Google Wifi : ses performances face au Netgear Orbi RBK40

On ne peut pas tout avoir 64
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Crédits : Ridofranz/iStock
Réseau TEST
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le jeudi 21 septembre 2017 à 19:07
David Legrand

Avec Google Wifi, le géant du Net nous propose un produit à la fois beau, simple et compact. Mais est-il performant ? Après tout, c'est ce que l'on demande en premier lieu à un routeur Wi-Fi, notamment lorsqu'il s'agit de couvrir de grandes surfaces. Pour le savoir, nous l'avons opposé à un système Orbi RBK40 de Netgear.

Lors du lancement de son système de Wi-Fi « Mesh », Google a énormément insisté sur sa simplicité d'utilisation, son application et la couverture étendue qu'il apportait.

Mais voilà, aller plus loin est une chose, encore faut-il le faire avec un débit correct. Et même si le réseau maillé permet d'utiliser plusieurs appareils, à 110/140 euros pièces, rares sont ceux qui pourront se permettre d'en placer un tous les dix mètres. Or de ce point de vue, Google Wi-Fi dispose d'un choix de conception assez limitant : son MIMO 2x2.

Notre dossier Google Wifi :

Dual band is not enough

Car dans un dispositif de type « Mesh », les appareils doivent communiquer avec les bornes, qui doivent aussi communiquer entre elles. Avec deux antennes en réception et deux en émission, on peut rapidement se retrouver limité.

C'est notamment pour cela que d'autres constructeurs ont opté pour une solution différente, avec des canaux de communication dédiés. C'est le cas de Netgear avec sa gamme Orbi. Primée au CES, celle-ci a pour le coup plutôt mérité sa distinction par les choix opérés par le constructeur.

En effet, en plus des deux canaux (2,4/5 GHz) dédiés à la communication avec les appareils, un ou deux autres servent exclusivement à relier le routeur à ses différents satellites. Une manière de réduire les chances d'encombrement du réseau, et donc d'améliorer, en théorie, le résultat :

Netgear Orbi StreamsNetgear Orbi Streams
La composition des kits Orbi RBK40 (tri-band) et RBK50 (quad-band)

Plusieurs modèles sont disponibles, chacun avec leur design et leur composition :

  • Les RBx30, sous forme d'une prise avec une composition tri-band
  • Les RBx40, avec une composition tri-band
  • Les RBx50, avec une composition quad-band

Bien plus imposants que les modèles de Google, ils intègrent un switch quatre ports ainsi qu'un port USB 2.0 dans le cas des RBx50. Ils sont aussi vendus à l'unité ou sous forme de packs à deux ou trois appareils.

Ici, les routeurs et les satellites sont distingués par leur référence et la couleur de leur partie supérieure (bleue pour les routeurs, blanche pour les satellites). Celle-ci intègre aussi une LED RGB qui permettra de connaître l'état de la borne et de la connexion. Malheureusement, sa position ne la rendra pas toujours très pratique à distinguer.

Protocole de test

Pour notre test du jour, nous avons donc opté pour un kit RBK40. Annoncé dans les 320 euros, il fait l'objet de promotions récurrentes (dans notre cas nous l'avons payé 249 euros), guettez donc les remises et autres ODR. Quoi qu'il en soit, celui-ci se compose d'un routeur et d'un satellite tri-band, chacun avec un switch quatre ports.

Son installation est plutôt simple (nous y reviendrons dans un prochain article) et se passe à travers l'interface web ou une application mobile disponible pour Android et iOS. Comme nous l'avons évoqué, l'ensemble devrait subir quelques mises à jour dans les semaines qui viennent, après déjà quelques améliorations pendant l'été.

Comme dans l'ensemble de notre dossier consacré aux solutions de Wi-Fi unifié, nous avons opté pour des tests en conditions réelles. Nous avons donc cherché des appartements et maisons où il y avait un problème de Wi-Fi à résoudre, parfois avec des problématiques assez particulières. 

Nos tests sont effectués avec le transfert d'un fichier de 3,7 Go via notre outil maison LAN Bench, qui nous permet de relever simplement le débit moyen et de suivre son évolution pendant le transfert. 

