850 termes officiellement francisés dans le secteur des nouvelles technologies

Boule de commande 203
Accès libre
image dediée
Crédits : Marc Rees (CC BY 2.0)
Loi
Par
le vendredi 15 septembre 2017 à 11:33
Marc Rees

La version numérique du Vocabulaire des techniques de l’information et de la communication est désormais disponible en ligne. Ce document empile 850 termes en liaison avec le secteur des nouvelles technologies, soigneusement francisés et définis.

Cette édition numérique rassemble l'ensemble les termes publiés au Journal officiel par la commission de terminologie, institution placée sous l’autorité du premier ministre. Le travail de coordination est réalisé au ministère de la Culture, par la mission du développement et de l'enrichissement de la langue française, au sein de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.

Une mission composée de six personnes où trois terminologues travaillent en liaison avec les groupes d’experts présents dans chaque ministère et l’Académie française. Les termes proposés doivent d’ailleurs passer entre les griffes de cette dernière aux fins de validation pour ensuite pouvoir être diffusés au Journal officiel par la Commission.

Véritable traque aux néologismes, l'enjeu est d'apporter une traduction officielle aux expressions généralement très US-centrics qui fleurissent bon dans le secteur de l’Information Technology.  

Des termes d'usage obligatoires dans l'administration 

L'étape de la publication au J.O. n’est pas sans conséquence. Un décret de 1996 prévient en effet que ces mots « sont obligatoirement utilisés à la place des termes et expressions équivalents en langues étrangères (…) dans les décrets, arrêtés, circulaires, instructions et directives des ministres, dans les correspondances et documents, de quelque nature qu'ils soient, qui émanent des services et des établissements publics de l'État ». 

Tous « sont représentatifs de l’essor et de l’évolution très rapide d’un secteur d’activité dont le vocabulaire, très anglicisé, n’était employé et compris au début des années 1980 que par quelques professionnels » détaille l’institution, dans son dernier rapport annuel, non encore diffusé. 

« Encre en poudre » plutôt que « toner »

Parmi les 850 termes francisés, retenons quelques exemples plus Super Dupont que Superman : 

  • Applet : appliquette 
  • Arrobas : arrobe
  • Firewall : barrière de sécurité
  • Notebook : bloc-notes électronique
  • Trackball : boule de commande
  • Web cache : cache-toile
  • Disk cache : cache-disque
  • Dump : clicher
  • Mash-up : collage
  • Crawler : collecteur
  • Community manager : animateur de communauté 
  • Socket : connecteur logiciel
  • Toner : encre en poudre
  • Phishing : philoutage
  • Hacker : Fouineur 
  • Thumbnail : imagettes
  • Serious game : jeu sérieux
  • Big data : mégadonnées 
  • Hashtag : mot-dièse 
  • Reboot : réamorcer 
  • Home entertainment : technoloisir 
  • Pure player : tout en ligne 

Au fil de ces pages, la Commission déconseille d'ailleurs l’emploi du préfixe « e- » pour désigner les activités fondées sur les réseaux informatiques et de télécommunication ». Elle recommande plutôt d’utiliser le préfixe « télé- », ou plus largement la formule « en ligne » (administration en ligne plutôt que e-administration).

Calcul d'occurrence 

Comment sont choisies ces expressions ? Lors de l’instruction des dossiers, la délégation tente d’identifier des termes qui ont déjà un début d’usage, notamment par des calculs d’occurrence sur Internet.

Bien entendu, chacun est libre de puiser dans cet ouvrage pour se mettre à niveau, afin d’adopter l’une des nombreuses traductions proposées. Les termes « peuvent servir de référence, en particulier pour les traducteurs et les rédacteurs techniques ».

Pour mesurer les effets de ses traductions, cette administration plaide pour le déploiement d’« études d’implantation qualitatives plus fines, en comparant la fortune des termes étrangers et celle des recommandations officielles dans des corpus significatifs, ainsi qu’en mesurant le respect de l’emploi des recommandations officielles par l’administration ».

Car voilà, si « certains termes publiés par la Commission d’enrichissement de la langue française ont rapidement franchi les frontières des langues de spécialité pour s’imposer auprès du grand public », d’autres sont restés dans les cartons, regrette le rapport 2016. 

Shocking !

Ces difficultés se constatent même dans la fonction publique. Certes, le document applaudit le « très fort attachement des fonctionnaires des trois fonctions publiques – État, collectivités territoriales, fonction publique hospitalière – à l’emploi de la langue de la République », cependant « cette exemplarité n’est pas toujours respectée et que certains messages, slogans ou noms d’événements sont proposés en anglais et heurtent la sensibilité du public ». 

Les principaux éditeurs de dictionnaires ne sont pas en reste lorsqu'ils incorporent dans ces pages des anglicismes par pelletés.

Quelques exemples là encore : « En 2013, le Petit Larousse adopte twitter, streaming, et le Petit Robert, LOL (laughing out loud). En 2014, le Petit Larousse adopte googliser, speed dating, et le Petit Robert, low cost. En 2015, le Petit Larousse adopte motion capture, tag ; le Petit Robert, hashtag, jpeg, mooc (« cours en ligne ouvert à tous »), selfie. En 2016, le Petit Larousse adopte bitcoin, go fast, open data, selfie, zip, et le Petit Robert, benchmark, big data, hardcore, shot, Web. »


chargement
Chargement des commentaires...