Hyperloop One atteint 310 km/h et se lance à la poursuite de partenaires

Bref, tout reste à faire 141
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Nouvelle Techno
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le jeudi 03 août 2017 à 10:00
Sébastien Gavois

Hyperloop One vient de franchir une nouvelle étape en dépassant les 300 km/h avec sa capsule XP-1, en-dessous des 400 km/h espérés. Il ne s'agit pour le moment que d'une vitrine technologique dont la société compte se servir pour commercialiser sa solution. Une course contre la montre est engagée avec Hyperloop TT.

Surfant sur l'idée d'Elon Musk d'un « train » voyageant dans un tunnel quasiment sous vide, plusieurs sociétés se sont lancées dans l'aventure. Hyperloop Transportation Technologies (TT) et Hyperloop One sont deux des plus actives dans le domaine, au moins sur le plan de la communication.

Après avoir mené à bien un premier test sur un prototype grandeur nature le 12 mai dernier, la société passe la seconde. Cette fois-ci, il n'est pas simplement question de faire avancer une plateforme vide, mais un « pod » avec son carénage. Une vitesse de 310 km/h a été atteinte durant un court instant sur la piste d'essai de 500 mètres de long. Une nouvelle étape de franchie, mais il reste maintenant à transformer l'essai.

Une vitesse 2,7x plus rapide que le test précédent

Le premier test était un peu décevant sur certains points. Alors oui, le tunnel était quasiment sous vide (équivalent à ce que l'on trouve à une altitude de 60 km selon la société), mais la vitesse maximale atteinte par le chariot (seul) n'était que d'un peu plus de 110 km/h, pas de quoi révolutionner le monde du transport. Au total, il avait parcouru un peu moins de 100 mètres. Bref, un essai concluant, mais loin d'être impressionnant.

Cette fois-ci, les choses vont bien plus loin. Tout d'abord, la plateforme est surmontée de sa coque de protection composée de fibre de carbone. L'ensemble, affuté comme un obus et baptisé XP-1, mesure 8,7 x 2,7 x 2,4 mètres (longueur, largeur, hauteur). Que ce soit dans les vidéos de présentation ou les images fournies, la société ne montre jamais l'intérieur de sa capsule, impossible donc de savoir si elle est vide ou si l'agencement intérieur avait été un minimum organisé.

Hyperloop One XP-1

Une vitesse certes élevée, mais visiblement moins que prévue

Selon Hyperloop One l'ensemble des systèmes a parfaitement fonctionné, notamment le moteur électrique et le système de lévitation qui sont deux des principaux organes du système de transport. La vitesse atteinte – 310 km/h pour rappel – est par contre en dessous de ce qui était attendu. En effet, dans le communiqué de presse du mois de juillet la société expliquait qu'elle visait les 400 km/h pour sa prochaine campagne de test. Objectif loupé cette fois-ci.

310 km/h reste tout de même un bon point de départ pour cette seconde phase, mais ne permet pas (encore) de mettre au rebu le train. Pour rappel, le TGV roule également à plus de 300 km/h et dispose même d'un record à plus de 574 km/h. En 2015, le prototype d'un train à sustentation électromagnétique – Maglev – a même dépassé les 600 km/h pendant une dizaine de secondes lors de la traversée d'un tunnel. 

De son côté Hyperloop One espère à terme tripler sa vitesse et atteindre plus de 1 000 km/h pour la version commerciale. La société annonce ainsi qu'elle pourra relier Dubaï et Abu Dhabi (120 km) en l'espace de 12 minutes seulement (voir cette actualité).

Et maintenant ? 

Que ce soit avec Hyperloop TT ou Hyperloop One, la question reste la même : quelle est la suite du programme ? Dans le cas d'Hyperloop One, c'est simple : « Nous avons prouvé que notre technologie fonctionne et nous sommes maintenant prêts à entamer des discussions avec des partenaires, des clients et des gouvernements à travers le monde pour commercialiser notre technologie » explique le PDG Rob Lloyd.

Pour rappel, en novembre dernier, la société avait annoncé la signature d'un accord avec la RTA (Roads and Transport Authority), le régulateur des transports de Dubaï, un des émirats des EAU (Émirats arabes unis). Il n'était pas question de la construction d'un tunnel, mais simplement « d'étudier les itinéraires à grande vitesse » dans cette région.

Hyperloop TT : des annonces au début de l'année, une actualité plus calme depuis

De son côté, son concurrent Hyperloop TT continue de dérouler ses plans. Il s'est installé en France, à Toulouse, au début de l'année (voir notre compte rendu). Comme nous l'expliquions alors, il s'agissait surtout d'un effet d'annonce (pour la société et la région) et le gros du travail reste à faire. 

Depuis, Hyperloop TT a signé un accord pour une étude de faisabilité avec l'Indonésie au mois de mars et un partenariat avec la Corée du Sud. Les deux protagonistes travaillent désormais ensemble pour développer un système commercial baptisé HyperTube Express. La construction d'une capsule grandeur nature a débuté en mars de cette année chez Hyperloop TT.

Dans la foulée, un système commercial avait été annoncé pour « bientôt », mais nous n'avons plus de nouvelles depuis. Dans tous les cas, c'est toujours la course entre les deux sociétés Hyperloop à celui qui sera le premier à lancer la construction d'un tunnel qui servira pour les usagers.

Bref, les deux sociétés Hyperloop avancent, mais pour le moment aucune construction concrète d'un système commercial ne semble en route. Si Hyperloop s'enferme dans un tunnel sous vide pour gagner en vitesse, d'autres ont les yeux tournés vers le ciel. Au salon du Bourget, le transport aérien faisait son show fin juin avec des promesses d'agilité et de vitesse (lire notre compte rendu).


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