VLC 3.0 : la Release Candidate en octobre, les nombreuses améliorations prévues

Une arlésienne de moins 86
Accès libre
image dediée
Applications
Par
le vendredi 29 septembre 2017 à 14:22
Vincent Hermann

L’association VideoLAN tenait le week-end dernier ses Dev Days, consacrés aux avancées de VLC et permettant aux développeurs et intéressés de se regrouper. L’un des thèmes abordés pendant l’évènement était l’arrivée de VLC 3.0. Nous nous sommes entretenus avec Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN, pour évoquer sa progression.

VLC 3.0 sera prochainement disponible. Jean-Baptiste Kempf nous a ainsi confirmé qu’une Release Candidate serait bientôt là, probablement durant la première moitié d’octobre. Il faut dire que le lecteur multimédia a franchi le week-end dernier une étape cruciale : le feature freeze, c’est-à-dire le blocage de la liste des fonctionnalités prévues pour cette version. Une arrivée qui clôt une longue attente, puisque nous indiquions déjà en février 2016 que VLC 3.0 était en retard.

En temps normal, il s’écoule un certain temps entre cet arrêt et la publication d’une bêta. Dans le cas de VLC 3.0 cependant, le développement dure depuis plus de deux ans et demi et plus de 1 600 bugs ont déjà été corrigés. L’équipe estime désormais que le code est assez solide pour se lancer directement dans une Release Candidate. Comme toujours avec ce genre de mouture, seuls des bugs bloquants empêcheront la version finale d’arriver peu après. Selon le président de VideoLAN, elle pourrait être publiée dans un mois.

Un travail de très longue haleine

Le moins que l’on puisse dire, c’est que VLC 3.0 sera très différent des versions précédentes. L’un des travaux principaux a ainsi consisté à unifier le code, afin d’obtenir la même base pour l’ensemble des plateformes supportées. Dans le cas de VLC, elles sont particulièrement nombreuses : Win32, WinRT, Android, Android TV, iOS, macOS, Linux et bien d’autres.

Jean-Baptiste Kempf nous explique que cette base commune est essentielle pour le futur de VLC, puisqu’elle permettra d’avancer beaucoup plus rapidement sur les ajouts de fonctionnalités et, plus globalement, les modifications du code. Par exemple, VLC 3.0 sera la dernière version à supporter quelques anciens systèmes, comme Windows XP et Vista, macOS 10.7/8/9, Android 2.3 ou encore iOS 7 et 8. Quelques modules associés disparaîtront alors de la branche commune pour se débarrasser des vieilles références.

De la décompression matérielle partout

C’est l’autre grand objectif du prochain VLC : activer la décompression matérielle partout où c’est possible et, là encore, de manière unifiée. Non pas qu’elle était absente du lecteur multimédia jusqu’à présent, mais son fonctionnement ne se faisait que sous certaines conditions.

Avec VLC 3.0, la décompression matérielle doit en théorie être activée dans la grande majorité des cas. « Nous avons maintenant un décodage fonctionnant de la même manière partout » nous indique Jean-Baptiste Kempf. « Nous utilisons OpenGL pour toutes les plateformes, sauf sous Windows, où on se sert de Direct3D 11 ». Notez que sous Linux, VLC 3.0 introduit aussi le support du serveur d’affichage Wayland, qui prend peu à peu le pas sur l’ancien X11.

Un nombre important de nouveautés

« On veut être partout et pouvoir tout lire ». Voilà comment le président de VideoLAN résume dans les grandes lignes les objectifs de VLC 3.0. Ce qui inclut une augmentation importante du nombre de formats pris en charge par le lecteur, alors que c’était déjà l’un de ses points forts. L’association tient à supporter jusqu’au plus exotique des codecs, même s’il ne doit être utilisé que par dix personnes dans le monde.

Mais la version 3.0 proposera aussi un certain nombre d’améliorations majeures. Par exemple, le support du HDR sur 10 ou 12 bits ou encore la prise en charge de l’audio HDMI passtrough. Avec ce dernier, VLC cherche à savoir si les appareils présents au bout des câbles HDMI disposent d’un décodeur audio matériel. Auquel cas la gestion du son leur est confiée. Un ajout qui permet au son de ne pas être traité deux fois, et surtout de laisser faire un matériel dont c’est la mission. Ce support sera présent pour les vidéos HD tirant parti d’un codec audio gérant ce mécanisme, du type Dolby DTS Master Audio ou autre.

Puisque l’on parle du son, VLC 3.0 sera également compatible avec le son ambisonique. Bien que cette technique de spatialisation du son se retrouve rarement dans les contenus, son support était important puisqu’il accompagne celui des vidéos à 360°.

Sous Windows, signalons que le HiDPI sera enfin de la partie.

