Marc Meillassoux (Nothing to Hide) : « quelle société sommes-nous en train de construire ? »

Rien à cacher, tout à dire 86
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Crédits : Marc Meillassoux
Loi
Par
le vendredi 08 septembre 2017 à 09:56
Marc Rees

Le sempiternel « je n’ai rien à cacher », opposé dès lors qu’est abordée la question de la surveillance, privée ou étatique, a inspiré le réalisateur Marc Meillassoux. L’occasion d’échanger avec lui sur Nothing to Hide, son documentaire actuellement à l'affiche et bientôt mis en ligne sous licence Creative Commons.

Avec la journaliste Mihaela Gladovic, son réalisateur Marc Meillassoux a mené une expérience avec un certain Mister X. L’idée ? Ausculter l’ensemble des métadonnées de son smartphone et lui présenter ensuite, devant caméra, les résultats de cette récolte. Cette mise à l’épreuve est ponctuée de plusieurs interviews, avec William Binney et Thomas Drake (lanceurs d'alerte de la NSA), Jérémie Zimmerman, Louis Pouzin, des hackers, chercheurs, etc.

Nothing To Hide a déjà été diffusé lors de nombreux festivals et conférences au travers de six pays. Il est à l’affiche actuellement à Paris au cinéma Saint-André-des-Arts. Le 30 septembre, il sera mis en ligne sous licence Creative Commons, en quatre langues. En attendant, Marc Meillassoux revient dans nos colonnes sur son documentaire, en débutant par sa genèse.

Comment vous est venue l’idée de ce documentaire ?

Assez progressivement. En 2014, spécialisé en économie, je faisais à Berlin plusieurs papiers sur la nouvelle scène des startups européennes. Nul en informatique, j’étais d’une certaine manière paralysé par les révélations Snowden, même si j’en devinais la gravité.

Au fil de mes échanges, j’ai rencontré des gens de la scène hacker. On m’a parlé des cryptopartys. J’y suis allé pour combler mes lacunes, toujours à Berlin, où il y a deux à trois rendez-vous de ce type par semaine. J’ai trouvé cela très intéressant, mais, à mesure que j’ai essayé de partager mes enseignements autour de moi, je me suis heurté à ce que j’avais déjà entendu : « La surveillance ? Mais moi je n’ai rien à cacher. Ils peuvent venir ! »

J’avais envisagé d’abord écrire sur le sujet, mais il y avait déjà des tribunes comme celle de Laurent Chemla et les exigences de l’exercice m’ont dissuadé de m’adresser aux gens par cette voie.

Au même moment, j’ai rencontré la journaliste Mihaela Gladovic qui bossait alors sur la vie privée et le numérique dans une télévision locale.

J’ai commencé à aller avec elle à ces cryptopartys, à des conférences sur la protection des données, à Re-Publica deux années de suite, au CCC à Hambourg, en plus des rencontres notamment avec Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil croisée à Berlin, Jérémie Zimmermann, Louis Pouzin, bref des personnes qui avaient des choses à dire. Comme dit Ruffin, j’ai fait ce documentaire par accident. Je n’aimais d’ailleurs pas trop le format télé, et n’avais que peu de connaissances en cinéma. On a donc opté pour la vidéo.

Pourquoi avoir opté pour un financement participatif ?

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