Google Wifi, Netgear Orbi, TP-Link Deco : on a tenté d'améliorer le Wi-Fi de Patrick

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Crédits : MarcelloLand/iStock
Réseau TEST
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le vendredi 22 septembre 2017 à 15:45
David Legrand

Nous avons décidé d'aller un peu plus loin dans nos tests de solutions de Wi-Fi unifié en ajoutant quelques modèles, mais en poussant aussi plus loin les cas analysés. Pour ce premier test, rendez-vous à nouveau chez Patrick pour tenter de sauver sa maison.

Après avoir testé Google Wifi face au Orbi RBK40 de Netgear, nous avions envie d'aller plus loin, notamment afin de mieux comprendre dans quels cas de tels produits étaient utiles ou non et ce qu'ils pouvaient apporter de manière concrète dans différentes habitations et situations.

Nous avons donc utilisé nos deux solutions accompagnées d'autres chez plusieurs personnes qui rencontraient des soucis de Wi-Fi afin d'effectuer de longues et fastidieuses séries de tests (merci à elles et à leur famille pour leur patience). Notre objectif : tenter de corriger leur problème et voir ce que les différents produits à notre disposition pouvaient leur apporter.

Nous retournons aujourd'hui chez Patrick, qui nous a demandé d'améliorer la réception du Wi-Fi dans sa maison (photo non contractuelle) composée de plusieurs pièces en renfoncement, le tout avec une vieille box ADSL située... dans le garage.

Analyse de la maison de Patrick

Autant vous le dire tout de suite, nous ne parlerons pas aujourd'hui du premier étage car nous n'avons pas encore trouvé de solution réellement efficace pour y apporter du Wi-Fi. La raison est simple : aucun de nos appareils n'était capable de passer à la fois le très épais mur extérieur de la maison (qui isole les pièces du garage) et l'étage.

Nous avons eu beau utiliser deux satellites, c'était impossible de capter le moindre signal. Utiliser plus d'appareils était exclu. La seule solution envisagée est donc d'opter pour un lien réseau classique (Ethernet Backhaul) pour relier le routeur à un satellite qui sera situé à l'étage et qui aura pour objectif de le couvrir entièrement.

Un tel dispositif sera testé dans un second temps, notamment lorsqu'il sera disponible chez Netgear, ce qui ne devrait désormais plus tarder (voir notre analyse).

Plan Wi-Fi Patrick 2

Nous nous sommes donc concentrés sur le rez-de-chaussée (voir le plan ci-dessus), comme pour notre test précédent, avec quelques petits changements. La première chose à savoir c'est que la maison se situe dans une zone mal desservie côté connexion internet. Ainsi, la famille est équipée d'une Freebox Crystal limitée à du Wi-Fi 802.11n @ 300 Mb/s (MIMO 2x3).

Une partie de l'étage est couvert, mais seulement de manière à assurer la diffusion de la connexion internet qui plafonne à 3 Mb/s. Pour améliorer un peu les choses, un répéteur Wi-Fi a été installé au niveau de la porte d'entrée (à gauche de la cuisine) afin de prolonger le signal jusque dans le salon et la cuisine.

Lors de nos premiers essais, nous ne dépassions pas un débit de 20 Mb/s au niveau de la salle à manger (2). Autant dire qu'avant d'arriver au bout des 3,7 Go de notre fichier de test, nous avions le temps de nous préparer quelques cafés.

Cette couverture faible empêche notamment l'utilisation d'un NAS comme moyen de stockage pour des vidéos, ou l'utilisation de la clé Chromecast (v1, 802.11n) sur la TV du salon (contre le mur face à l'escalier). Les problèmes sont donc multiples (équipement au Wi-Fi daté, agencement des pièces compliqué). 

L'objectif final est donc de permettre de disposer du meilleur débit possible dans l'ensemble des pièces, notamment dans le salon. Une solution serait de tirer un câble réseau jusque-là, afin d'y installer un point d'accès Wi-Fi, mais en l'état actuel des choses, ce n'est pas envisageable. C'était donc un cas intéressant pour comparer nos solutions de Wi-Fi unifié.