Lecture distante : du (beaucoup) mieux

Comme nous l’avoue d’emblée Jean-Baptiste Kempf, la lecture des contenus distants n’a jamais été vraiment le point fort de VLC. Il fallait donc que la situation évolue.

Outre le support de HTTP/2 pour tout ce qui touche aux contenus en ligne, VLC 3.0 introduit un navigateur de contenus. L’utilisateur va donc pouvoir se balader sur les appareils présents sur son réseau, visiter leur arborescence et choisir des contenus audio/vidéo à lire ou à ajouter à une liste de lecture. La fonction permet normalement de lire à distance un DVD ou un Blu-ray.

Cette navigation prend en charge les protocoles NFS, SMB, SFTP et FTP. Puisque les partages réseau peuvent réclamer des identifiants, VLC 3.0 créera désormais une base de données pour les stocker. Pas de technologie maison ici : il s’agira d’une base SQLite et le chiffrement sera géré en fonction de l’API du système. Sur les plateformes Apple par exemple, on retrouvera le Trousseau, tandis que sous Windows la mission sera confiée à l’API CryptProtectData.

Notez que les améliorations réseau comprennent également la prise en charge des sous-titres situés sur des emplacements distants. Il fallait auparavant aller les sélectionner manuellement s’ils étaient stockés dans des fichiers séparés. Désormais, VLC 3.0 les repèrera automatiquement, comme lors d’une utilisation locale.

Bon, et Chromecast alors ?

Lors des Dev Days de 2015, le président de VideoLAN nous expliquait déjà que le support de Chromecast était complexe. Il existait alors des tensions avec Google sur l’implémentation des protocoles et le travail avançait lentement.

Deux ans plus tard, la situation a beaucoup changé. En clair, le support de Chromecast est présent dans VLC 3.0. Jean-Baptiste Kempf nous explique qu’il fonctionne sans problème… tant que l’on ne sort pas trop des sentiers battus.

« Tout dépend des formats utilisés » précise-t-il. « Si vous vous contentez des quelques formats reconnus officiellement par Chromecast – surtout VP9 et H.264 en fait – il n’y aura pas de problème. Par contre, pour tous les autres, il y aura forcément transcodage de la vidéo. Et là, la situation peut varier d’une machine à une autre en fonction de la puissance, de la connexion… ».

Et outre Chromecast, d’autres renderers distants sont-ils de la partie ? « Ce sera le cas plus tard » nous répond le développeur. « En fait avec Chromecast on a pu mettre en place l’architecture qui nous servira pour les autres renderers dans les prochaines versions ». Et de nous confirmer qu’AirPlay, UPnP, Miracast et d’autres arriveront par la suite, mais sans plan précis pour le moment.

Un mois d’octobre décisif

Dire que VLC 3.0 est attendu relève de l’euphémisme. Le long travail a créé une impatience chez les utilisateurs, tant les améliorations prévues promettent de faire sortir le petit logiciel de son rôle de lecteur pour devenir un « light media center », selon les propres dires de Jean-Baptiste Kempf, sans même parler des performances accrues.

Le président de l’association était donc content de pouvoir nous confirmer qu’une Release Candidate est désormais très proche. Tester VLC 3.0 pourra donc se faire autrement qu’en puisant dans le canal Nightly du logiciel. Surtout que RC oblige, il s’agira d’une version quasi finale et comportant donc, normalement, très peu de bugs.

Jean-Baptiste Kempf nous indique qu’actuellement, la mouture finale est prévue pour fin octobre. La date peut glisser bien entendu, car elle dépendra en partie des retours des utilisateurs et des bugs trouvés sur la Release Candidate. Une chose est sûre dans tous les cas : le développement de VLC 3.0 arrive à son terme.

Lorsqu’il sera disponible, toutes les différentes variantes du lecteur seront estampillées 3.0, car le lancement sera global. Sur Android et iOS, de nouvelles moutures (respectivement 2.5 et 2.8) viennent d’ailleurs de sortir pour faire la liaison. Jean-Baptiste Kempf nous indique à ce sujet qu’il s’agit de « vraies fausses versions 3.0 » car le moteur embarqué est bien celui de la nouvelle branche. Sous Windows, VLC deviendra par défaut portable.

Et après ? Ce sera au tour de VLC 4.0 de passer sur le grill. Parmi les améliorations prévues, il y a donc un nettoyage du code pour supprimer les références aux plateformes abandonnées. Les nouveaux minimums deviendront alors : Windows 7, macOS 10.10 (Yosemite), Android 4.1 ou encore iOS 9 ou 10 (la décision n’est pas arrêtée).

Sachez enfin qu’il reste possible de tester VLC 3.0 sans attendre la Release Candidate. Il suffit d’aller piocher dans la branche Nightly. Comme toujours dans ce genre de cas, des bugs et plantages peuvent survenir.


chargement
Chargement des commentaires...