Plan Wi-Fi Patrick 1

Pour ce premier cas, nous avons effectué nos tests chez Patrick, dont la box se situe au niveau du tableau électrique situé dans le garage (1), derrière une porte coulissante. Le garage se trouve dans une partie construite en complément de la maison, celle-ci étant assez vieille, avec de bons vieux murs en pierre assez épais.

On s'y rend à travers une porte coulissante qui assure une isolation thermique et sonore de la maison. Nous avons donc effectué des tests avec porte fermée et ouverte (celle du tableau électrique était aussi ouverte ou fermée selon les cas).

Un NAS DS512j de Synology était installé directement sur le routeur, celui-ci assurant un débit stable de près de 100 Mo/s via une connexion filaire. Le satellite est installé au niveau du plan de travail de la cuisine (2), qui a l'intérêt d'être dans un renfoncement. Un second NAS DS416 Play y est connecté.

Bien entendu, nous avons positionné chaque borne afin d'obtenir le meilleur résultat possible dans chaque cas. Trois relevés étaient effectués au minimum, nous avons retenu la moyenne des trois essais les plus significatifs à chaque fois.

Performances

Pour notre premier essai, nous utilisons un ordinateur portable connecté via un câble RJ45 (Gigabit) au satellite (2), avec un transfert effectué depuis le NAS DS215j (1) situé dans le garage. Cela nous permet de tester la qualité de la connexion entre le satellite et le routeur, nous relevons des résultats porte ouverte puis porte fermée :

Benchmarks Wi-Fi Patrick 1 Cuisine

Ici, on note une différence assez significative entre Google Wifi et Orbi. La liaison n'apprécie en effet guère le fait que le satellite se trouve dans un renfoncement dans le cas du petit boîtier qui doit se contenter de sa liaison MIMO 2x2.

Les résultats sont certes honorables, entre 18 et 27 Mo/s mais ils sont presque moitié moins élevés que ceux du Orbi RBK40.Les deux semblent souffrir de la fermeture de la porte, mais de manière assez légère. Celle-ci n'est donc pas réellement un obstacle pour nos routeurs.

Passons au second test, effectué depuis la table du salon (3), avec un transfert effectué via un portable TaiChi d'Asus qui est équipe d'une puce Wi-Fi 802.11ac MIMO 2x2 (867 Mb/s). Le fichier est récupéré depuis chacun des deux NAS (1 et 2), ce qui nous permet de voir le comportement sur différentes distances (10 puis 18 mètres environs) :

Benchmarks Wi-Fi Patrick 1 Salle à manger

Ici, on note une première chose. Tout d'abord, Google Wifi s'en tire bien plus honorablement dès que la distance est courte et que le lien s'assure en ligne droite. Il se permet même de passer devant le système Orbi de quelques Mo/s.

Par contre, dès que l'on revient à une situation plus complexe, c'est à nouveau le drame. On se retrouve ainsi à 10/15 Mo/s là où le kit RBK40 nous permet d'atteindre 25/37 Mo/s dans les mêmes conditions. Une fois de plus, ces chiffres suffiront à certains, mais ils sont bien plus faibles, ce qui s'explique notamment par la constitution même de Google Wifi.

Google Wifi : petit mais pas très costaud

Au final, Google Wifi semble donc cumuler les petits défauts. Exigeant dans son installation, obligeant à une connexion constante avec Google, il dispose certes d'une interface pratique et jolie, mais il affiche des performances bien en retrait face à une solution Orbi, dès lors que l'on sort de la connexion en ligne droite sur quelques mètres.

Il paie ici sans doute le désir de Google de proposer une solution compacte, quitte à faire l'impasse sur ce qui aurait pu être nécessaire pour assurer une solution techniquement solide. Mais il n'est pas assuré que cela pèse bien lourd dans la balance au moment du choix. Car ceux qui se penchent sur de telles solutions, qui valent 250/300 euros, ont forcément un réel besoin de disposer d'un Wi-Fi accessible partout et d'un débit correct.

Ici, même si les résultats du produit de Google ne sont pas mauvais, ils sont loin d'être à la hauteur. Notez que pour confirmer l'ensemble de ces résultats, et voir le comportement de nos produits dans d'autres situations, nous avons décidé d'effectuer des tests complémentaires, tout en ajoutant plusieurs autres références et relevés à notre protocole de test, ce qui nous permettra d'être un peu plus exhaustif. Ces résultats feront l'objet de prochains articles.


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