Protocole de test et produits utilisés

Nous avons placé nos différents routeurs (chacun leur tour) au niveau de l'arrivée de la connexion internet (1). Ils sont connectés par un câble RJ45 (Gigabit) à un NAS DS416 Play qui contient notre fichier de test de 3,7 Go.

Nous avons effectué deux séries de relevés avec notre outil LAN Bench : dans la salle à manger (point 2, 18 mètres de distance) et dans le salon (4). Lorsqu'un satellite était utilisé, il était positionné au point 3, qui est selon nos essais la position la plus efficace pour couvrir au mieux le salon, la salle à manger et la cuisine.

Pour nos mesures, nous avons décidé d'améliorer un peu notre moyen de réception. Nous avons donc acheté une clé Wi-Fi USB-AC68 d'ASUS vendue aux alentours de 75 euros. C'est la plus performante que nous avions sous la main (dual-band) celle-ci étant donné pour 600 + 1300 Mb/s (MIMO 3x4) avec gestion du MU-MIMO et du Beamforming.

ASUS USB-AC68

En complément des Google Wi-Fi et Orbi RK40 que nous avions acheté, Netgear a mis à notre disposition des modèles RBx50 ainsi que des TP-Link Deco (achetés dans le commerce et nous ayant été livrés fermés sous blister). Nous avons également utilisé un routeur D-Link DIR-860L (867 Mb/s), qui nous permettra de voir l'intérêt d'utiliser un routeur 802.11ac « simple » par rapport à ces nouveaux concurrents annoncés comme plus véloces.

Tous les firmwares ont été mis à jour par nos soins au moment du test. Bien entendu, nous avons positionné chaque borne afin d'obtenir le meilleur résultat possible dans chaque cas. Trois relevés étaient effectués au minimum, nous avons retenu la moyenne des trois essais les plus significatifs à chaque fois.

  • Orbi RBK50 :

Cette référence est un peu plus imposante que le RBK40 (tri-band) mais elle se veut aussi plus efficace. En plus des deux flux dédiés aux appareils, elle double celui qui est utilisé entre le routeur et ses satellites (1,7 Gb/s). Ce sont ainsi pas moins de six antennes qui sont utilisées au sein de ce modèle annoncé comme quad-band.

Son prix est aussi bien plus élevé puisqu'il est question de 430 euros pour un kit de deux contre 330 euros pour le pack inférieur (hors promotions). En contrepartie, Netgear indique que la couverture peut aller jusqu'à 350 m² contre 250 m² précédemment. Il sera néanmoins intéressant de voir si ce modèle apporte quelque chose dans notre cas du jour.

Netgear Orbi StreamsNetgear Orbi Streams
Orbi RBK40 / Orbi RBK50

  • TP-Link Deco :

Cette référence a un atout principal : son prix. En effet, un routeur seul est proposé pour une centaine d'euros, contre un peu plus de 260 euros pour trois qui peuvent être utilisés en réseau maillé. Il sera donc intéressant de voir si l'ensemble fait mieux ou moins bien que les Google Wifi.

Il se gère également à travers une application mobile (nous y reviendrons dans un prochain article). On retrouve d'ailleurs de nombreux aspects identiques à la solution du géant du Net : deux ports réseau uniquement, alimentation en USB Type-C, gestion automatisée du meilleur flux, design cylindrique à quatre antennes (400 + 867 Mb/s). 

TP-Link Deco

Deco gère aussi le MU-MIMO, Band Steering, Beamforming et propose l'accès à un réseau invité, de la QoS, du contrôle parental, etc. On note quelques avantages comme la possibilité de filtrer sur les URL, ou son format plus fin que les Google Wifi avec son look de détecteur de fumée (120 mm de diamètre, 38 mm de hauteur contre 106,12 / 68,75 mm).

