’audiovisuel public. Pour bénéficier de « plus de sécurité et de souplesse dans le financement », elle préconise une « réforme à l’allemande », à savoir « une contribution forfaitaire universelle qui ne se préoccupe plus des supports mais du mode de réception ».

En clair, dès lors qu'un foyer possèderait une télévision, un ordinateur, une tablette, ou n'importe quel autre écran en capacité de réception, il y aurait enclenchement d’une obligation de paiement. A ceux qui jugent que cela reviendrait finalement à taxer les jeunes, ceux qui n’ont pas de télévision mais qu'un ordinateur, la présidente de la commission de la Culture conteste : « il ne s’agit pas de taxer les jeunes, mais d’adopter un principe de réception par foyer ». Fine nuance.

Suppression de la publicité sur les chaînes publiques

Selon elle, ce dispositif venant d'outre-Rhin – un peu plus de 17 euros par mois, soit environ 200 euros par an – est un succès : des prélèvements en hausse qui auraient finalement permis de minorer le montant même de la redevance TV, qui reste malgré tout près de 60 euros plus cher que chez nous à l'année.  

Assurant que le CSA est sur la même ligne, la sénatrice considère que le pendant de cette révolution devrait être la suppression de la publicité sur les chaînes publiques « afin de garantir leur spécificité ». Une démarche rendue d’autant plus nécessaire que, selon son analyse, les régies migrent désormais sur Internet au profit des grands acteurs. « Il faut se libérer de cette dépendance commerciale » implore-t-elle. 

En France, le ministère de la Culture a fixé à 139 euros le montant de la redevance TV pour 2018 dans le projet de loi présenté la semaine dernière. La contribution augmente donc d’un petit euro par rapport à 2017. Une hausse liée non à une rallonge budgétaire mais à une simple indexation sur l’inflation. Dit autrement, le gouvernement a refusé cette année encore le grand saut préconisé par tout le secteur public et la présidente de la commission de la culture.


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