Référendum en Catalogne : le directeur technique de la fondation « .cat » libéré

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le vendredi 22 septembre 2017 à 15:22
Guénaël Pépin

Mise à jour : La fondation puntCat affirme ce 22 septembre que son directeur technique, Pep Masoliver, a été libéré après une arrestation à son domicile avant-hier. Les accusations resteraient. L'action de la garde civile espagnole, pour supprimer la présence en ligne du référendum catalan, a été vertement critiquée par l'Electronic Frontier Foundation (EFF) et l'Internet Society, s'inquiétant du rôle donné à l'opérateur du TLD « .cat ».

Alors que la Catalogne compte bientôt décider de son indépendance, l'État espagnol multiplie les actions pour contrecarrer la volonté de l'administration locale. La fondation puntCat, derrière les noms de domaine « .cat » (de culture catalane) a dû bloquer plusieurs sites, avant que son directeur technique ne soit arrêté.

La lutte du gouvernement espagnol contre le référendum d'auto-détermination catalan produit des victimes en ligne. Alors que les Catalans doivent s'exprimer le 1er octobre sur leur indépendance, l'État espagnol a demandé le blocage de noms de domaine y faisant référence et arrêté le directeur des systèmes d'information de la fondation puntCat, Pep Masoliver.

Il s'agit d'une organisation à but non lucratif destinée à la promotion de la culture et de la langue catalanes. Ouvert en 2005, le « .cat »  comptait 111 000 noms de domaine en mai.

L'Espagne tente d'empêcher la tenue du référendum, considéré comme illégal, en arrêtant hier une douzaine de hauts fonctionnaires de la Généralité, qui administre la Catalogne. 10 millions de bulletins de vote ont été saisis, ainsi que 45 000 convocations d'assesseurs des bureaux de vote.

L'action a mené à une manifestation de milliers de personnes à Barcelone, alors que les tensions sont de plus en plus vives sur la question. La garde civile espagnole a mené une vingtaine de perquisitions dans la communauté autonome, notamment chez la fondation puntCat hier matin.

Des noms de domaine suspendus

Vendredi 15 septembre, la justice espagnole avait exigé que l'organisation suspende tout nom de domaine faisant référence au référendum. À Wired, la fondation puntCat affirme que seuls quatre sites ont été bloqués pour le moment. L'un d'eux est ref1oct.cat, un miroir du site dédié au référendum mis en place par la Généralité de Catalogne, lui aussi bloqué. Il a été rapidement migré vers une version en .eu.

Dans une lettre, publiée sur Twitter le 17 septembre, la fondation prévient l'ICANN, l'organisme mondial responsable des noms de domaine, de « l'étendue sans précédent et absolue de cette demande de blocage ». L'ICANN ne semble pas encore avoir répondu.

La perquisition menée hier matin n'a pas impliqué de saisie de matériel, affirme encore la fondation à Wired. La police aurait surtout vérifié la bonne exécution du mandat judiciaire demandant le blocage des noms de domaine incriminés. Elle serait entrée dans les locaux avant d'obtenir un mandat permettant de saisir des ordinateurs.

Le directeur technique arrêté

En parallèle du raid des locaux de la fondation, son directeur technique, Pep Masoliver, a donc été arrêté. Selon la Fundació puntCAT, la police se serait présentée au domicile de Masoliver hier matin. À DomainIncite, elle affirme qu'il est accusé de « sédition ».

« La Fundació puntCAT veut exprimer ses plus extrêmes condamnation, indignation et réprobation pour les actes dont elle a souffert dernièrement » affirme la fondation dans un communiqué. Plusieurs mandats auraient été émis, avant la perquisition des locaux du registre catalan et l'arrestation de Pep Masoliver. « Nous exigeons la libération immédiate de notre collègue et ami » ajoute l'organisation.

Elle a lancé une campagne en ligne pour l'obtenir, publiant régulièrement sur Twitter des informations sur les événements.

Les blocages de noms de domaine n'ont rien de nouveau. Ils s'expriment ici d'une manière particulière, sur un sujet éminemment politique. Quand les responsables politiques catalans veulent décider de leur rattachement à l'Espagne, la constitution espagnole interdit la tenue de ce type de scrutin au niveau régional.

Si l'indépendance de la Catalogne doit être décidée, c'est au niveau national, estimait un tribunal constitutionnel en 2014. La justice a donc la légitimité légale pour empêcher sa tenue, y compris en interdisant les noms de domaine promouvant l'initiative.

Dernière mise à jour le 22/09/2017 15:22:18

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