On retrouvera par contre le même défaut : pas de lien spécifique entre les différentes bornes, celui-ci étant partagé avec les appareils qui y seront connectés.

Performances

Pour notre premier test, nous effectuons un transfert de fichier depuis le NAS (1) vers l'ordinateur positionné dans la salle à manger. Comme lors de nos précédents essais, nous relevons le résultat avec la porte séparant la maison du garage ouverte ou fermée : 

Benchmarks Wi-Fi Patrick 2 Salle à manger

On note tout d'abord de meilleurs résultats que précédemment pour nos Orbi RBK40 et Google Wifi, notamment du fait de l'utilisation de la clé ASUS USB-AC68 pour nos relevés. Ici, on a des résultats qui sont systématiquement au-delà des 45 Mo/s avec la porte ouverte, exception faite du modèle Deco de TP-Link. 

Notre bon vieux routeur D-Link s'en tire plutôt bien, mais ce sont ici les deux modèles Orbi qui sont en tête, avec une légère différence entre les deux. Porte fermée, par contre, le D-Link commence à souffrir et il passe sous la barre des 30 Mo/s suivi par Google Wifi, Deco puis les Orbi qui restent en tête. Le RBK50 marque un petit écart avec le RBK40, mais seulement de 4Mo/s environ.

Une fois installés dans le salon (4), nous effectuons deux relevés (porte ouverte) : l'un avec le routeur seul (1), l'autre avec un satellite complémentaire positionné au point 3. Le fait de nous trouver si loin dans le renfoncement devrait faire souffrir nos différentes solutions, et montrer l'intérêt de disposer d'un satellite dans pareille configuration :

Benchmarks Wi-Fi Patrick 2 Salon

Comme prévu, on se retrouve avec des résultats tout simplement désastreux pour l'ensemble de nos appareils lorsqu'ils sont utilisés seuls. Ils peinent à atteindre les 6 Mo/s de débit, et même si Google Wifi s'en tire ici plutôt bien par rapport à ses concurrents, ce n'est pas vraiment avec un score très glorieux.

Dès que l'on utilise un satellite complémentaire, les choses vont un peu mieux, puisque l'on double les résultats dans le cas de Deco et de Google Wifi. Mais l'on reste dans les 10-12 Mo/s, ces produits payant là leur conception un peu légère. Comme lors de nos tests précédents, on voit l'intérêt des liens dédiés des Orbi de Netgear, et notamment l'apport du quad-band dans le cas du RBK50 qui se paie un +50 % par rapport à son petit frère dans cette situation.

Quel est le modèle le plus adapté ?

Comme on peut le voir, passer à un routeur 802.11ac seul peut être ici une première solution, mais il faudra accepter d'avoir des débits assez faibles dans la partie salon. Certes, 3 à 6 Mo/s peuvent suffirent, après tout, Netflix fait passer de l'Ultra HD 4K dès 25 Mb/s (3,13 Mo/s). Mais il ne faudra pas avoir de besoins plus exigeants. 

Deco et Google Wifi offrent des résultats similaires, avec un petit avantage du second côté performances, mais il ne faut pas oublier un élément de taille : pour le même prix, on dispose de trois bornes chez TP-Link. De quoi permettre d'en placer une troisième où bon nous semble pour améliorer un peu plus la couverture. On pourra aussi décider de la revendre au voisin histoire de réduire la facture.

Par contre, si vous avez réellement besoin de disposer d'un débit convenable partout dans la maison, que ce soit pour des raisons professionnelles ou par confort, Orbi marque une nette différence. Le choix entre le RBK40 et RBK50 dépendra là aussi de votre besoin et de votre portefeuille. Le surcoût du second modèle étant tout de même assez important, dans une situation comme celle de la maison de Patrick, cela sera surement superflu.

Reste à voir ce qu'il en sera lorsqu'il faudra couvrir les deux étages. Réponse... dans un prochain test.


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